Défilés Automne/Hiver 2025/2026
Par
Yann Gabin pour PlaneteMode.com
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Alaia Automne/Hiver 2025/2026 par Pieter Mulier
Depuis l'arrivée de Pieter Mulier à la tête de la direction artistique de la maison Alaia, le label n'a jamais été autant courtisé, complimenté, flatté, louangé. Il s'est avéré que le directeur artistique belge a su, avec l'aide de son équipe, faire perdurer l'Aura, maintenir un savoir-faire et projeter la marque vers un avenir radieux, tout en maintenant intact l'héritage de Monsieur Azzedine Alaia. Des vêtements racés, presque fait main, frôlant bien souvent un style couture. Un véritable prêt-à-porter bijou qui ravie chaque fois journalistes, clientes et simples aficionados de la maison. Pieter Mulier a travaillé la silhouette pour l'automne/hiver 2025/2026 en incorporant des excroissances gonflées, à la structure des vêtements, comparable à la configuration de bouée. Des boudins s'infiltrant sous une jupe, une taille, autour de la tête afin d'engendrer des proportions novatrices mais aussi de souligner des points précis de l'allure. La fameuse touche contemporaine. Elles permettent d'esquisser des silhouettes statuesques. Même si Pieter Mulier ne souhaite pas mettre en lumière de représentations précises de la beauté, celles-ci demeurent partout autour de nous comme aimait le répéter Monsieur Alaia lui-même. Pour ouvrir le bal, et mettre le goût à la bouche de l'auditoire, la robe carbone d'Alix Bouthors met en exergue cette inédite silhouette, à la fois seconde peau et légèrement transparente, tout en soulignant visage et taille par cette implantation fraîche de bouées textiles. Alors que la périphérie du crâne se trouve enveloppée telle la capuche d'un esquimau, la taille, elle, s'élargit d'un coup via une jupe longue au plissé mille-feuilles. Une ambiance gravitationnelle s'instaure pour ce flottement majestueux ne durant qu'un fugace instant. Bebe Pharnell, qui clôtura le show, portera le même body ; couleur chair ; qui, à contrario, emprisonne ses bras chaudement. Tel un cocon. Voire une camisole de force mais Hype. Quand le déséquilibre tente de nous atteindre, alors enfiler une pièce Alaia pourra être un excellent compromis et réconfort pour contenir son instabilité émotionnelle. La veste de Lauren Huyskens, tricotée d'un entremêlement de points zigzags, via de pansu fils en laine, s'enroule d'un col engendrant un oblong boudin à l'effet 3D frappant. Le manteau de Jacqui Hooper, en fourrure synthétique pétrole, s'offre un proéminent col asymétrique s'achevant par une configuration fantaisiste en tête de serpent. Alors que celui de Libby Taverner, ne laissant seulement son visage apparent, s'habille d'une fourrure à l'aspect d'ours des Carpates. Quelques boléros viennent dissimuler les poitrines laissant paraitre avec décontraction ventre et nombril comme sur les looks de Betsy Gaghan ou Elodie Guipaud. Pieter Mulier affectionne à dévoiler quelques morceaux d'épidermes, toujours bien placé et amplement délimité. Ce n'est jamais outrancier ou dégradant mais constamment sensuel et élégant. Les robes sombres de Claire Marie ou d'Alex Consani se sectionnent de quelques morceaux textiles mordant des formes serpentines au niveau du bassin ou de la taille. Il y a énormément de travail consacré au modélisme des pièces avec des épaules arc-boutées comme sur Lina Zhang, des boutonnages en arc de cercle ou de la dentelle en cuir à l'effet craquelure sur Sara Caballero. Quelques touches de couleur viennent s'insinuer avec parcimonie via un grenat flouté du sous-pull translucide de Mona Tougaard ; un bleu céruléen de la robe mille feuilles de Vittoria Ceretti ; un lapis-lazulis sur le top sans manches d'Annemary Aderibigbe ; un prune sur la robe en mousseline d'Awar Odhiang ; un tournesol sur la jupe à la multitude de pliures d'Ida Heiner ou un bleu ciel de l'ensemble froncé foulards de Qiuyue Li. La jupe en cuir chocolat d'Ajus Samuel, évasée, se perfore de microalvéoles, typique du style Alaia. Son pull col roulé, sans manches, s'adjoint les fameuses bouées cylindriques aux emmanchures et à la taille. On alterne deux escarpins distincts afin de concéder un style plus décontracté. Relax. Surtout avec un escarpin surplombé d'un pompon hérisson turquoise. Quand l'allure ne tient à pas grand-chose. Une jupe se bâtit autour d'une cascade de plissés s'enroulant en tire-bouchon. Un travail titanesque à reproduire. La jupe peut aussi être présentée sous forme de jeu de lanières ou prendre la forme d'un entonnoir comme sur l'américaine Lexi Boling. Pieter Muler surprend de collections en collections. Il parvient chaque fois à exciter et surprendre l'esprit des invités tout en anoblissant la garde-robe Alaia. Finalement, c'est ce qui demeure le plus important. Il renouvelle le style maison sans jamais le dénaturer. Toujours sculpturale, les silhouettes peuvent intégrer l'idée d'un certain minimalise par l'optimisation des tonalités, des matières et de certaines coupes strictes. Cependant, dans cette simplicité apparente, on perçoit rondement toute la complexité insufflée dans chaque pièce de ce vestiaire automne/Hiver 2025/2026. Un pur bijou textile.
 

Alaia

Automne/Hiver

2025/2026

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Alexander McQueen Automne/Hiver 2025/2026 par Sean McGirr
Pour son troisième défilé pour la maison McQueen, Sean McGirr a souhaité s'engouffrer dans l'imagerie du dandisme. Le fameux damoiseau élégant, du XIXème siècle, dont l'allure demeure précieuse, originale et recherchée, avec ce langage corporel choisi et recherché. Mais version 2025. Le concept de Sean McGirr est de retranscrire son vestiaire et de le transposer d'une manière plus genrée. Alors quel sera l'axe stylistique choisi pour redéfinir cette fameuse silhouette du dandy moderne pour un automne/hiver qui se voudra être chic et élégant. Au sein de la galerie de Géologie et Minéralogie du jardin des plantes, un longiligne couloir, recouverts de miroirs, fera office de corridor. Un couloir lumineux, caverneux, préambule à refléter les looks digressifs de Sean McGirr. Lulu Tenney, sérieuse, voire stricte, parait sur le podium avec un manteau redingote carbone dont les épaules demeurent construites tel un origami. Géométriques, elles pourraient s'inspirer de toits de pagodes japonaises. Longiligne, aux trois boutons, il cintre délicatement la taille. Une chemise en dentelle noire laisse déborder une collerette, très XVIIIème. Son pantalon cigarette escorte le look, alors que les bottines lacées, montantes, exagèrent subitement le bout par une forme extrêmement aiguisée. Ce sera une version blazer pour Libby Taverner. On le recouvre sous forme de spencer, sans col, édifie autour d'un X sur un mannequin au masculin. Un masque strassé vient couvrir le visage de la diaphane Marina Nechyporuk. Un corset ceinture, en satin noir, vient barder son manteau. Le cuir d'Ahiec Geng vient recouvrir la totalité de son manteau/robe, aux épaules bouffantes, dont l'impact visuel dessine un cœur. Le perfecto d'Angelina Kendall s'harnache d'une double sangle asymétrique que l'on intègre au niveau du col. Les manteaux flirtent avec différentes matières à l'allure d'astrakan, de fibres de moutons bouclés ou de cuirs souples. On pourra opter, si le cœur nous en dit, pour le manteau en peau de mouton bouclé, répandant cette stature de bodybuilder au mannequin Rejoice Chuol. La dentelle s'immisce dans certaines belles pièces. Chu Wong se couvre entièrement de cette précieuse et fragile substance. Alex Consani revêt cette longiligne robe en dentelle chantilly, carbone, harnachée d'une sur-jupe, presque traine, laissant entrevoir l'ensemble de son imposante stature. Telle une célébration du corps. Mais, aussi une revendication affirmée de sa sensualité. La chemise se fait lavallière sur le top chilien Sara Caballero. Son collant se brode de légers segments de dentelles qui volent au vent à chaque pas. Romantique et victorien. Une première partie sombre, exalté à souhait, qui fait la part belle au tailoring et découpes enchevêtrés. Avec un rendu impeccable et irréprochable. Ce qu'affectionnait tout particulièrement Alexander McQueen. Des tonalités plutôt vives viennent soupoudrer et pimenter tous ces premiers looks obscures. La robe framboise d'América Gonzalez, à l'allure de vestale contemporaine, se distille en une superposition de volants froufrouteux. Un tour de cou composé d'une centaine de plissés vient maintenir la fine gorge de princesse d'Ajus Samuel. Avec cette robe à l'allure de pierrot, rouge orangé, on ne remarque qu'elle sur le podium. Aymeline Valade, de retour sur les podiums cette saison, se pare de ce boléro démesuré, au design de charmant cœur. Majorée d'une robe en biais ton sur ton. Deux looks ivoirins s'inspirent de robes de patineuse artistique comme sur la britannique ultra demandée Jacqui Hooper. Une autre pourrait faire penser à celle d'une sorcière des neiges comme sur l'iconique Kirsten Owen. Toute est affaire de références. Une chemise en mousseline aérienne s'imprime de têtes de mort stylisé comme vu sur le mannequin Douta Sidibé. Les robes en mousseline, de couleur pastel (parme, vert amande), peuvent être exécutées avec des plissés, au format arc de cercle, se chevauchant et caracolant pour engendrer des effets d'enchevêtrement textile telles des vagues s'entrechoquant sur la grève. Un pourpre plus sombre, jonglant avec une accentuation carbone, dramatise la longue robe XVIIIème de Caitlin Soetendal. Bien que le travail de Sean McGirr ait été décrié lors de sa première présentation prêt-à-porter, il a su réorienté adroitement la maison McQueen vers un style probablement plus agressif, moins fleur bleue que celui de Sarah Burton, mais qui finalement sied parfaitement à l'adn maison. On recouvre ce néo romantisme dans les robes à dentelles fanfreluches, du gothique dans les manteaux sanglés, de la provocation avec une chemise têtes de mort. Bref, des références littérales découlant de l'esprit d'Alexander dont Sean a su s'approprier pour l'infuser dans cette captivante et dramatique collection McQueen Automne/Hiver 2025/2026.
 

