Défilés Printemps/Eté 2025
Par
Yann Gabin pour PlaneteMode.com
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Alaia Printemps/Eté 2025 par Pieter Mulier
Pour sa présentation printemps/été 2025, la maison Alaia a souhaité sortir de sa zone de confort parisienne pour recouvrer une énergie inédite en traversant l'océan Atlantique. Ressentir cette vibration spécifique, radicalement divergente de la capitale française. Opter pour la ville de New-York, c'est s'imprégner d'une vitalité urbaine urgente, d'une effervescence pressante, d'une imprégnation de tendances artistiques avant-gardiste, d'une luminosité aveuglante composée d'une pléthore de néons et leds pour obtenir finalement une dose spécifique d'adrénaline sur-vitaminées. En élisant comme lieu de présentation le musée Guggenheim, dans l'Upper Side, Pieter Mulier annonce cette envie irrépressible d'incorporer l'art contemporain (qui expose notamment les œuvres d'artistes comme Kandinsky, Mondrian, Chagall, Léger ou Delaunay) avec sa vision puissante de la femme Alaia. Ce bâtiment hypnotique, constitué d'un quatuor d'ellipses alcalescentes, imaginé par l'architecte Frank Lloyd Wright, accueille une centaine d'invités regroupée dans le lobby, l'espace centrale du musée. Une longiligne coursive latérale, dévalant tel un toboggan tournoyant, permet d'observer chaque modèle approchant pas à pas. L'immense verrière, à l'allure de toile d'araignée, laisse pénétrer cette luminescence quasiment pieuse, voire mystique. Hiératique, Mona Tougaard s'offre cette première descente impressionnante. Cheveux tirés d'une élémentaire queue de cheval, elle dévale ce tourbillon de béton vêtue d'une jupe ivoirine, plissée, évasée, presque jupette de tennis, relevée d'une brassière élastique rectangulaire couleur café. Un effet bandeau. Basique. On s'amuse des proportions qui jouxtent, à la fois, l'effet collant ajusté avec un porté évasé ample. Vittoria Ceretti escorte Mona Tougaard avec un look similaire amalgamant jupe bleu nuit et top chamois. Il y a une dimension certaine empruntée à l'univers de la danse classique. Les pièces vestimentaires de Pieter Mulier s'autorisent la touche monochromatique, se côtoient mais ne fusionnent pas. Le pantalon en mousseline, bleu opaline, à l'apparence de sarouel, s'offre de joliesses transparences sur Xinye Wang. En jaune pastel sur Mahi Kabra. C'est délicat. Presque fragile. Un nuage textile. Une jupe se configure par une construction à quatre volants superposés, remémorant les quatre cercles concentriques du Guggenheim Museum. Un crop top chair englobe le buste de Liisa Winkler telle une deuxième peau. La transposition de la jupe bleu marine d'Awar Odhiang s'insère, elle, dans un esprit plus conventionnel. Une pièce ordinaire et minimaliste, parfaitement transposable au quotidien. On saisit nettement cette envie de célébrer le corps de la femme chez Pieter Mulier. Celui-ci contourne avec précision et minutie les parcelles corporelles, en les laissant apparaitre ou disparaitre, au grès de ses envies, sous un flot de tissus légers et aériens. Un architecte textile. Un trench en jeans délavé, au boutonnage fantôme, vient envelopper la gracile silhouette de Karolin Wolter. La configuration du pantalon, toujours en jeans de Julia Nobis, demeure captivante par sa construction peu banale. Débutant tel le commencement d'une jupe, il se gonfle puis se divise pour laisser apparaitre deux jambières d'une amplitude volumineuse. Un hybride textile. Les bijoux, discrets, éclosent en de fines chaines argentées, parsemant et dégoulinant sur les vêtements tels d'interminables affluents serpentins. On recouvre les proportions dignes de croquis d'Azzedine Alaia avec la robe virginale de Sara Caballero. Le sac/cartable se porte, propulsé, comme ça à l'épaule. Loli Bahia se voit attribuer une jupe éthérée et asymétrique blanche se maintenant simplement par un lacet entourant l'épaule. On l'ennoblit d'une brassière nude. Les tonalités demeurent douces, presque effacées, copiant harmonieusement les carnations de la peau. Des pièces davantage complexes viennent intégrer ce vestiaire estival comme la jupe de Kendall Jenner dont les nombreux plissés crayonnent un arrondi joli-joli. On reste ébahi par les sculpturaux manteaux aux allures de cumulonimbus volumineux, aux abondants et copieux duvets froufroutant, rose bonbon ou lactescent de Lulu Tenney et d'Ajah Angau Jok. Des pièces créatives, totalement artistique. Les dissymétries textiles font parties récurrentes de ce vestiaire. On apprécie notamment cette robe grège, serpentine et froncée, louvoyant autour du corps athlétique de Rayssa Medeiros. Avec un coup de cœur sur la robe "suspendue" d'Anok Yai d'une blancheur glaciale. Un manteau chocolat se fait cape sur Rosalieke Fuchs. En version turquoise sur Stella Hanan ou vieux rose sur Nyaduola Gabriel. Des apparences de prêtresse contemporaine s'esquissent. Certaines jupes "mini" se composent d'abondants plissés permettant une amplitude harmonieuse. On discerne un certain orientalisme à travers les combinaisons sarouels. Les transparences indécences se laissent apprivoiser via quelques brassières en résille dévoilant les contours de jolies poitrines. La maille résille demeure œuvrée, en divers formats, sur une combinaison aviateur, un pull rectiligne ou un pantalon oversize. Elle parait d'une fluidité extrême telle la vague venant s'échouer sur la grève. Un manteau enveloppe Summer Dirx d'une addition de centaine de brins de laine au format "tire-bouchon". Il y a presque un effet de l'ordre du camouflage. Les doudounes, anthracite ou alcalescente, de Diane Chiu et Chloé Oh se boursoufflent de larges boudins matelassés. Celles-ci produisent une vision directe d'oreillers bien moelleux. Cocooning in the Street. Pieter Muller a su définir, pour cet été 2025, un vestiaire attrayant, original, frais et relativement juvénile. Il propose des looks pouvant être d'un minimalisme sans faille, tout en les agrémentant de pièces d'une complexité avérée. Une mode cérébrale, structurée et charpentée. Avec cette fluidité incontestable qui n'entrave en rien la bonne démarche anatomique. Les gestes paraissent totalement libres et déliés. Pieter Mulier sait, avec main de maitre, souligner une silhouette, tout en lui laissant cette folle indépendance.
 

Alaia

Printemps/Eté

2025

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Alexander McQueen Printemps/Eté 2025 par Sean McGirr
Pour la deuxième présentation prêt-à-porter de Sean McGirr pour la maison McQueen, ce dernier a investi l'espace de l'école des Beaux-arts. Un lieu magique de fourmillements ininterrompus d'idées saugrenues allant des plus classiques au plus loufoques. Cet espace d'apprentissage, lieu d'échange pluridisciplinaire, permet aux étudiants de se rassembler pour partager, revendiquer, fêter, contester ou commémorer des moments de créations pures. Un espace qui a accueilli notamment quelques présentations du défunt Alexander McQueen. Un retour probable sur les traces de ce maestro tourmenté. Également, s'extirpe de cette atmosphère inventive, l'idée d'une commémoration de l'héritage de la maison McQueen. Réintroduire un imaginaire complémenté de designs textiles passés afin de les revaloriser dans le vestiaire d'aujourd'hui. Une idée pas si nouvelle en soi mais valable. Deux monolithes, de tonalité carbone, encadrent l'issue de ce longiligne podium couleur plâtre. Celui-ci s'encastre dans le sol tel l'apparence d'un bassin d'un joli jardin XVIIIème. Généralement les podiums s'élèvent afin de mieux discerner les looks. Pas ici. Sur la périphérie s'échelonnent les invités, à intervalle régulier, par l'intermédiaire d'un échafaudage métallique rustique. Un aspect industriel qui, à défaut d'être esthétique, permet d'avoir une excellente vision du vestiaire estival 2025. Subséquemment quelle mouvance Sean McGirr a désiré explorer pour cette nouvelle proposition mode ? La jeune new-face Betsy Gaghan se manifeste d'un coup sur le podium, accompagnée de nuées de fumigène dramatisant son arrivée. Une robe-redingote marine, courbant la taille par le jeu de quelques plissés savamment exhaussés, enveloppe sa silhouette de cette austérité toute britannique. La collerette tulipe, en mousseline déchirée, vient accentuer cette facette victorienne