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Balenciaga Automne/Hiver 2025/2026 par Demna Gvasalia
Obscur sera l'univers Balenciaga de cet hiver. Sombre. Presque funeste. Comme annonciateur d'une mauvaise nouvelle. Peu de place à la fantaisie et la rêverie. Un labyrinthe serpentaire fera office de podium. Intitulé "study of different standard' clothes", cette présentation proposera une déclinaison d'archétypes vestimentaires classiques, redéfinissant les basiques du dressing tel que le tailleur, costume, jogging, sportswear ou vêtements de soirée. Toujours dans une vibration et un style très urbain. Une requalification bien rudimentaire Dépeindre cette dernière collection prêt-à-porter de Demna Gvasalia pour la maison Balenciaga, seul deux vocables me traverse l'esprit : banalité déconcertante. D'une normalité sans fond. Rien de péjoratif dans tout cela. Toutefois, aucun vêtement ne me fait vibrer. Le discours de Demna Gvasalia s'épuise à force de tenter à résumer son dressing à l'essence même d'un vestiaire pragmatique. Amalgamant tenus masculines et féminines, il propose un dressing d'un minimaliste rébarbatif. Aucune pièce ne sort vraiment du lot. Les pantalons évasés, type baggy, ont été vu et archi revu dans de précédentes collections. Pourquoi continuer à les mettre en avant ? Un longiligne manteau neigeux porté par Karolin Wolter définit cependant une rigueur acceptable. Il y a presque ce désir inconscient de confronter le design Balenciaga de cet hiver 2025/2026 à celle des mastodontes de la Fast Fashion. Comme un retournement des rôles. Ne serait-ce pas le comble du luxe que cette Fast Fashion devienne l'une des sources d'inspiration des maisons de luxe en mal d'inspiration ? On pense notamment à Zara ou H&M qui, avouons-le, arrivent à répandre continuellement des collections extrêmement bien conçues avec un fort potentiel de désirabilité. Pour cet automne/hiver 2025/2026, on recouvre une collaboration avec la marque sportswear Puma qui investit, par exemple, une veste de jogging bicolore, grenat et carbone, comme vu sur François Deaconu. Les bottes en cuir, complètement dans l'esprit pécheur, viennent se fixer à la ceinture. Un pull torsadé masculin dégringole jusqu'au dessus des genoux, se faisant presque robe seconde peau. Quelques marcels demeurent déchiquetés en leurs emmanchures laissant entrapercevoir la musculature de jeunes éphèbes baraqués. Le noir prédomine cette collection laissant un arrière gout de monotonie. Les doudounes sont gonflés à souhait et seront certainement très efficaces face aux frimas hivernaux. Demna Gvasalia les propose en version courtes ou extra longues. Les quelques robes de soirées, enfilées de manières déstructurées, laissent apparaitre discrètement le moucheté du léopard, via un tye&dye discret. Un flash bleu azur s'incruste sur une robe en lycra seconde peau comme aperçu sur Roxanne Plaza. Même tonalité sur une robe chasuble avec capuche, dans l'esprit sportswear, sur Anna Juvander. Un rose pinky, totalement fluo, voire girly, recouvre la robe totalement échancrée de Liu Wen. Majestueusement Barbie. Le top polonais Malgosia Bela se voit affabulé d'un trench classique venant presque frôler le sol. Avec de petites lunettes en acier argenté, elle parait stricte et sévère. Voire austère. Awar Odhiang s'entiche d'une robe manteau alcalescent, à la configuration pyramidale, maintenue à la taille par une ceinture bien resserrée. Chic à souhait. Demna Gvasalia a toujours eu un faible pour le sportswear et les looks athlétiques qu'il revisite constamment depuis son arrivée chez Balenciaga. Il aime introduire cette pulsation sportive afin de dispenser une ambiance plus dynamique, énergique. Le tracksuit/survêtement reçoit ses lettres de noblesse, mais dans une version plus plaisante et ajustée que les silhouettes oversize dont Demna avait énormément dévoilé auparavant. Quelques pièces sportives comme des corsets, vestes zippées ou joggings se mélangent à des éléments luxueux tels que médailles et logos gravés. Pas mal de joggings pour un rendu qui se voudra très footeux. Les artifices ne demeurent plus son propos. On bannit l'excentricité. On épure au maximum pour garder une silhouette élémentaire mais pas dépourvu de charme. Une présentation tout de même un peu sommaire même si ce style particulier demeure plébiscité par une manne de jeunes gens branchés. Hyper commerciale, cette collection prêt-à-porter 2025/2026 fera certainement la joie de la horde de fans de Demna Gvasalia. Toutefois, il est temps de laisser la main afin de laisser à Pierpaolo Piccioli le soin de recouvrer une dynamique plus proche du doigté de Monsieur Cristobal Balenciaga. A bon entendeur.
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Balmain Automne/Hiver 2025/2026 par Olivier Rousteing
Une immense salle rectangulaire, à la tonalité gris-souris, demeurera le set design minimaliste du show Balmain, semblablement à l'idée que l'on pourrait s'imaginer d'un dépôt industriel désaffecté. Tel sera le décorum de la présentation prêt-à-porter maison automne/hiver 2025/2026. Une simplicité rare qui sera finalement idéale pour la mise en valeur de chaque silhouette désignée par Olivier Rousteing. Le gris étant une couleur impeccable pour détourer une allure, une démarche. Le mannequin Chu Wong foule en premier le podium, entièrement encapuchonnée, dans un ensemble entièrement anthracite. Un look, très eighties, qui me remémore l'allure de la comédienne et chanteuse Grace Jones, et plus précisément celui de son personnage ultra cruel dans le film James Bond "Dangereusement Votre". La fameuse May Day. Un premier look qui exhale l'inspiration d'Olivier Rousteing pour une collection qui se veut totalement années 80, architecturée, pratique et compliquée à la fois. Les bottes montent jusqu'à mi-cuisses et se plissent comme la peau d'un shar-peï. Elles se proportionnent de manières rectilignes. Toutefois, malgré une aspiration contemporaine, elles donnent du fil à retordre aux filles qui les enfilent. Un point caduc de cette collection car lorsque l'on observe les mannequins galérer sur le podium, du à des bottes trop exiguës, on ne contemple plus les tenues mais on espère surtout que les pauvres créatures finissent rapidement le tour du podium. La veste de Kristine Lindseth en lainage acier s'agrémente d'un bermuda en flanelle à larges poches. On accroche le regard par une colonie de bracelets en laiton doré mêlant, à la fois, une cool-attitude et préciosité assumée. Une ample pochette, en fausse fourrure mandarine, se porte à même la main par l'iconique Caroline Trentini. Son manteau, à large col "oreilles d'éléphant", frôle presque le sol. Des escarpins s'offrent une ribambelle de froufrous hétéroclites exhortant à l'allure une sorte de désordre contemporain. Des plissés, froncés, chiffonnés ou tissages savamment dosés investissent débardeurs et jupes. Ils peuvent même insérer un format 3D sur la jupe de Dru Campbell ou une configuration en peau d'alligator sur le pantalon cigarette d'Emm Aruda. Son pullover s'achève par une inclusion d'une collerette plissée à l'allure de jupe de centurion. Un esprit douillet s'échappe d'une combinaison, à capuche intégrée, en cachemire gris souris. Additionnée par manteau en fourrure velours tournesol sur Anouk Smits, on demeure préparé pour affronter les frimas de saison. Même silhouette en cuir lie de vin sur la française Mika Schneider. Une maille légère redessine la silhouette telle une seconde peau sur América Gonzalez avec une robe agrémentant latéralement des plissés triangulaires inversés. Des pulls bien chauds affichent cette envie pour une allure plus simple. Moins astreinte. Des pièces textiles moins mis en avant chez Balmain généralement. Toutefois la rupture a du bon. La tonalité acier se renforce en additionnant cette couleur citrouille sur des bottes ultra droites de Karyna Maziar ou grenat d'Africa Garcia. La robe de Feng Jiao Long, sans manches, entièrement dorée se bâtit autour d'un tressage géométrique au format échiquier. Un look d'apparence rigide insufflant cet esprit de tenue royale, à la manière d'un pharaon. Olivier Rousteing propose des silhouettes zébrées. Perlées pour des robes d'apparat comme sur Chloé Oh. Imprimées sur une cotonnade enduite pour un trench volumineux comme sur Olivia Petronella Palermo. Ou simplement sur un manteau peignoir sur Mika Schneider. Même les bottes d'Hanna Felding s'imprègnent de cet imprimé iconique. En mousseline sur un chemisier aux épaulettes XXL sur Dru Campbell. En laine sur un manteau/robe sur Laura Savy. Deux parkas, une fois enfilés, prennent la configuration de boule. Ravissante perspective textile sur Achol Ayor ou Aivita Muze. Un autre, plus angulaire, prend le format carré sur Mia Armstrong qui clôtura le show. Quelques touches bleu ciel, corail ou jaune mimosa viennent "pepser" les pièces carbones. Un manteau en laine bouilli alcalescent prend des proportions de cerf-volant sur Jennifer Matias. Il peut se recouvrir de laine angora sur Farah Nieuwburg. Une dernière robe se bâtit autour du procédé ancestral de l'origami japonais, en se teintant d'une tonalité solaire, jaune citron, sur Dana Thompson. Quelques pièces en cuir empruntent la tonalité vert de gris comme la parka aviateur d'América Gonzalez. Olivier Rousteing a ambitionné une mode qui demeure pratique, maniable ou la douceur demeure le facteur primordial, capital. On s'enveloppe de pullovers bien moelleux, aux tombés impeccables. Le soir, on peut s'amuser en ajoutant un foulard couvrant la tête comme sur Chu Wong, une jupe collerette autour de la taille comme sur Dru Campbell. En résumé, une proposition de mode moins tapageuse, m'as-tu vu, mais avec quelques touches de glamour tout de même. Une sobriété parfaitement maitrisée.
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Balmain

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2025/2026

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Chanel Automne/Hiver 2025/2026 par le studio Chanel
Le nœud. La boucle. La frisette. Un vocable redondant pour prioriser l'un des codes identitaires puissants de la maison Chanel. Parce qu'ici, il est question de ce fameux ruban qui deviendra le fil conducteur de l'ensemble de la collection automne/hiver 2025/2026. Ce galon iconique, de préférence anthracite, permet de créer ce lien invisible entre chaque tenue. Car donner du sens demeure primordial dans une collection de prêt-à-porter. En attendant, l'arrivée de Mathieu Blazy à la tête de la direction artistique, l'équipe du studio met tout en œuvre pour rester fidèle à cet esprit de la rue Cambon, en valorisant le vocabulaire de mademoiselle Chanel. Un gigantesque ruban carbone, formant une vague, trône juste en dessous de la verrière du Grand-Palais. En forme de tirebouchon aérien, il descend d'un coup pour venir embrasser élégamment l'ensemble des invités. Erigée comme une muraille, cette frontière parait infranchissable pour ceux qui ne pourront avoir accès, mais demeure cependant un cocon de protection gracieux et distingué pour ceux qui s'y seront glissés. Deux égéries maison viennent ouvrir et clôturer le show : Vittoria Ceretti et Mona Tougaard. Ne faut-il pas quelques têtes d'affiche pour marquer les esprits ? Vittoria dévale longuement cette salle du Grand Palais pour entrer au sein de cette arène enrubannée. Sa veste en tweed ébène, piquée de mouchetis blanc, s'étire jusqu'à mi cuisses. Son jupon tulipe, en mousseline carbone, entièrement transparent, s'édifie dans un trio textile équidistant. Tous les premiers looks de jour, en tweed, seront construits autour de cette association et duo de matières. On s'abreuve jusqu'à la lie de cette superposition en mousseline ultra légère en l'additionnant par exemple d'un tailleur neigeux étayé par la française Loli Bahia. La mousseline s'installe, se déverse, coule gaiement sur les premiers looks en tweed. Elle peut prendre la forme d'une longue capeline ivoirine sur Penelope Ternes ou bien d'une robe à manches bouffantes sur l'une des muses maison actuelles, Ella Mccutcheon. Le tweed, matière emblématique de la maison Chanel, prend des tonalités de dragées. Rose pastel sur le tailleur short d'Alix Bouthors, multicolore sur Betsy Gaghan, ivoirine sur Thea Almqvist. Les colliers de perles, grand classique, viennent pondérer certains looks juvéniles comme sur la toute jeune Sam Davis. On les observe sous forme de boucles sur Yar Aguer, venant, aussi, s'apposer délicatement sur le pourtour de son col dans un origami floral. Quelques talons se configurent en forme de perles XXL. Presque un peu trop littérale à mon goût. Les fameux twin-sets reviennent parader sur le podium dans une version ultra commune : black & white et inversement sur les mannequins Alice Charvet et Emmy Rape. Une transposition vermillon et framboise vient concéder du peps à cette collection un tatinet trop sombre. Quelques looks paraissent d'un temps révolu comme ce pyjama en tweed trop ample porté par la britannique Giselle Norman ou cette robe tubulaire réhaussée d'une collerette en dentelle carbone sur Shushu Cyer. Du velours côtelé, bleu jeans, est proposé en total look avec cette vibration décontractée sur Evie Saunders. Un look totalement dans l'air du temps. Quelques manteaux oblongs se recouvrent de kilomètres de galons entourant chaque intersection et pourtour de la pièce vestimentaire comme vu sur Claire Marie ou Lulu Tenney. Libby Taverner porte un manteau carbone droit, maintes fois vus en haute-couture par Karl Lagerfeld. Indémodable soit mais rébarbatif. Un énorme collier de perles vient s'emberlificoter sous le bras Haojie Qi pour se transformer en minaudière nacrée. Un imprimé, toujours en noir et blanc, reprend l'emblème de ce défilé automne/hiver 2025/2026, l'incontournable ruban. Tourbillonnant et prenant des airs de Cs entrelacés, il se faufile sur la robe bustier d'Alaato Jazyper, la robe gitane d'Apolline Rocco Fohrer ou la longiligne robe aux larges volants de Caitlin Soetendal. Le look singulier de Felice Nova Noordhoff parait relativement captivant par un jeu technique textile charmant enjoignant mousseline légère et la toile de jeans. Tout en délicatesse, l'une s'efface au profit de l'autre. Et, inversement. Une sorte de tie & dye d'enchevêtrement de matières. Une technique de tricotage textile peu évidente à reproduire. Du Chanel intemporel mais du Chanel ou la prise de risque demeure infime, malheureusement. Ça marche évidement car toute la collection parait ultra portable avec de belles matières, des proportions diverses et des détails luxueux. Toutefois, il manque juste ce petit effet "Waouh" qui pourrait faire toute la différence. Car il n'y a pas vraiment de pièces qui sortent du lot. Cette collection finalement demeure uniforme et manquant de piment. Beaucoup trop de looks noir, pétrole, laissant à penser à un manque de fantaisie. Une collection automne/Hiver 2025/2026 qui probablement se voudra être un trait d'union entre un studio sans capitaine et une prochaine, probablement, plus conceptuelle sous la direction de Mathieu Blazy.
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2025/2026