de ce premier look. Le regard perçant d'Anna Robinson insuffle une férocité et assurance à cette veste smoking, aux drapés aléatoires. La ligne des épaules restent dans une droiture sans faille. La version de Maxime Le Pajolec insiste sur l'habileté du créateur à le réinventer au masculin. L'ambivalence androgyne. Bibi Breslin s'appareille d'une veste smoking croisée, laissant paraitre fanfreluches et lanières immaculées de sa chemise. Les chaussures et bottines sont compensées, parfois complémentées de hauts talons. am McGirr s'amuse d'un effet apesanteur avec la veste de Sascha Rajasalu, en la dissociant en deux fragments, flottant en microgravité. Des plissés chantilly viennent s'intégrer sur cette dernière mais aussi sur le pourtour du gilet de Sihana Shalaj ou les bas de manches de Libby Bennett. Une première partie tayloring maitrisée parfaitement. Une des compétences intrinsèques du feu Alexander McQueen qui avait appris tous les rudiments et secrets chez le célèbre tailleur de Saville Row. Deux robes, en mousseline neigeuse, s'intercalent entre toutes ces propositions sombres et ténébreuses. Des robes légères, aux manches bouffantes "cascade" ou au col tulipe, dont l'aspect m'invite dans l'univers d'un certain Pierrot comme sur Ajus Samuel et Heija Li. D'autres viendront rejoindre cette panoplie avec des poitrines surlignées par le biais d'une chemise bustier plissé sur Rejoice Chuol ou une robe seconde empire sur Alex Consani. Sean McGirr a œuvré sur la préciosité de certains looks en incorporant des broderies florales diamant venant agrippées notamment le dos de la redingote de Miriam Sanchez. Avec un effet tatouage. Un top en mousseline céleste se compose de sequins argentés et de petits fils sur Matilda Navratil. Les cols peuvent être impressionnants avec cette construction en arc de cercle ou en forme de jabot. Toutefois, l'histoire de cette collection s'intègre aussi dans l'imaginaire et la tradition irlandaise. Car comme Alexander McQueen, il y a toujours une inspiration du passé dans ses vêtements. Sean McGirr a souhaité faire ressurgir sur le podium une créature de ce folklore : la Banshee. Issue de la mythologie celtique irlandaise, cette créature féminine surnaturelle est considérée comme une magicienne, voire une messagère de l'Autre monde, et souvent définie comme la "femme qui hurle des mélopées funèbres". Sympa. Une thématique correspondant complètement à l'univers du label britannique. Quelques touches de couleurs vives viennent survolées cette présentation avec un tee-shirt en dentelle chamallow ; une robe bustier en satin et mousseline déchirée citron ; une mini en jeans kaki ou une robe en dentelle mandarine sur Apolline Rocco Fohrer. Des lainages pied de poule, écru et beige, ponctuent ce défilé avec des vestes et manteaux aux épaulettes charpentées comme jamais sur Yilan Hua. Quelques pièces en cuir avec cette lourde parka chocolat, un tantinet aviateur d'Achol Ayor. Des pièces moins abordables avec ce fameux effet podium telle que la cagoule en laine blanche de Nik Dermendzhiev ou la jupe en filins de métal de Song Ah Woo. Le vestiaire final apparait comme une ode à la femme mais aussi à cette créature irlandaise. Des robes avec une vibration couture. Des plumes d'autruches à foison sur la robe fourreau de Sara Caballero ou le manteau oversize de Karolina Spakowski ; une veste entièrement brodée de perles dorées de diverses formes sur Artie Aylott ; des dentelles à la configuration de branchage sur Libby Bennett ; une robe chair corsetée sur Ella Mccutcheon ; une longiligne robe carbone et perlée sur Awar Odhiang. Avec pour apothéose cette robe armure entièrement parée de filins de métal argenté. Probablement, une manière de faire face à la survenue impromptue de la Banshee, porteuse de nouvelles souvent peu réjouissantes. Une collection printemps/été 2025 qui cadre entièrement dans l'univers baroque de la maison McQueen. Car même s'il est question de créatures surnaturelles, issues de l'imaginaire et folklore irlandais, la femme McQueen selon Sean MGirr s'incarne bien dans le réel, sans délaisser cette part de féérie et de force mystique.