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Coperni Automne/Hiver 2025/2026 par S. Meyer et A. Vaillant
Une salle de jeux, connectée en réseaux, installée en plein milieu de l'Arena Bercy, Coperni l'a réalisé avec un set design majestueux pour cet automne/hiver 2025/2026. Une ambiance totalement geek avec cet alignement rigoureux d'écrans, adjoignant entre les joueurs concentrés une centaine d'invités. Les autres, observant la scène électronique depuis la périphérie. Un véritable shot de vidéos games diffusant en live les parties de jeux vidéo. Avant même que le défilé ne débute, le message semble limpide : divertissement, monde virtuel, jeunesse et personnages de jeux vidéos seront les inspirations de la femme Coperni pour cet hiver. Cette maison française ayant gagné ses lettres de noblesse en tant que marque innovante, voire visionnaire. On se remémore de la robe en fibres textiles, projetées sur l'icone Bella Hadid, exécutée en direct live en moins de cinq minutes. Mais, aussi des concepts technologiques appliqués aux vêtements : comment instaurer des ondes sonores sur des tee-shirts ou des sous-pulls ? En incorporant simplement de mini haut-parleurs à la fibre textile. Comment intégrer la robotique pour dévêtir le top hollandais Rianne von Rompaey ? Avec l'utilisation ingénieuse de robots canidés. Comment produire un sac ovoïde sortant de l'ordinaire ? En le désignant, avec l'aide d'ingénieurs coopérant avec la Nasa, ayant conçus une matière légère, incorporant 90% d'air, à l'apparence de peaux de méduse. Être adulé pour ces impératifs de recherches technologiques paraient un sacré avantage mais, à contrario, pourra impliquer une pression supplémentairecar l'on suscite une attente. Pour l'automne/hiver 2025/2026, après le moment magique et féerique créé au sein du célébrissime château de la belle au bois dormant, à Disneyland Paris, Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer ont souhaité revenir sur Paris. L'espace immense de l'Accor Arena Bercy a été mis à disposition pour insuffler cette atmosphère geek à travers ce set-design composé d'une centaine de streamers jouant en ligne. Mode et univers virtuels se télescopent ainsi. Toutefois, on se souvient de la maison Balenciaga, sous le joug de Demna Gvasalia, qui avait présenté des silhouettes numériques via le jeu Afterworld : The Age of Tomorrow. Le top Lulu Tenney ouvre le show avec cette robe carbone, sans manches, col cheminée, seconde peau, rehaussée d'une fine ceinture en cuir clipsant sa robe à la hanche, laissant entrapercevoir sa longue jambe fuselée. Un look qui siérait complètement au personnage de Tomb Raider. En version blanche sur Aymeline Valade. En body ultra moulant, aux motifs floraux bleus lapis-lazulis sur la vénézuélienne América Gonzalez. Les collants se clipsent de micro sacoches en nylon kaki comme aperçu sur les jambes athlétiques de Claire Marie. Ces petites pochettes, pratiques, peuvent s'agripper sur la robe en sequin carbone de Luiza Perote ou la combinaison carbone de Bodine van Galen. Telle Catwoman. Praticité validée. Des silhouettes KAWAI, voire de mangas japonais, prennent vie sur les silhouettes de Qiuyiue Li, Sascha Rajasalu, Summer Dirx ou Heija Li. Jacqui Hooper se voit attribuer une silhouette à la Jessica Rabbit, fameuse pin-up du cartoon "Qui veut la peau de Roger Rabbit". Robe vermillon, au tissu technique de doudoune gonflée, mais juste à souhait. En version pétrole, capuchonnée sur Achol Cuir. En transposition reine des neiges sur Dobi Mazurek. Presque une réminiscence de looks de Jean-Paul Gaultier des années 90. Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant allouent quelques vestes extraites du vestiaire masculin, plutôt amples, aux épaules tombantes. Ils les préfèrent défaites afin de mettre en valeur des propositions textiles sous-jacentes comme une chemise bucheron cacao sur Hanna Leszek, un body une pièce en nylon sur Alex Consani ou une chemise basique carbone sur Achol Ayor. En pied de poule, ajoutée d'un marcel crocheté en fin lainage, elle manifeste une trop grande amplitude sur le top marocain Nora Attal. C'est un style, un parti pris déjà vu depuis quelques saisons.Une fourrure synthétique, vert amande, s'offre une embrasure en Y sur Athiec Geng. Le maillot une pièce, bleu tendre, s'épingle d'un col roulé, à l'allure de combinaison de plongée sur le top australien, Angelina Kendall. La parka en nylon, aux double zips latéraux, impeccable pour un séjour aux sports d'hiver, se soumettent à deux tonalités coutumières : Ébène sur Amélia Gray et neige sur Sacha Quenby. La veste en cuir de Charlies Jones s'offre le logo maison sur le buste mais reste, somme toute, relativement discret par ce ton sur ton subtil. A contrario de celui endossé par Ava Shipp, plus criard, au trio de couleurs composé de grège, grenat et graphite. Ce même logo, traduit cette fois sous forme de fil d'acier, tel un collier ultra contemporain, maintient la robe sirène en sequins argentés de Rachel Marx. En version pétrole pour la gironde Paloma Elsesser. De couleur ardoise Pour Ella Mccutcheon. La mini-jupe, en lainage acier, se majore d'un pan textile plissé, imperceptiblement plus élancé que la mini. Décalé et totalement mode. Hyper vaporeux, les sous-pulls coulent sur le buste comme un sérum, aux motifs floraux, à la Laura Ashley, sur Canlan Wang ou gris chiné sur Betsy Gaghan. Des micro-shorts s'harnachent de brides en cuir clouté venant ceinturer les jambes de Lila Moss ou Alaato Jazyper. Quelques silhouettes en jeans, assez juvéniles, peuvent se brodés de-ci delà de tatouages tribaux comme vu sur Issa Lish ou entièrement usés et délavés sur le look de Libby Bennett. Des farfalles de plissés dévalent en zig-zag la robe en mousseline de Dana Smith. Alex Consani achèvera cette présentation avec ce look de vilaine James Bond Girl : Veste de smoking déboutonnée, body col-roulé marine, collant relevé de pochettes en nylon ébène et escarpins effilées à souhait. Une dégaine magistralement sensuelle. Une présentation automne/hiver 2025/2026 incluant un large panel d'outfits qui trouveront certainement preneur. Un défilé moins show off qui permet, également, à Coperni d'incorporer un vestiaire de pièces plus basiques, intemporelles, vraiment commodes à styliser quotidiennement. Probablement une collection un brin plus commerciale. L'heure de se faire remarquer et effectuer des millions de vues, via tous types de réseaux sociaux, semblent vraisemblablement moins le propos. Le duo convoite probablement une mode durable, moins connoté d'une saison spécifique, avec une forte valeur ajoutée notamment à travers des tissus techniques et détails stylistiques spécifiques qui insufflent à la silhouette une touche complètement ancrée pour cet hiver 2025/2026.
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Coperni

Automne/Hiver

2025/2026

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Courrèges Automne/Hiver 2025/2026 par Nicolas Di Felice
n immense quadrilatère dont le biotope se compose d'une multitude de confettis multicolores, aux principales tonalités de rose, rouge et bleu ciel, délimite une fois de plus le podium totalement géométrique de la maison Courrèges. L'inspiration, cette fois-ci, provient de l'art pointilliste du peintre américain Dan Colen. Une rigidité mathématique qui sied complétement à l'univers de cette maison créée dans les années 60. Une disposition scénographique redondante, ni monotone, ni accablante, mise en place depuis quelques saisons par son directeur artistique Nicolas di Felice. La halle du carreau du temple accueille les nombreux invités qui seront disposés en périphérie de ce set design coloré et immaculé. Cet espace lumineux demeure attrayant par son atmosphère rétro, avec ses colonnes XIXème et ses toits verrières, relativement contemporain, voire muséal. Alors, je m'interroge : quels seront les tendances stylistiques qui émergeront de la tête de son directeur artistique ? Que souhaitera-t-il transmettre à son audience pour cet automne/hiver 2025/2026. Dès la première foulée opérée par la jeune française Maelle Harambat, le podium calme et impeccable commence à prendre vie. A s'animer. Par l'intermédiaire de souffleries bien dissimulées, le sol projette doucement, puis ardemment, ces milliers de confettis du sol vers les airs. Comme les préliminaires d'une fête. Un début de cérémonie joyeuse. Un premier look, en complet noir, se construit à partir d'une simple écharpe venant s'enrouler autour du col puis achevant sa route corporelle autour des hanches en une mini-jupe des plus saillantes. Comme posée à la va vite. "Something for your body, your mind, your soul" déclame la bande son. "No limits, no boundaries". C'est exactement le concept de cette collection. Pas de limites, pas de frontières. Enfin, seule l'anatomie délimitera les frontières du vestiaire de Nicolas di Felice pour Courrèges. Le crop-top triangulaire s'entoure autour du cou et s'achève dans le dos comme un simple foulard aérien, volant au vent. Il y a une envie de bandes, de lanières. Une structure s'achevant en traine latérale me remémore les mini-jupes désignées par Miuccia Prada et Raf Simons lors de leur présentation printemps/été 2022 pour Prada. Rien ne se crée, tout se transforme. Les tonalités abordées demeurent en grande majorité dans des carbones et blancs neigeux. Quelques touches de beige, de rose tendre. Nicolas di Felice poursuit son travail sur les lignes qui modèlent le corps dans des proportions uniquement liées à la discipline de la géométrie. Les traits demeurent plus droits que droits. Si Ella Mccutcheon déambule seulement avec une robe écharpe alcalescente, Mica Argañaraz l'additionne d'un blouson en cuir oversize, d'une rectiligne absolue. Cette même robe peut se décliner en cuir souple, de tonalité lie de vin, rose layette sur Angelina Kendall ou vermillon sur Sara Caballero. La main s'intercale dans une pochette rectangulaire, presque à la manière d'une mitaine. Les masques solaires, à l'architecture convexe, insufflent un esprit totalement connecté au Metaverse. De ces lunettes qui pourraient intégrer la technologie IA. Un sous-pull vermillon, tamponné d'un micro-logo maison, se majore d'une mini-jupe en cuir, taille en V, au discret pliage triangulaire, à la queue de pie latérale que Marrit Krikke incarne à la perfection. Aymeline Valade l'additionne d'un sweater ample, à la cape arrière, dans un lainage grenat tout doux. Un look, à la fois, intemporel par ces proportions et tonalités, complètement dans l'air du temps par sa construction minutieuse et méticuleuse. Ce minimalisme textile s'incarne à merveille via un body bustier chair portée par la petite chérie de la mode, Jacqui Hooper. Un second body, en cuir stretch, s'intègre comme une seconde peau sur Luiza Perote avec un résultat visuel un brin sado-maso. Les silhouettes peuvent associer un pantalon/legging qui viendra s'agrafer sur les escarpins. Le slim, gris chiné, d'Annemary Aderibigbe se greffe d'un parement en tissu rectangulaire, presque pagne. Un ensemble en tweed pétrole et moucheté, enfilé par Rosalieke Fuchs, semble un tantinet apostropher l'iconographie iconique du célèbre tailleur de la rue Cambon. Les constructions de boutonnage demeurent un autre facteur captivant de ce défilé. Ils peuvent parer diverses pièces afin de générer des jeux d'ouvertures subtiles et singuliers en arc de cercle, ligne droite, biais ou décalé. Une plume d'autruche vient se poser astucieusement sur deux tee-shirts cristallins, demeurant d'une poésie impalpable. L'un des ravissements de celle collection hivernale. Les pièces du vestiaire Courrèges ne prennent jamais de formes identiques, mais se dissocient, se disjoignent, s'écartent souvent au niveau des épaules, manches, buste, taille et jambes pour exprimer des silhouettes déconstruites, décalées, désordonnées. Une confusion maitrisée par des règles de couture archi-maitrisées. C'est peut-être en cela le secret de la maison Courrèges. Un divin savoir-faire pour enfanter des pièces textiles dysfonctionnelles, mais qui visuellement apparaissent comme un pur envoutement. Nicolas Di Felice perdure dans ce style minimalisme et retro futuriste qui finalement sied complétement à l'iconographie de ses fondateurs, André et Coqueline Courrèges.
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Courrèges