 

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Printemps/Eté

2025

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Balenciaga Printemps/Eté 2025 par Demna Gvasalia
Bien souvent l'atmosphère d'une pièce, d'un endroit singulier, permet d'humer, de flairer, renifler, les ondes ou des Auras qui nous bercent inconsciemment. Voire même d'extraire les prémices d'un futur vestiaire. Comme une intuition volatile, un souffle de mode venant susurrer à l'oreille. Chez Balenciaga, avec Demna Gvasalia au commande, il n'y jamais de place au hasard pour le set design. Il demeure assez doué pour définir et transmettre sa vision de la mode via des univers marqués, pour colorer et sublimer ses collections. Pour ce printemps/été 2025, le podium se transforme en un dédale de parquets marquetés, aux couleurs de miels. Cette estrade ambrée disperse une atmosphère d'un hôtel particulier feutré avec une illumination caramel. Presque un tantinet bordel chic. Ce qui change des sets-design biens souvent dépouillés, froids ou parfois totalement psychédéliques tels que celui des tunnels d'écrans à 360° ou la montagne en graffitis multicolores. Pour ce printemps/été 2025, la présentation s'ouvre sur une sensualité rarement vue chez Balenciaga, notamment sous l'égide de son DA, dont la marque de fabrique a toujours été très orientée street-wear. Sur l'air langoureux et jazzy de "Why don't you do right", un désir de lingerie, de dessous affriolants, de bonneteries se répand sur le catwalk. Quelle bonne idée d'aborder l'intime au centre du discours Balenciaga. Une envie de susciter une séduction prohibée, de célébrer le corps à travers des parures de dentelles, lycras, de raffermir le corps par des gaines, porte-jarretelles, soutien-gorge, bas, collants. Toute la panoplie basique pour une femme qui se souhaiterait se la jouer un tant soi peu pin-up. Telle une Dita van Teese. La brassière se double de fines bretelles sur Rain Bonnaire. La mini jupe basique se couple de jarretières qui se crochent à des bas en dentelles s'achevant en cuissardes aiguisées. En version chair, ce look s'efface presque de celle qui la porte telle une combi ton sur ton. Un body en dentelle sexy carbone se réjouit d'un trompe l'œil. On présume de pièces de lingerie distinctes mais à observer de plus près, c'est une combinaison d'un seul tenant. En cela l'idée apparait séduisante et audacieuse. Car l'idée de cette combinaison projette le fantasme d'une sensualité exacerbée permise. Toutefois, à ses risques et périls. Les dentelles viennent parer un pantalon-jarretelles brodé de sequins jais, ainsi que sa chemise. Sexy sexy. Demna perdure dans cette proposition de pan-boots en y ajoutant une vibration étincelant de mille feux car entièrement crochetés de micro perles carbone. On l'agrémente d'un body trompe l'œil absorbant une brassière ivoirine. Simple comme bonjour. Un simple pull col en V, un longiligne manteau en fausse fourrure vison s'allient de ce collant tout en un affriolant. Coquin. On garde ses solaires pour augmenter le mystère. La robe noire, près du corps, de Malgosia Bela, somme toute classique à première vue, s'emballe en son dos par un laçage très bondage. Idem pour les robes immaculées suivantes qui gardent cependant ce laçage carbone. On l'additionne du nouveau sac Balenciaga à