Automne/Hiver

2025/2026

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Dior Automne/Hiver 2025/2026 par Maria Grazia Chiuri
Même si le secret restait encore bien gardé, quelques bruits de couloirs laissaient présager d'un éventuel départ de Maria Grazia Chiuri de la maison Dior. Néanmoins, la présentation prêt-à-porter automne/hiver 2025/2026 s'est déroulée sans effusion. Le set design, simple rectangle, demeure plutôt avant-gardiste avec son jeu de néons bleutés. Presque l'univers du jeu vidéo du premier opus d'anticipation "Tron". Une balancelle blanche flotte dans l'une des encoignures du décor. "One upon on time" estampille discrètement le rebord de cette blafarde plateforme. "Il était une fois", préliminaire favori des contes enfantins. Une jeune fille blafarde, rêveuse, à l'allure de Pierrette, marche délicatement puis vient s'asseoir. Elle songe en regardant le ciel à ce que pourrait être son avenir. Un moment de poésie mais aussi de réalité pour la directrice artistique de la maison Dior. Quel pourra être son avenir ? Puis, les lumières viennent fleureter le sol. Un ptéranodon alcalescent s'offre un délicat vol au dessus de cette volière fashion. Sandra Murray ouvre le show en dévoilant un tailleur marquant bien les courbes du corps. Avec une jupe crayon carbone. Le duo de tonalité beige et anthracite sera en grande majorité de mise sur toute la première partie de la présentation. Maria Grazia insère des macramés de dentelles sur des vestes, bustiers ou chemises. Les cols s'incrustent de volants de toutes formes dont certains viennent frôler l'imagerie posthumes du vestiaire Dior qu'un Gianfranco Ferré amplifiait avec frénésie lors de son passage chez Dior. Un col, presque jabot, dégringole en bénitier sur Edna Karibwami. Quelques manteaux sombres peuvent faire penser à l'imagerie ecclésiastique comme sur Agel Akol. Des sortes de dévotes fashion. D'autres looks penchent vers des accents plus gothiques. Une veste vermillon, sans attaches, enfilée par Betsy Gaghan, impose l'image d'une cavalière équestre classique. Maria Grazia introduit à nouveau le fameux T-Shirt "J'adore Dior" qui avait été l'un de ses hits lors des ses premiers défilés comme vu sur Sanija Dalecka ou Matilda Navratil. D'ailleurs, John Galliano avait lancé la tendance. Probablement cette envie irrépressible de nostalgie. Des pantalons corsaires viennent aussi embrasser le podium dans différentes matières textiles. Un effet pirate assuré. On perçoit aisément que Maria Grazia Chiuri choisit de reconsidérer l'héritage de la maison Dior, de le redéfinir, tout en le propulsant vers un esprit probablement plus actuel. Une pleine conscience ou les lignes demeurent plus élémentaires, pures, mais toujours gracieuses. Elle conceptualise son défilé comme une pièce de théâtre qu'elle découpe en plusieurs actes. Mais, avec l'aide du scénographe Robert Wilson pour une mise en scène étonnante et palpitante. Au delà de la balançoire inaugurale, de l'oiseau préhistorique, d'autres objets comme des rochers suspendus, cratères ou iceberg se manifestent afin de générer cette atmosphère onirique. Maria Grazia perdure et continue avec ses effets de transparences et de dentelles. Ca fonctionne toujours mais rien de nouveau, de neuf. La démarche générale juxtapose, à la fois, cette sensibilité structurée avec une fluidité évidente. D'une silhouette à l'autre, elle brouille les genres en alternant par exemple corsets avec vestes masculines, pans de dentelle avec tailleurs à la rigidité évidente. Un défilé qui se veut théâtrale dans sa forme mais qui cependant met en avant beaucoup trop de choix vestimentaires. C'est surtout dans les détails et accessoires que l'on dégote une certaine individualité comme des cols architecturaux, des ornements modulables, des ballerines liées par des rubans. Une présentation comptabilisant peut-être un peu trop de looks à mon gout. Toutefois, Maria Grazia a œuvré pour cette ultime collection prêt-à-porter à mettre en place un vestiaire intemporel, avec des références aux précédents directeurs artistiques comme John Galliano ou Gianfranco Ferré. Une collection qui pourrait être presque impossible à dater. Ce qui parait en soi pas si aisé à réaliser.
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Automne/Hiver

2025/2026

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Duran Lantink Automne/Hiver 2025/2026 par Duran Lantink
S'il y a bien un défilé qui a fait le buzz pour cet automne/hiver 2025/2026, c'est bien celui du néerlandais Duran Lantink. Qui n'a pas vu circuler en boucle les vidéos de ce tee-shirt en latex dessinant à la perfection un faux torse masculin, ultra musclé, sur le top argentin Mica Arganaraz. Toute la planète et pas seulement la planète mode. Sans omettre le look cloturant le show du mannequin Chandler Frye, probablement le plus ahurissant, provoquant, du show, avec ce tee-shirt en latex, presque prothèse, dont les deux poitrines se montrent opulentes et sensuelles. Un look assumé et totalement sexuel. On transcende le genre. Une thématique de plus en plus abordée au sein des défilés. Un propos sociétal puissant notamment sur la place du/des corps et de la trans identité au sein de nos sociétés industrialisées, mâtiné d'une pointe de dérision assumée. J'adore. Comment le genre identitaire et la transition de sexe peuvent être source d'inspiration pour édifier un look ? Les formes sur la silhouette demeurent protéiformes avec des ajouts, des accroissements rappelant des implants. On distorde, déforme et modifie le corps. Elles redessinent l'allure dans des propositions totalement inhabituelles, aux proportions non humaines. Angelina Kendall demeure presque absorbée par sa robe à la forme sablier, imprimé python. Une robe sculpture, rigide et souple à la fois. Penelope Ternes enfile cette veste dont les épaules et le col en fausse fourrure carbone viennent frôler ses oreilles. On allie l'imprimé vache de la veste avec un pantalon cigarette zèbre. Une sorte d'hybride bestial. Comme la création d'une animalité moderne. Le tout complémenté de gants de ski noir. Apolline Rocco Fohrer a l'opportunité d'arborer une robe en tricot de laine blanche dont la configuration s'étaie autour d'une accumulation de bouées stylisées. Une optique créative à souhait. Une robe sans manches crayonne la forme d'un buste Stockman sur Ella Mccutcheon. Le manteau, au motif panthère, de Karolina Spakowski remonte presque à la lisière du cou. La combinaison moulante en python de Lulu Tenney se configure telle une armure. Elle s'arrondie de protubérances au niveau des hanches. Avec de simples bottes anthracite. Les hommes ne sont pas épargnés par ces nouvelles proportions étirées, disproportionnées. Un costume gris anthracite, aux fines rayures aciers, s'agglomère d'une large ceinture Obi autour de la taille. Le bomber à carreaux, cropé sur le mannequin Long Li, s'offre des proportions volumineuses, rembourrées, enflées, sans aucuns plis. La ceinture démesurée vermillon se fait aussi Obi sur Mathilda Gvarliani. Avec un chapeau melon extra large. Presque andin et gonflé. Le trench zébré prend une configuration trapèze sur Serkan Deniz. Le costume deux pièces de Sara Caballero se compose d'un gilet crop top rayé en simple lainage et d'un ample pantalon, dont le jeu de pinces ingénieux, forme en V, s'ouvre vers l'avant telle la proue d'un bateau. Captivant. Les bonnets se rallongent comme jamais. Une vision de casques japonisants, de Kabuto. D'autres en forme de pointe comme le chapeau effilé de Tanya Churbanova. On se questionnera sur le port d'une cagoule léopard comme vu sur Néo Gregori. Le tee-shirt imprimé militaire entoure presque un visage. Sa taille demeure étroite. Les hanches prennent du volume. Duran Lantink souhaite aussi mélanger tous les imprimés ensemble. Un melting-pot textile agglomérant tartans, zébrures, pythons, léopards, rayures, camouflages militaires (kaki ou grenat). Jusqu'à rassembler un puzzle d'imprimés camouflages sur le tee-shirt seconde peau d'Alejo Humanes. Le treillis se couvre de dégoulinades de peinture. La veste en jeans se cale dans le pantalon en jeans orthogonal. Quelques touches violine parent et enjolivent la veste au col culminant de Luiza Perote ainsi que sa robe, sans manches, d'inspiration de mobiliers. Le corps de Léon Dame a été totalement bodypainté de zébrures en black & white. Seul string et bottes viennent orner sa silhouette filiforme. Quand le derme de l'homme se transmute en derme animal. Idem pour Stella Hanan et Sandra Murray dont le buste se mouchète de léopard et les gambettes de zébrures. "Femina-lité". La jupe plissée d'Elodie Guipaud, rouge incarnat, se maintient à la taille par une fine réglette dissimulée, la configurant en forme rectangle. Le pull torsadé tournesol d'Athiec Geng incorpore une cagoule, surmonté d'une chapka XXL. Un tartan joyeux investit un kilt froncé et un pantalon ample. Le contour de taille étant toujours bâti autour du concept de réglette rigide. Le tartan peut s'exprimer en diverses tailles, provoquant une distorsion des matières comme sur le look de Rachel Marx. La parka matelassée d'Awar Odhiang, à l'inspiration de blouson de chasse, se resserre délicatement à la taille, puis remonte jusqu'à hauteur de tête, redessinant un buste musculeux de bodybuilder. Un caban en cuir se torsade d'adorables liens en cuir au niveau du boutonnage comme sur le mannequin Dara Gueye. Des anses textiles, en tricot vert sapin, recouvrent les épaules d'Alex Consani presque comme des arches d'aqueducs. Idem pour Indiana Van't Slot. Duran Lantink prône ce mélange des genres, le droit d'avoir un corps différent, de l'assumer tel qu'il est, allant presque jusqu'à l'aliénation corporelle. De changer aussi de sexe, à sa guise, d'en jouer avec quelques vêtements bien précis parce qu'ici ce sera à moindre coûts. Enfin, sauf le prix du fameux tee-shirt. Toutefois, pas besoin de passer sur la table de chirurgie pour ressembler à une femme ou homme. Il suffira d'enfiler ce tee-shirt en latex et le tour sera joué. De faire comme si. Une vision très créative, totalement artistique, qui a surtout enchanté le monde de la mode et aussi affolé les réseaux sociaux. Toutefois, voir descendre cette mode précise dans la rue, c'est une toute autre affaire.
 

Duran Lantink

Automne/Hiver

2025/2026

 
 