l'accent Kelly revisité. Ces entrelacs s'insèrent sur de nombreux looks, en jeans, en soie ou en crêpes afin de révéler que sous l'image fantasmée d'une certaine bourgeoise hautaine pourrait découler une affriolante séductrice. Quand l'allure dite classique se télescope avec une certaine idée de l'érotisme. Puis, les looks deviennent beaucoup plus street-wear avec des bombers à la forme pyramidale lorsque les mains restent enfoncer dans les poches. Le jeans, taille basse, découvre les abdos " 6 packs " et se scarifie de quelques coutures linéaires. On les agrémente de baskets démesurées et d'un masque solaire à l'apparence de V pour un regard SFI. En cuir, matelassé, en simple cotonnade, tissé, en denim, voire couette, le bombers demeure l'autre pièce phare de cette présentation. Un petit plus pour celui à la tonalité vert sapin, ennobli de cinq bandes latérales aux emmanchures. Un bombers pour culturiste. Le jean peut aussi se porter en deux parties distinctes composées d'un micro short suivi par un système de jambière venant lécher le haut des cuisses. On recouvre, ici, l'idée des fameux Dim-up. Une doudoune offre un col surdimensionné pour un effet barrière de protection immédiate. "Fashion Designer", "Human being" s'apposent sous forme de tags ou de typo Word sur un duo de bombers. Quelques polos rayés pour une tournure plus preppy. Toutefois, on retiendra aussi l'idée de Demna pour l'accumulation de pièces afin de constituer un même look. Chemise bucheron, surchemise, parka autour de la taille, pullover body, un agrégat textile pour englober le buste. La besace laisse même découler tout cet amoncellement de vêtements. En y regardant de plus près, on se questionne sur le façonnage : Est-ce une pièce d'un seul tenant ou bien une compilation de divers vêtements empilés les uns sur les autres ? Toujours les concepts de surconsommation et de surenchère textile décriés par Demna Gvasalia. La casquette se porte tombante recouvrant le visage comme un masque de protection d'escrime. J'adore l'idée. En cette fin de défilé, nombreuses nuances de noir sur des silhouettes déjà vues dans d'autres présentations. Rien de très novateur mais qui reste cependant dans la ligne directrice du style Balenciaga insufflé par Demna Gvasalia. On s'attardera sur les derniers looks renouant le combo pans-boots et bustiers tendus à même le corps. Des couleurs plus tendres s'intercalent sur ces bustiers allant du rose chair au beige nude, voire fuchsia. Puis, la muse maison, Eliza Douglas, achèvera cette présentation par une robe satinée, à la forme de sablier, aux épaules rectilignes et surdimensionnées permettant de redessiner sa carrure en une longiligne cape. Un travail de modéliste de haut vol. Un défilé qui célèbre le corps à travers des pièces d'une séduction folle, voire d'une tension sexuelle assumée, jusqu'aux dernières pièces ne laissant rien percevoir. A peine distinguer quelques centimètres de peau. Un antagonisme plaisant qui fait sens. On peut être, à la fois, un être humain animé d'une hyper sensualité et érotisme tout en se recouvrant d'un voile de pudeur pour passer complètement inaperçu. En cela apparait toute la complexité de l'âme humaine, absolument bien retranscrite par Demna Gvasalia au sein de cette présentation Balenciaga pour ce printemps/été 2025.