Givenchy Automne/Hiver 2025/2026 par Sarah Burton
Givenchy parait probablement comme l'un des défiles les plus attendus de la semaine parisienne. Avec l'arrivée de Sarah Burton à la tête de la direction artistique, la horde de modeux semblait sur le qui-vive afin de discerner quelles impulsions et directions stylistiques Sarah Burton allait livrer pour cette maison iconique de l'avenue Georges V. Serait-elle encline à revenir vers les basiques de la chic Madame de Monsieur Hubert de Givenchy ? Allait-elle, après son départ au mois de d'octobre 2024, de la maison britannique McQueen, reprendre le flambeau laissé par son maitre à penser, Alexander McQueen, lorsqu'il eut la charge de relancer la mode et couture Givenchy ? Se réorientera-t-elle vers un univers gothique et streetwear à la Ricardo Tisci ? Ou bien à une certaine épure du jeune Matthew Williams dernier directeur artistique maison ? Peut-être tout cela et rien à la fois. Sarah Burton demeure maître de son destin. Elle n'est pas femme à se laisser envahir par les réflexions et références culturelles des autres. Ce qui compte finalement s'insinue dans l'intégration des codes identitaires tout en maintenant avec courage et authenticité sa propre grammaire stylistique. Conserver et revendiquer sa vision subjective. Eventuellement un peu de flair, d'air du temps. Pour cette première présentation sous le trait de crayon de Sarah Burton, l'équipe proche a décidé faire son comeback dans l'antre du maitre du lieu, Hubert de Givenchy. Revenir à la genèse. Au sein des salons du 3, avenue Georges V dans le 8eme arrondissement. L'immeuble haussmannien ou tous les domaines de compétences et d'expertises sont agglomérés. Un moyen, en quelques sortes, de les célébrer. Avec la boutique accessible dès le rez-de chaussé. Un retour vers les fondamentaux identitaires. Peut-être la meilleure décision pour écrire ce nouveau chapitre maison. Dans les salons étroits des premiers étages s'échelonnent quelques fauteuils en carton éparpillés dans divers salons. Le lieu étant exigu les invités ont été triés sur le volet par le service de communication. Seulement 350 personnes auront la chance d'y accéder. Un privilège amalgamé d'un certain snobisme. Le premier look, incarné par Binx Walton, offre la vision d'un mannequin porte-manteau. Vêtue d'une combinaison en résille carbone de la tête aux pieds, tamponnée d'un Givenchy Paris 1952 (date de création de la maison), Binx déambule nonchalamment dans les cursives étroites. Une allégorie de la femme sandwich ne pouvant s'exprimer de vive voix. Sarah Burton souhaite repartir de la genèse de la maison, de la première collection d'Hubert de Givenchy. Un excellent moyen d'ancrer le passé dans ce présent en quête de sens, d'authenticité. Une collection ou la ligne demeure le sujet principal. Un maillot une pièce, de couleur chair, vient se froncer délicatement en six plissés au niveau du buste sur Akur Goi. Une version manche longue est proposée en jaune mimosa promulguant une douceur certaine au mannequin Rejoice Chuol. Vittoria Ceretti se pare d'une veste, presque smoking, à l'unique bouton, qui prend la conformation du fameux tailleur "Bar" de Dior. Une ligne incurvée à la taille pour libérer épaules et fessier. Les manches demeurent légèrement convexes. En version perfecto rn cuir anthracite sur Diane Chiu. Avec un pantalon relax sur Karolin Wolter. Une allure d'Eliott Ness sur le mannequin coréen Sora Choi. Ou sauvagement inverser, porté à l'envers sur le top Coréen Soo Joo Park. L'épure s'installe dans de nombreuses pièces comme pour préparer les futures clientes aux basiques des prochaines collections. Un manteau champagne, agrémenté de quelques pinces à la taille, se couple d'une cravate/nœud gigantesque, de gants et bottines mi-mollets, de tonalité anthracite. Un look d'une vitalité, sur Rosalieke Fuchs. Immaculé le manteau d'Awar Odhiang avec un quatuor de boutons sombres, tranchant la pureté de cette tonalité. Du tailoring maitrisé à la perfection qui devrait être inusable et portable à volonté pendant des années. Un imprimé au design de probable plume d'autruche contemporaine s'insinue sur les gabardines d'Alex Consani ou Wali. La maille resille, seconde peau, vient galber les formes girondes d'Emeline Hoareau laissant apercevoir sa culotte bien en forme, contrairement à Fatou Kebbeh dont la silhouette demeure indubitablement dans une approche plus traditionnelle du corps féminin. Du corps du mannequin lambda. Toutefois, quelques mannequins des années 2000 viennent fouler ce podium dont Malgosia Bela, Elise Crombez, Jessica Miller, Liu Wen ou Eva Hezigova. Un jaune mimosa demeure une véritable trouvaille pour une robe résille même si, admettons-le, cela ne parait pas une couleur idéale à enfiler. Toutefois, Yar Aguer la transcende comme jamais. Des courtes robes bustiers, rikiki, presque à l'allure Pierrot, se définissent par leur tonalité unique : lactescent ou charbonneux. Certaines se la jouent tutu sur Aleta Jok et Hana Grizelj. D'autres tombent comme un simple drap suspendu. Retenues à la nuque, plissés tenture, on s'interroge sur son maintien sur les silhouettes d'Ajus Samuel ou Achol Ayor. Quelques broderies délicates, aux élans de chinoiseries florales, accrochent une jupe en satin de soie crème, revalorisée d'un énorme nœud frontal comme vu sur May Carter. L'ample manteau carbone de Lulu Tenney se brode et borde de ce paysage d'estampe asiatique, exquis et délicat. Panorama répété sur la jupe sublimant les formes du mannequin Devyn Garcia. Une veste kimono jaune poussin se tord d'une large ceinture noire sur Aluel Keror. Toutefois, deux tenues feront sensation auprès des invités avec la robe bustier agrémentée de poudriers de maquillage sur Stella Hanan. Clin d'œil à la beauté maison. Et, le bustier de Loli Bahia composé d'une multitude de cabochons multicolores, pampilles et perles pour une pièce vestimentaire qui se veut être un bijou de corps. Le final sera incarné par Nyakong Chan qui, avec grâce, serpentera autour des invités en les chatouillant de sa volumineuse robe boule en tulle mimosa. Une friandise visuelle. En s'obstinant à extraire les fondamentaux maison, Sarah Burton a fait ressurgir l'identité basique de Givenchy. Celle d'Hubert, celle qui la définit, la construit tout en mêlant une vision acérée et juste. Consolider les fondamentaux parait comme un signe d'intelligence. Non seulement parce que Sarah Burton soumet et diffuse un sens novateur à la marque tout en le calquant à la succulence d'aujourd'hui. En cela, Sarah Burton arrive avec clairvoyance à faire ressurgir du passé des pièces qui s'installeront pleinement dans notre quotidien hivernal 2025/2026.
 

Givenchy

Automne/Hiver

2025/2026

 
 
Louis Vuitton Automne/Hiver 2025/2026 par Nicolas Ghesquière
Le voyage fera toujours parti de l'histoire intrinsèque de la maison Louis Vuitton. Un concept assimilé depuis fort longtemps par son directeur artistique Nicolas Ghesquière. Une fois de plus, avec l'aide de son équipe, Nicolas Ghesquière a dégoté un lieu improbable pour présenter sa collection prêt-à-porter automne/hiver 2025/2026. Exit le musée du Louvres. On le déserte cette fois pour atterrir dans une immense salle, qui réunira moins de convives que d'habituel (400 convives), se situant au sein de la gare du Nord. Plus précisément nommé l'Etoile du Nord. Utiliser cette fameuse salle des pas perdus pour présenter l'allure de l'hiver 20205/2026, quel décalage audacieux et astucieux. On pénètre dans cette réalité du quotidien, tellement éloigné du monde du luxe. Car un vêtement, une malle, une tenue demeurent finalement pour cheminer d'un lieu vers un autre ; voyager, transiter, traverser d'autres contrées. Une tenue quelle qu'elle soit doit circuler. Alors, l'endroit précis de l'étoile du Nord prend ici tout son sens. Un lieu de passage, de brassage, de rendez-vous. Au sein de ce nouvel espace aménagé pour les voyageurs premium, la maison Louis Vuitton, sous l'impulsion de son directeur artistique, a désiré réaménager éphémèrement cette salle à l'allure très parisienne. Entouré de façades d'immeubles haussmanniens, aux balcons de fer forgés caractéristiques, les fenêtres ont été harnachées d'écrans leds projetant des silhouettes mouvantes tels des ombres du théâtre chinois. Ça bouge, ça remue, ça parade. Journalistes, célébrités, acheteurs, influenceurs sont disposés en ligne droite comme des rails de chemin de fer. Quelques luminaires immaculés, de factures contemporaines, trônent juste en hauteur pour divulguer une ambiance studieuse et appliquée. La bande sonore dissémine une sonorité de locomotive sur le départ indiquant le démarrage imminent du show. Mixé avec une complainte électro pop, la salle des pas perdus va s'éveiller à une galerie de femmes superbes et disparates. Le sol en dalles lumineuses bat à la sonorité de cette musique spécialement conçue pour le show. C'est la new-face belge, Marylore Heck, qui a la primauté de fouler ce podium pharamineux, aussi long qu'un quai de gare parisien. Cheveux lâchés, elle déambule avec une combinaison vermillon, une chemise à l'imprimé coloré contemporain et un trench en latex gris souris. Mains dans les poches, ceinture tressée tombante, Marylore dégage cette cool attitude des voyageurs en partance vers de nouvelles contrées. La salopette peut se revêtir en latex anthracite intégrale, légèrement transparente sur la jeune Constance van Rosmalen qui défile en exclusivité pour Louis Vuitton. Un bandeau dans sa longiligne chevelure et le tour est joué. Le sac speedy carbone, classique, s'incruste du fameux marquage LV. Un fanion Vuitton vient incruster le haut d'une parka comme vu sur Mary Chuykova. L'imprimé de la jupe se déchire en de multi-jets vermillon dont la configuration rappelle celle de piments contemporains. Le maquillage demeure en grande majorité nude et naturel mais s'agrémente, de-ci delà, de quelques looks puissants et abstrait, inspirés probablement du théâtre ancestrale japonais comme sur Libby Bennett. Cela pimente les looks. Maria Mavarez détonne avec un pull/robe en velours anthracite complémenté d'un plastron tricoté retroussé d'un simple lacet rouge sang au col. Une réminiscence sous-jacente du petit chaperon rond rouge vient me frôler l'esprit. La parka beige, d'une droiture sans faille, empoigne cette allure d'équipage de navigation fluviale, notamment à travers ce jeu de bandes latérales émeraude vu sur la britannique Jacqui Hooper. Les tartans, aux reflets de vitrail, accaparent les doublures comme sur la suédoise Tida Rosvall. Ces damiers réputés, souvent lié au domaine du bucheronnage, soufflent sur quelques pièces textiles comme la chemise/plaid de Mathilda Gvarliani. Quelques looks plus opulents recouvrent cette fameuse touche architecturée de Nicolas Ghesquière. Dodus pulls géométriques au camaïeu vermillon et jupes tablier aux volants mille-feuilles lie de vin sur Annemary Aderibigbe ou carbone sur Chu Wong. Quelques chapeaux feutrés en diverses tailles, bérets, bibis, chapeaux de pécheurs, bandeaux, voire turbans dispensent une atmosphère retro baroque. On les accompagne de baskets bowling ou de bottes froissées relevées de longues chaussettes. Nombreux sacs de la ligne Speedy ou Keepall réinterprétés. Toutefois, on retiendra les inédits comme celui à la configuration d'étui de violon ou la besace à double pochettes frontales. Ella Mccutcheon parait avec un look décontracté, en velours grenat foncé, composé d'une tunique chemise et d'un jogging. Avec des bottes aux semelles de boudins pneumatiques. Idem au zodiac. Les manteaux hivernaux s'amoncellent en fourrure synthétique, en cuir, avec des intonations eighties sur Qisi Feng. Les corolles de fleurs s'agrippent sur de quelques textiles propageant une vibration très quarante. En version mousseline de soie dévorée, aux bouquets floraux multicolores, sur l'oblongue robe d'Awar Odhiang. En simple liberty lapis-lazulis sur une robe aérienne d'Ida Heiner. Ou en jacquard mordoré sur Dru Campbell. Une redingote en jeans décatit, presque tannée par cette tonalité tabac, véhicule un œil original sur le traitement de la toile denim. Même application usitée sur l'imper et le pantalon de la française à l'ascension fulgurante, Nastasia Legrand. Quelques tenues blanches afin de ramener une fraicheur à ces premiers looks hivernaux, riches en informations textiles. Quelques pulls cachemire, aux graphismes triangulaires, aux layerings anguleux, aux épaules carrées, légèrement bouffantes, pourront être aisément assimilables au vestiaire. Notamment celui bleu pastel de Minji Lee ou bien plus tapageur de Dana Smith, avec cette tonalité corail vitaminée. Nanne Groenewegen semble hiératique avec sa redingote pétrole et son nœud lavallière. Toujours avec ces bottes aux bouées captivantes. Une nuisette alterne layering de dentelles chantilly ivoirine avec une mousseline de satin carbone sur América Gonzalez. Anthracite pour Mona Tougaard. La tenue en denim délavé d'Ella Dalton se greffe d'une myriade de perles tubulaires pour une veste qui se voudra finalement d'allure néogothique. En version crème sur Apolline Rocco Fohrer. Loli Bahia aura la charge d'une tenue plus commerciale avec un sous-pull col cheminée corail, paré d'un jet de perles cylindriques. Son pantalon, en laine bouillie noisette, emprunte l'allure d'une golfeuse professionnelle. Mica Argañaraz clôture cette présentation, casquette de chef de gare, vissé sur la tête, cheminant d'une lanterne illuminée. Simplissime de décontraction, cette combinaison moulante en laine côtelée bistre, à la Barbarella, agrémentée de son oblongue cape permettera à la belle argentine d'être parée pour une longue nuit ferroviaire. Nicolas Ghesquière engendre, une fois de plus, une garde de robe globale, idéale, qui trouvera assurément preneur. Celles qui auront l'envie ou l'audace d'apprivoiser certaines pièces se sentiront privilégiées. Et même sublimer. Toutefois, ces silhouettes néo-classique, voire retro futuristes, qui redéfinissent la silhouette automne/hiver 2025/2026 peuvent parfois sembler "déjà vu". Rien de péjoratif ou de négatif mais un simple constat. Il est parfois ardu d'innover constamment afin de concevoir de nouveaux designs stylistiques. Seules les proportions corporelles et validation de la politique commerciale maison peuvent être les freins à une créativité excessive et exagérée. Enfin des limites.
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Automne/Hiver

2025/2026

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Miu Miu Automne/Hiver 2025/2026 par Miuccia Prada
Le Palais d'Iéna accueille chaque saison la présentation Miu Miu. C'est acté depuis belle lurette. Un lieu stratégique car facile d'accès, central, bien desservi tout en étant un concentré d'existence, de pouvoir et d'enjeux politiques. Miuccia Prada a toujours affectionné les combats existentiels, qu'il soit politique ou non. Elle s'est toujours proposée comme une supportrice de la cause féminine, notamment au travers d'expositions contemporaines, diners, podcasts, fêtes, conférences composées de sommités scientifiques, littéraires ou cinématographiques. Mais, aussi simplement à travers son vestiaire iconique et avant-gardiste. Des événements qui symbolisent pleinement l'esprit des collections Miu Miu. Alors, quoi de neuf au sein de cette collection automne/hiver 2025/20260 Intitulée "Femininities", cette collection aborde une réflexion profonde, par l'intermédiaire du vêtement, de ce que peut-être le féminin. Dans nos sociétés industrielles, aux technologies avancées, la notion de genre demeure une interrogation redondante envahissant de plus en plus l'espace publique. Comment décrire ou définir ce qui est féminin de ce qui ne l'est pas ? Ici, il n'est pas forcément question de biologie ou de génétique mais du pouvoir d'un vestiaire, d'une pièce textile, sur une catégorie humaine prédéfinie. Comment une allure peut-elle amener et interférer avec la notion du genre ? Quels détails textiles déterminent si un vêtement parait d'ordre féminin ou masculin ? Alessandro Michele chez Gucci avait déjà abordé cette thématique au sein de plusieurs collections. De quelle manière pourrait-il émanciper la femme ? On se remémore le fameux crop-top ou la robe au masculin qui avaient été tant décriés par les apôtres du masculinisme, par exemple. Bref, comment une simple apparence peut-il nous formater ? Et parfois engendrer moults désordres et fracas dans certaines contrées ou cultures ? Questions captivantes et totalement d'actualité. Miuccia Parda pioche dans différentes époques pour remanier le style Miu Miu de l'automne/hiver 2025/2026. Chapeaux cloches des années 20, soutiens-gorges pointues des années 50, sacs grand-mère 40, étoles renards années 30, petits pulls étriqués flashy années 60, jupes courtes seventies, coupes de cheveux sixties, derbys 80, on amalgame les décennies pour engendrer des looks qui pourraient ressembler à des looks de vieilles ladys poussiéreuses. Ce fameux retro vintage qui semble être, à la fois, surannée, désuet, ringard. Mais, à contrario pouvant être complètement "Hype" pour celles et ceux qui arriveraient avec audace et élégance à les ajuster minutieusement avec des pièces contemporaines. Il pourrait en résulter une tenue lookée qui jaillirait des sentiers battus. Le décalage vers le fameux "Stylé" des jeunes. Yura Romaniuk, jeune ukrainien totalement androgyne, au visage angélique, a la primauté de fouler en premier ce long podium. Tee-shirt parme, jupe crayon tabac, étole en fausse fourrure à la main, cabas verni noir suspendu à la jonction du coude, hautes chaussettes gris mastic, derbys en camaïeu cacao, feutre cloche, à lui seul Yura Romaniuk condense cette collection Miu Miu : éclectique, retro, désuète, classique, dépareillée, désassortie, passéiste. Tout se condense en cette silhouette unique. Bien évidemment, il serait réducteur de synthétiser cette collection au look numéro un. Au-delà d'une certaine posture récurrente, une attitude dictée par la maison, comme le sac grand-mère en cuir verni, maintenue au creux du coude, ou bien le faussement débraillé/maitrisé, les looks traversent les décennies, se télescopent, se heurtent. Un style cocasse qui ne siéra pas à tous. Le boléro se fait chinchilla sur Glorianny Saint Fleur. Un tailleur en laine bouillie se pare d'une jolie tonalité saumonée sur Shushu Cyer. On se joue et fou de son identité genrée. On la gomme. On brouille les pistes. Fatou Kebbeh semble être un garçon avec un pantalon vert anis, un col roulé crème et un blouson aviateur en cuir carbone. Il y a quelques années, on aurait probablement mentionné que cette jeune fille avait eu l'audace de chiper quelques pièces au sein du vestiaire de son copain, son mari. Aujourd'hui, les choses ont bien changé. On dépasse ces aprioris rétrogrades. Le vestiaire demeure ouvert et mixte. Les gars, plutôt fluets, n'hésitent pas à se vêtir d'un look totalement féminin comme sur Maty Drazek. Pullover rose fuchsia dont la poitrine pointe, jupe crayon aux rayures bayadères adjacentes, paletot jeune mimosa et bottes moulantes Camel. On assume entièrement cette part de féminité. Toutefois, un complet en laine bouillie, couleur acier, porté par Aleksandr Gordeev indique tout autant que cette collection peut être édifiée pour quelques males ayant des prédispositions "modeuses". Le même complet, version féminine, s'insinue sur Alix Bouthors dont le look laisse un tantinet penser à Mick Jagger. Beaucoup de tonalités allant du saumon au vermillon, du violet au vert sapin, du whisky au tournesol. On recouvre quelques vibrations du fameux swinging London avec des filles pouvant s'identifier à la fameuse Twiggy. Quelques actrices viennent ponctuer les passages de ces être androgynes, parfois non genrées, avec les Françaises Suzanne Lindon et Lou Doillon ainsi que la japonaise Rila Fukushima. Les robes, caracos, bustiers laissent les délicates bretelles venir retomber légèrement le long des épaules. Car l'épaule sera mise en avant cet hiver. La dernière robe, en satin bumble gum, de Sanique Dill, clôt un défilé hétéroclite et intergénérationnel.
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Miu Miu

Automne/Hiver

2025/2026

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Paco Rabanne Automne/Hiver 2025/2026 par Julien Dossena
Pour l'automne/Hiver 2025/2026, Julien Dossena de Rabanne a transposé sa présentation prêt-à-porter du Grand Palais vers l'Unesco, l'organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture. Un lieu symbolique qui promulgue notamment la culture auprès de ses 195 états membre. La mode est devenue depuis quelques années un domaine à fort potentiel culturel, plébiscité par des hordes de fans. Nombreuses sont les personnes friandes d'expositions sur la mode comme peut actuellement le proposer le palais Galliera, le MAD, le petit et grand palais ou bien quelques maisons de couture comme Alaia, Balenciaga ou Saint-Laurent. Alors pourquoi ne pas utiliser ce lieu pour en faire un écrin, un passeport culturel et diplomatique. La salle choisie à la proportion mansardée, à l'architecture pyramidale par sa configuration de poutrelles en béton moulé, diffuse une atmosphère retro futuriste qui sied si bien l'iconographie des années soixante. Complétement Paco qui était architecte avant de se lancer dans la confection de robes métalliques. Baigné d'une immense verrière latérale, le sol bronze, mordoré, accentue cette ambiance désuète mais loin d'être démodé. Un mixte entre industriel et cosy. Un lieu spacieux ou les convives auront, une fois de plus, l'aubaine d'observer de près chaque modèle dessiné par le directeur artistique de Rabanne. Julien Dossena a souhaité alléger son propos en ne présentant que trente-cinq modèles. Ce qui parait peu pour une collection. Toutefois, synthétiser un propos permet d'aller droit au but, d'essentialiser une vision qui est, au demeurant, claire et limpide. Ce dernier a insisté pour cadrer cette vision sur des tenues de jour, de celles que l'on arbore au quotidien. Très peu de robes du soir, de falbalas. Pas de tenues en pampilles de métal, marque de fabrique maison. Evitons la redondance et l'attendu, ce qui semble plutôt bien joué. Seulement des allures qui cisaillent la silhouette. Dana Smith parait la première sur le podium avec ce manteau en laine kaki, de forme classique, mais intriguant par les découpes géométriques laissant soutenir à chaque ciselure des queues de renards en fourrure synthétique. Ça dandine. Ça balance. Il faudra attendre le passage de Mona Tougaard pour contempler une néo jupe accolée d'une guirlande de queues synthétiques. Celles-ci peuvent agripper une robe sans manche en lainage tacheté bleu marine comme sur Chu Wong. En simple cuir, elle possède cette l'allure de gladiateur comme sur Stella Hanan. Les quelques fourrures synthétiques, à l'apparence de renards argentés, reproduisent à s'y méprendre cette véritable toison. La gente masculine a le droit, aussi, d'en abuser comme le fait si bien Siquan Wang. Les doublures jaillissent, de temps en temps, de la tenue en accomplissant une excroissance textile captivante comme vu sur le manteau d'Awar Odhiang. Des lainages, du tweed chiné. Quelques accessoires et détails mode véhiculent une touche incarnée, au supplément d'âme, comme cette cravate argentée cowboy, un médaillon en métal incorporé directement sur le vêtement, des bottes militaires type Doc Martens, une cagoule à l'effet guirlande, des sur chaussures en plastique transparent ou une clé autour du cou. Les vestes s'ajustent près du corps en cintrant la taille. Julien Dossena s'amuse à jumeler, doubler les cols et boutonnages pour un effet graphique charmant comme sur Selena Forrest. On retrouve ce contrecoup sur un complet deux pièces d'Awwal Adeoti ou de Léo Cremer. Cette vision double intervient en enfilant un duo de manteaux, l'un sur l'autre. Le premier en lainage blanc, par exemple, se couvre d'un second beige aux pois carbones disséminés comme sur Sara Caballero. Un effet de style. Les sequins argentés, de diverses formes, réminiscence symbolique des pampilles en métal de Monsieur Paco Rabanne, viennent garnir, en volute ou nuée, la robe de Charlotte Boggia. En tonalité parme sur un top convexe s'achevant par une queue de pie sur Victoria Fawole. Recouvrant entièrement le pantalon et col roulé de Libby Bennett. Idem pour Angelina Kendall qui additionne une longiligne jupe en lainage kaki, à simple ouverture latérale. Les sequins explosent à profusion sur une robe interminable, à simples bretelles, sur la géorgienne Mathilda Gvarliani. Une dentelle chantilly, bleu ciel, vient incorporer délicatement quelques pans en métal fluide comme sur le délicat top de Valentina Castro. Sur Sacha Quenby, le plastique exsude sur une jupe comme une irréductible protection contre les intempéries. A l'heure où l'on débat sur l'abandon de cette matière polluante, est-ce vraiment le moment d'apercevoir cette substance naviguer sur un podium ? Assurément non. Pourtant un autre trench, toujours en matière plastique, vient barder et blinder la robe d'apparence métallique d'Apolline Rocco Fohrer. Quelques imprimés originaux avec un simulacre de confettis multicolores sur le complet d'Ida Heiner ou bien une profusion de pilules médicamenteuses sur la robe asymétrique de Théa Almqvist. Le mannequin Ella Dalton ferme la marche de cette présentation automne/hiver 2025/2026 avec une synthèse approximative du défilé : manteau en faux pelage de renard roux, manches en plastique translucide et jupe gladiateur rallongée d'une guirlande de queues de renard en fourrure synthétique. La quintessence de la collection. Julien Dossena s'est éloigné un tantinet des codes identitaires Rabanne pour ancrer cette collection dans une réalité plus proche du quotidien. Probablement plus pragmatique. Les pièces demeurent portables même si certaines, avec quelques touches mode pointues, ne passeront pas inaperçues comme les jupes juxtaposant les guirlandes en fausses fourrures ou les jupes doublées de matière plastique. Une collection audacieuse, parfois un peu stricte dans sa configuration, mais laissant, tout de même, une place conséquente à cette originalité qui laisse toujours rêveur. Voire songeur.
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Paco Rabanne

Automne/Hiver

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Prada Automne/Hiver 2025/2026 par Miuccia Prada et Raf Simon
Un hymne à l'élégance dépouillée, dépiautée, équarri tel pourrait être les quelques vocables pouvant définir la présentation Prada Automne/Hiver 2025/2026. Intitulé "Raw Glamour" ou "Glamour brut", on présuppose que Miuccia Prada et Raf Simons ont souhaité écrire un manifeste sur la meilleure disposition à se vêtir simplement cet hiver. Tout en maintenant un certain enchantement, désuet et déconstruit. pouvaient être immédiatement identifiables. pouvaient être immédiatement identifiables. Pour l'automne/hiver 2025/2026, celle qui voudra s'essayer à ces nouvelles pièces vestimentaires devra déconstruire cette modeuse tapageuse pour se diriger vers un d'esprit plus primaire. Toutefois, on perçoit rondement que celles-ci ont été ouvragées dans les moindres détails. Coutures apparentes, effilochés discrets, pinces cachées, plis chiffonnés, froissés validés, amplitudes exagérées qui, finalement, diffusent des failles textiles captivantes, insistant sur une manière d'être. Seules les clientèles fidèles les percevront. Un échafaudage métallique fait office de décor accueillant l'ensemble des invités au sein de la fondation Prada, à Milan. Un dédale de chantier, labyrinthique à souhait, composé de divergents paliers, permet aux mannequins de défiler dans une direction unique comme si elles étaient encerclées, cernées par une interminable allée. Un moyen efficace pour cette assemblée, triée sur le volet, de posséder un front row. Cette disposition permettant à chacun d'observer de près chaque look, chaque détail. Une moquette éditée spécialement pour l'occasion, composée d'un médaillon florale redondant à l'infini, céruléen et perle, diffuse une atmosphère cosy, cocooning, de palace. C'est le top australien, Julia Nobis, qui a la primeur de fouler ce méandre labyrinthique. Muse de longue date de Raf Simons, Julia déambule avec cette robe carbone d'un seul tenant. Presque soutane, probablement en laine bouillie, elle se donne un air austère. Mais pas monastère. Col rond, manches amples, un tantinet oversize, stoppant juste au-dessus des genoux, un simple sac ivoire, au format 24x36, viendra relever ce premier look absolument sévère, strict, rigoureux. Presque d'après-guerre. Une déclinaison de ces petites robes noires viendra soit raccourcir les emmanchures sur Lilja Einarsdottir, ouvrir un décolleté sur Fatou Kebbeh ou simplement le refermer sur Qin Lei. La robe/pull d'Awar Odhiang, vermillon, se gratte d'un pantalon en denim et de simples lofers carbone. La version émeraude d'Ajus Samuel intègre complètement cette austérité, toute mormone. Quant à Caitlin Soetendal, elle fusionne un top brut grenat, aux scarifications apparentes sur le thorax avec une jupe orange sanguine légèrement froissée, par à-coup. Une allure totalement Color Block. Ava Shipp flane avec une chemise pyjama "papa", couleur tabac, rehaussée d'une jupe, vert d'eau clair, se maintenant à la taille par des jeux de pinces apparents. Avec un effet stylistique linéaire voulu. Un collier plastron, en macramé de laine taupe, rigide et couvert de cabochons améthyste, enserre le cou. Sans omettre les lunettes de première de la classe. Des jupes et minis s'édifient autour d'une armature structuré qui, visuellement parlant, contiennent ces pièces tels des objets carrés. Comme sur Libby Taverner ou bien sur Penelope Ternes avec sa jupe en cuir vieilli chocolat. Alix Bouthors, star française des podiums, jaillit avec un démesuré manteau en fausse fourrure, type vison. Pour une bourgeoise dégingandée. Idem pour l'une des muses maison, Noor Khan. Cette fausse fourrure vient s'intercaler sur le col d'un caban comme sur Sascha Rajasalu ou carrément entourer l'encolure proéminente d'un manteau de banquier comme sur la toute jeune Lia Marie Mielke. Un pull tournesol, près du corps, s'incruste d'un trio de chaines argentées à l'encolure s'achevant par une boule en métal, une fleur ou un méli-mélo de perles en verre bordeaux. Quelques robes droites, en laine tricotée, se parent d'un jaune paille sur Laura Reyes ou un rose chamallow sur Kat Milliard. Un imprimé floral vif se damasquine, sur la robe sans manches de Dobi Mazurek, d'un nœud géant en forme de X. Celle de Constanze Van Rosmalen demeure droite comme un I avec des tonalités de linoléum. Quant à celle de Wali, elle s'égaye d'un mélange de tonalité chaleureuse. Un même imprimé pour trois ambiances radicalement distinctes. Des pièces, à la silhouette passe-partout, au nuancier gris souris, viennent conforter et complémenter ce dressing. On peut les associer de quelques pièces de saison afin de les pimenter avec, par exemple, un top à l'imprimé floral, un maillot de bain léger tournesol ou une simple parure tricotée. Le manteau de Sora Choi, sans couture, se verrouille par un duo de boutons en perles nacrées, seule extravagance de cette pièce. Quelques blousons pastel, bleu sur Bodine van Galen ou rose sur Claire Marie, permettent d'ébaucher une silhouette preppy et juvénile. Presque de collégienne britannique. Quelques pulls en laine chiné, tricotés, ainsi qu'un bustier marin sur Libby Taverner. On remarque ce désir de pièces textiles semblant inachevées. Prendre soin de sa silhouette sans en faire trop. Comme si on laissait agir l'humeur du moment pour piocher dans un vestiaire disparate, éclectique, avec un panel de looks hétéroclites. C'est ainsi et pas autrement. Laisser vivre l'inachevée, pourrait être l'une des définitions de cette collection idéalisée de l'hiver 2025/2026. Un glamour désuet approximatif, primitif. Originel. Avec une importance pour la déconstruction et de son imperfection. Brut.
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Prada

Automne/Hiver

2025/2026

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Sacai Automne/Hiver 2025/2026 par Chitose Abe
Chitose Abe poursuit son travail de recherches textiles sur le layering, l'accumulation de matière, la déstructuration du volume, les découpes inhabituelles et les contrastes de matériaux pour sa présentation Sacai automne/hiver 2025/2026. La géométrie et l'espace structurelle demeurent les bases de sa vision de la mode. Une importance inaltérable, à la fois, au niveau graphique du look mais aussi du tombé global de chacun des vêtements. La créatrice tord les lignes et les maitrise excellemment. Elle tente des ouvertures astucieuses, des mélanges de proportions diverses et variées, pour briser les lignes habituels du tailoring. Pouvant être bien souvent un peu trop classique à son gout. Chitose Abe s'attache à proposer, à nouveau, toute une palette de costumes et tailleurs. Repérer la bonne idée qui permet de rester dans une veine totalement portable tout en aspirant à cette touche "Hype". De celle qui rendra la pièce à part, désirable, dans l'air du temps. Comme aime à le souligner les nouvelles générations : "Slay". Des rangées de cubes miroirs feront office de tabourets. Des rampes lumineuses sont suspendues tels des parapets. Le lieu du show propage ce concept d'espace en réfection. Toujours cette ambiance en cours de rénovation. D'inachevée. Comme la mode Sacai, qui un temps soit peu, pourrait être en cours d'écriture. Pas totalement achevée. Les couleurs intègrent des tonalités sombres allant du gris bleu au vert foncé, du kaki à l'anthracite. On perçoit toujours l'inspiration militaire dissimulée, notamment avec les bottes en cuir ou bien un large treillis kaki en nylon enfilé par Anna Robinson. Beaucoup de capes, d'étoles, de châles. D'énormes sequins carbones viennent parer et agripper le pantalon d'Elodie Guipaud. On recouvrera ces sequins, en plexi vermillon cristallin, apposés sur un pullover en laine carbone de Xinyue Guo. Des reprographies du photographe Man Ray viennent s'appliquer sur un pull, un tee-shirt ou la robe en fausse fourrure d'Alix Bouthors, à la configuration très sixties. Toujours cet esprit Arty de la femme Sacai. Elle affectionne l'art et n'hésite pas à l'afficher. De fines plumes d'autruches enclosent la cape et jupe d'Heija Li. Quelques plumes délicates et éthérées viennent parsemer le baggy carbone de Sascha Rajasalu ou le sweater de Nastassia Legrand. Les manteaux et perfectos paraissent toujours soutenus de manière à décentrer la silhouette. Il y a continuellement ce décalage textile qui impacte la silhouette pour l'emmener vers une déstructuration choisie et assumée. Cela fonctionne toujours merveilleusement bien, même si l'effet de style a été vu et revu à maintes reprises. La doudoune de Victoria Fawole se bâtit autour d'un layering captivant de tissus boursouflés comme un entassement de couettes. Très japonais. Des pointes rouge vif s'intercalent dans cette présentation ténébreuse comme vu sur l'étole de Diane Chiu ou le pull tricoté col roulé d'Ajus Samuel. Les zips demeurent toujours un outil utilisé à bon escient dans les collections de Chitose Abe. Habilement situés, ils peuvent redéfinir une silhouette en quelques secondes. Comme la jupe d'Ann-Catherine Lacroix qui d'un coup peut offrir une forme crayon ou bien libérer une jambe délurée. Le noir et ses variations restent fort présents. Les deux silhouettes en rouge et noir fonctionnent parfaitement. Marte Mai Van Haster intercale son étole démesurée, rouge vif, sous une veste classique gris souris survitaminant son look. Comme un shot visuel. Le cuir en impose par sa structure un peu plus rigide, raide, droite, permettant de maintenir dans l'atmosphère des courbes rectilignes. Une peau retournée englobe le buste de la sud coréenne Sora Choi. Idem sur Ida Heiner. Le travail de proportion du cuir diffuse presque cette allure des peuples vivant dans les steppes mongoles. Cela en impose. Une touche café au lait pour le total look, veste et jupe en cuir verni, de Natasha Poly. Quelques imprimés au format cachemire reconquièrent l'étole de Malgosia Bela ou le total look de d'Agel Akol. Enormément de noir pour cette collection et des proportions amples qui tombent jusqu'à épouser le sol. On investit une mode protectrice qui sera idéale pour des températures inférieures. Une véritable collection d'hiver qui demeure à la fois originale par ses proportions disruptives mais aussi par cette idée qu'elle investisse un quotidien ultra portable. Un excellent compromis entre portabilité et tendance pointue.
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Sacai

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2025/2026

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Saint-Laurent Automne/Hiver 2025/2026 par Anthony Vacarello
Un fronton gigantesque composé de panneaux d'onyx a été édifié pour accueillir en toute discrétion la collection prêt-à-porter automne/hiver 2025/2026 d'Anthony Vacarello pour la maison Saint-Laurent. Cette pondération élaborée de l'entre soi. Un écrin presque rempart, qui une fois illuminé, permet de faire jaillir une translucidité de cette pierre semi-précieuse, disséminant une douce luminosité. Une chaleur savoureuse. Il faut marquer l'esprit des happy-few acclimatés aux set-designs toujours plus impressionnants les uns que les autres. Chez Saint-Laurent, le design s'incarne dans une démesure purifiée. La féerie du lieu se mettant, cela va de soi, au service du vêtement. Quarante-cinq looks seront dévoilés. Pas un de plus. Ajus Samuel ouvre le bal avec un manteau mandarine, à la forme trigone, aux épaules larges comme jamais, la taille nouée par une ceinture fuchsia. Un look d'une extrême simplicité, qui incarne absolument l'esthétisme de Monsieur Saint-Laurent. Notamment, lors de ses ultimes collections dont le maitre mot était la ligne, la ligne, la ligne. Alors comment ne pas rendre plus belle hommage à ce maestro en se réappropriant cette idée fixe. Penelope Ternes suit avec un ensemble, dont on ne sait, s'il se bâtit d'une pièce unique ou deux. Malgré cela, sa silhouette flashe avec un orange Casimir. Avec les mêmes proportions, toujours de forme pyramidale inversée, le manteau de Noor Khan, probablement en satin, en jette plein les yeux avec une ceinture buddleia électrique nouée simplement autour de la taille. La transposition sur Yura Romaniuk demeure plus sobre avec un bleu pétrole et lien carbone. Probablement un brin mystérieux sur la silhouette de Caren Jepkemei en bleu nocturne. La robe émeraude de Liya Santos semble sans couture ni attaches se maintenant d'un seul tenant. Idem pour Anok Yai, fraichement rasée par Anthony Vacarello lui-même (vu en story de son Instagram), parait majestueuse dans une robe sobre vert pomme d'api. Mordoré sur Lina Zhang. Bleu canard sur Jamie Bochert que l'on n'avait pas aperçu sur un podium depuis belle lurette. La sobriété des coupes reste de mise et parait comme une constante au sein de cette présentation. Pas d'excès. Pas de sacs. Quelques bijoux bien plébiscités telles que les boucles d'oreilles en quartz ou cristal de roche, pierres chéries d'Yves Saint-Laurent. Les escarpins, d'onze centimètres, se profilent tel le nez du célèbre et regretté Concorde : longiligne et pointu. Quelques lunettes noires pour se la jouer énigmatique. Les looks se suivent et se ressemblent. Soit. Une maitrise imparable des couleurs s'opère dès les premiers modèles : citrouille, émeraude, fuchsia, bleu pétrole, vert pomme, moutarde, framboise, parme. Sans omettre l'agencement entre duo de tonalité qui ne laisse pas insensible, déclamant une flamboyance revendiquée. On scrute avec avidité ces quelques tenues Color Block qui, d'un coup, mélangent rouge carmin et mandarine, carbone et moutarde, tabac et vermillon. Une palette qui fonctionne merveilleusement pour celle qui souhaitera se faire repérer de loin. Un impact graphique envoûtant. L'imprimé léopard vient marquer quelques silhouettes via une matière silicone à l'effet latex. Toujours de forme triangulaire, elle pare le pull col cheminée de Valérie Scherzinger ou la robe subtilement opalescente de Karyna Maziar. Des effets floraux, au camaïeu bistre, viennent imprégner cette substance textile sur les robes d'Alix Bouthors et Heija Li. Le manteau en cuir oversize, vert de gris, se resserre à la taille d'un nœud chocolat sur le top argentin Mica Arganaraz. Idem pour ceux déclinés en couleur banane de Liu Wen ou châtain de Grace Hartzel. La dentelle florale, presque guipure, s'adjoint une seconde touche de délectation. Raffinée, elle demeure façonnée dans l'obsession des looks précédents. Soit en total look comme vu sur la robe bleu nuit de Bella Hadid qui défilera uniquement pour Saint-Laurent. Vermillon sur Abuk Mayang. Néanmoins, celle-ci peut être mixée judicieusement en duo de tonalités précises : tabac et châtaigne sur Justi Agelios, bronze et sapin sur Anna Juvander. Les ultimes silhouettes, destinées pour des soirées cocasses, redéfinissent une allure volumineuse avec des robes montgolfière. Quasi toutes anthracites, gonflées à bloc, celles-ci s'additionnent d'un blouson en cuir comme sur Loli Bahia, Topsy ou Apolline Rocco Fohrer. Toutefois, avec un simple caraco en satin sur Sara Caballero ou une délicate nuisette sur Tara Falla, cela fonctionne très bien. Des silhouettes inhabituelles, à l'aspect de sablier, n'apparaissant pas idéales pour une soirée bien arrosée. Anthony Vacarello a œuvré pour une palette de couleurs vives, pimentées, puissantes. Peu de place à la demi-mesure. Des tonalités qui pourraient provenir du Maroc. De Marrakech, ville de cœur de Monsieur Saint-Laurent. Anthony Vacarello a convoité designer des silhouettes dépourvues de fioritures, de falbalas. Cheminer vers l'essentiel. Dégager le corps de tout superflus. Trouver la ligne juste. Regagner une pureté de la démarche pour en extraire la personnalité, le tempérament de celle qui se faufilera dans ces tenues. Car finalement ce qui compte, c'est de révéler la force, l'aura, le caractère.
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Saint-Laurent

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Schiaparelli Automne/Hiver 2025/2026 par Daniel Roseberry
La maison Schiaparelli, sous l'impulsion visionnaire de son directeur artistique Daniel Roseberry a su gagner ses lettres noblesse. Depuis ces cinq dernières années, elle n'a cessé d'évoluer pour devenir l'une des maisons les plus influentes et inspirantes de la capitale. Notamment grâce à sa haute-couture tant admirée. Regardée. Contemplée. L'imagination sans borne de Daniel Roseberry a revigoré Schiaparelli tout en permettant, à travers deux collections prêt-à-porter, de la propulser comme une indispensable, incontournable de la semaine parisienne. Toutefois, le prêt-à-porter demeure un domaine cent fois plus concurrentiel, compétitif, performant que la couture. Ou les offres de collections sont pléthores et variées. Subséquemment se différencier parait comme l'unique contrainte pour se démarquer et réussir à émerger. Pas d'autres choix possibles. Se lancer dans cette aventure, c'est croire en de nouvelles possibilités de développement tout en tentant absolument d'appâter et appréhender une nouvelle clientèle n'ayant pas accès à la couture. Ainsi, Daniel Roseberry doit s'investir corps et âme pour susciter cette fameuse envie. Être désirable à moindre coût. Une appétence pour générer un prêt-à-porter qui insufflera à la gente féminine le désir de se faufiler dans cette ligne plus abordable. Un salon précieux, à la moquette couleur café au lait, aux murs composés d'un linéaire de monolithes en miroirs dorés, fera office de set design. Probablement l'idée de recevoir ses invités comme dans un salon précieux de haute couture. Le podium demeure serpentin et promulgue une atmosphère chaleureuse, mais néanmoins cérémoniale. Cet écrin mettra finalement en valeur cette collection automne/hiver 2025/2026 qui subsistera dans son grand ensemble sombre, ténébreux. A moment unique, les grands moyens. Daniel laisse sortir dès le premier passage Gigi Hadid. Eh oui, on tape fort dès le début avec le top aux millions de followers. Cheveux tirés en arrière et retenue en simple chignon danseuse, Gigi demeure chic avec son costume deux pièces carbone. La veste se revêt aux épaules d'une épaisse et pansue fourrure en mouton retourné. On soutient la taille de la veste avec une énorme ceinture au trou de serrure dorée. Le pantalon basique laisse une amplitude gracieuse. En cuir whisky et scarifié d'arabesques contemporaines, elle focalise tout l'attention sur Stella Hanan. Daniel Roseberry dépouille les silhouettes. Il navigue dans un océan de pétrole, goudron, cacao, tabac, bourbon et injecte une touche ou deux touches alcalescentes. Pas d'autres tonalités auront grâce à son œil cet hiver. Il met en évidence des lignes élémentaires pour des vêtements qui se voudront être usités quotidiennement. Qui se voudra être plus réaliste et moins fantasque. Toutefois, on adhère aux marcels, pantalons en cuir, bottines effilées. On recouvre quelques clins d'œil au style texan du directeur artistique avec des boots de cowboys, des larges ceinturons type rodéo ou des franges de cowgirls sur un trench en cuir. D'ailleurs, on égaye la silhouette en incorporant un trio de ceinture diverses et variées, à la couleur country, pour en étrangler la taille. Le manteau en jacquart carbone s'offre une proportion pyramidale sur Dobi Mazurek. En pied de poule sur Pola Dzik et en satin anthracite sur Charlies Jones. Quelques manteaux en fourrures synthétiques investissent le podium pour ne pas omettre que l'hiver 2025/2026 pourra être frisquet. Plutôt de facture classique sur Lexi Boling, elle se transforme en camaïeu caramel et pelage d'ours polaire sur Lulu Tenney. On piquera le boléro/perfecto en peau retournée, de couleur bistre, d'Apolline Rocco Fohrer. Un manteau élancé pétrole s'agrémentera lui d'un bustier/corset en cuir châtaigne, comme vu sur Claire Marie. De la maille ajourée demeure travaillée comme une décalcomanie à la configuration d'éventails. Tout en transparence, elle gaine les silhouettes de Rosalieke Fuchs, Rejoice Chuol, Mila Van Eeten ou Libby Taverner comme une seconde peau. Sensuelle à souhait. Pour véhiculer une touche surréaliste, on optera pour le bustier en velours noir de Lina Zhang qui finalement demeure une transposition stylistique d'une ceinture de boxe. Les robes de soirée restent oblongues. Elles peuvent être entièrement cousues de filins comme sur Felice Nova Noordhoff, se composer de bandes plissés chocolat à la Hervé Léger sur Awar Odhiang, se cintrer en corset pour se détacher en petites bandes latérales gris souris sur Sophie Scott, se perler sur Angelina Kendall ou se bâtir en simple robe bustier, en damassé cloqué sur Eva Komuves. Avec évidence, Daniel Roseberry a su schématiser et conceptualiser son vestiaire pour cet automne/hiver 2025/2026. Un prêt-à-porter qui demeure dans une veine audacieuse avec des pièces précieuses et sophistiquées. Aussi, il a su simplifier son approche esthétique avec beaucoup moins de fioritures, d'ornements, de décorations, de parures, d'embellissements. Ainsi, il donne une autre direction à la femme Schiaparelli en la rendant plus intrépide, universel, avec cette touche subtile d'une voyageuse chic ayant fait un road trip de quelques jours au sein de son Texas natal.
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Schiaparelli

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Valentino Automne/Hiver 2025/2026 par Alessandro Michele
Quelle idée surprenante que de dévoiler la collection prêt-à-porter automne/hiver 2025/2026 de la maison Valentino au sein d'un décorum de toilettes "améliorées". Rouge sang qui plus est. Pas très chic. Probablement un storytelling souhaitant inciter et engager la femme (et l'homme) Valentino, telle une fêtarde invétérée, a s'éclaté au sein de lieux festifs, à la limite de l'underground. On s'imagine des toilettes d'un night-club branché ou éventuellement celle d'un back room de boite libertine. Assurément, la maison Valentino a pris un tournant curieux, à l'opposé de ce que chérissait Pier Paolo Piccioli ou Mr Valentino : élégance et prestige. Sous le joug d'Alessandro Michèle, la femme Valentino semble beaucoup plus délurée, dégourdie, à l'écoute de ses envies des plus jouissives. Cette enfilade de boxes vermillon fleure bon aussi une part voyeuriste de l'être humain. Qui aurait l'idée saugrenue de rester, planter là, à épier la sortie de jeunes filles des WCs ? Alessandro Michèle apparemment. Toutefois, il a souhaité s'interroger sur la limite nous séparant entre intimité recherchée et exposition malgré soi. Une sorte d'allégorie entre vie privée et vie publique. Chacun y verra ce qu'il a envie de distinguer. Les invités scrutent chaque tenue au sortir de ces toilettes reconstituées. Aimee Byrne ouvre le récital de cette présentation en culotte chair et body, col cheminée, en dentelle fleurie saumon. Ultra maquillée, par un coup de blush Pink absorbant ses joues et tempes, elle présente ce look sensuel avec un bonnet de bain en lycra chair. Un look décalé qui ravira les pages de la presse mode. Les cagoules défilent et n'améliorent décidément pas la silhouette. Out les cagoules. Le rouge, tonalité identitaire maison, vient se greffer sur un caban rectiligne, au masculin, enfilé par Assane Sow. En version crème sur Tia Edney. Ils peuvent être interchangeables et totalement mixte. Quelques looks anthracite viennent agrémenter la collection, mais pas en énorme quantité. Alessandro Michele aime la couleur et en use. La dentelle demeure également une matière remis au gout du jour sous forme de sous pulls seconde peau, aux tonalités chatoyantes tel que le bleu pétrole, rose chair, mandarine laissant entrevoir la forme de fines poitrines. Il y a comme un esprit éthéré, fragile, qui se dégage de certaines pièces tel que le chemisier de Thea Almqvist ou les sections de dentelles configurent un adorable cœur. Les vestes peuvent prendre une tournure ultra-minimalistes avec des cols tout en rondeur complémentées de poches latérales dominées d'un galon en gros grain carbone. Quelques pantalons en jeans viennent rajeunir l'alliance veste/chemisier, un peu trop dadame à mon gout. Un simple tee-shirt blanc, estampillé Apollon Dyonisos, s'enfilera sur une chemise col à tarte, bleu azur. Dans une vibration très "Stranger Things". La géométrie s'incline divinement sur la robe noir et blanc d'Eniko Sipos, très années 80. En forme triangulaire sur la robe fourreau de satin framboise et velours carbone de Vera Lemelehes. Le satin bubble-gum d'une jupe longue s'accouple avec un bustier, forme en V, rikiki, en soie tournesol. Des inspirations plus décalées, fantaisistes, sont arborés par exemple sous la forme d'un minois de chat s'apposant sur le buste de Sigrid de l'épine. Quant une seconde s'inspire totalement des losanges du costume d'Arlequin, portée par Matilda Navratil. Alessandro Michèle perdure dans le schéma amalgamant pièces simplissimes accommodées de secondes travaillées comme des pièces couture. Un melting-pot textile à souhait. Une collection un tantinet veillotte mais pas dépourvue de charme. Un brin déguisement, un brin friperie chic, elle séduira une clientèle bourgeoise, citadine, qui affectionne des looks proprets et sans ombrage. L'allure demeure dans une esthétique charmante avec, parfois, quelques décrochages plutôt olé-olé notamment avec les quelques transparences laissant discerner poitrines et cimes des jambes. On n'appâte pas la clientèle des milléniales seulement avec des looks du siècle passé.
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Valentino

Automne/Hiver

2025/2026

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