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Balenciaga

Printemps/Eté

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Balmain Printemps/Eté 2025 par Olivier Rousteing
C'est au palais de Chaillot qu'Olivier Rousteing a désiré, une fois de plus, présenter la collection prêt-à-porter Balmain printemps/été 2025. Un vestiaire bâtit autour des thématiques du maquillage et des fragrances. Par conséquent, des ramifications vers les domaines de la beauté permettant d'élargir les expertises de la maison française reconnue pour son savoir faire textile. Tout autant, les parfums Balmain existent depuis belle lurette. On se remémore notamment le fameux "Vent Vert" créé en 1945 par la parfumeuse Germaine Cellier. Néanmoins, Olivier Rousteing brigue à développer cette manne financière non négligeable en lançant, dès 2024, une nouvelle ligne olfactive, avec l'aide de la société Estée Lauder. Huit parfums ont déjà été propulsés sous la bannière des "Eternels". N'y a-t-il pas meilleure idée que d'allier domaines de la beauté et de la mode pour faire passer le message d'une future ligne de make-up à venir ? Chaque look, de près ou de loin, s'accessoirise de sacs bandoulière "bouteille de parfum", d'escarpins à talons rouge à lèvres, de minaudières fards à paupières, de colliers parfum, boucles d'oreilles tubes de rouge à lèvres, pendentifs échantillon ou montre-bracelet cabochon. Tout cela exposé dans un salon feutré et épuré du palais de Chaillot qui apparait comme le meilleur set-design pour divulguer des vêtements puissants. Car Balmain, sous l'égide d'Olivier Rousteing, veut absolument perdurer dans cette catégorie de maison proposant uniquement des vêtements uniques, précieux, parfois artisanaux et surtout difficilement copiables. De ces pièces textiles qui demandent des heures de confection. Le Street Wear n'apparait pas ici comme le maitre mot. La jeune Vika Evseeva arpente la première marche du podium dans une robe qui en jette. L'impact visuel est imparable, immanquable. Sa robe, presque "muglérienne" dans la forme avec ses épaules larges et sculpturales, une taille cintrée et des hanches augmentées, se greffe d'une image macro d'une main manucurée écarlate venant gentiment tapoter une bouche ourlée d'un rouge vif cerise. Un choc visuel assuré pour ce premier look mais aussi pour celle qui osera le porter. Un œil charbonneux intègre un top moulant bistre, uni manche, brodé de milliers de fines perles sur le top Akuol Deng Atem. Son pantalon s'achève par la fin du visage. Un autre effet pictural magistral. Perturbant aussi car troublant de visu la silhouette. Idem pour la robe sirène de Maggie Maurer dévoilant la moitié d'un visage métissé maquillée. Avec un fond carbone agréant le renforcement de l'impact visuel. Les broderies faites à la main diffusent cette aura couture au sein de cette collection. Un véritable bijou de haute joaillerie. Olivier Rousteing met aussi en avant tous types de visage et de carnations de peau au sein de cette présentation. On aperçoit sur le podium le top-modèle tchèque des années 1980, Paulina Porizkova, premier mannequin à signer un contrat d'exclusivité avec la marque de cosmétiques Estée Lauder à la fin des années 80. Le casting offre l'opportunité d'âges divers avec d'autres femmes mûres telles Estelle Levy ou Elisabetta Dessy confirmant que l'attitude Balmain sied à merveille à des générations de femme. Ce qui compte finalement s'instaure dans une allure précise et une attitude assumée. Une fois en plus le directeur artistique de Balmain crie haut et fort la pluri diversité de la beauté. Les épaules sont architecturées et reprennent la configuration de toits de pagodes chinoises. Les épaulettes des vestes s'élèvent jusqu'à tracer des lignes triangulaires. Quelques vestes de smokings repensées et restructurées comme celle de Karmen Pedaru s'enfile avec une unique manche. Le noir truste cette collection et demeure cependant la tonalité passe-partout pour maintenir une certaine élégance, sans trop s'éreinter. Des silhouettes déjà vues dans de précédentes collections mais qui stylisées et accessoirisées autrement demeurent bien dans l'air du temps. Des chaines dorées, surdimensionnées, entourent une robe bustier. Quelques vestes perlées s'enfilent avec des jupes rudement courtes pouvant casser une silhouette un peu trop madame. Une robe entièrement faite mains alterne chaines dorées et rangs de perles générant un effet marinière. Un travail de construction totalement fou. On peut y voir une référence à la maison Chanel. Toutefois, il faut évidemment s'échapper de ces codes identitaires afin d'éviter de mauvais commentaires et comparaisons stylistiques erronées. Les bottines s'agrafent du logo PB stylisé, Pierre Balmain. Elles demeurent larges comme des guêtres de danseuses. Le vermillon s'invite dans la danse, référence surement à la fameuse bouche rouge. Sur une mini-jupe, un leggings en daim, une veste perlée, une robe en tweed pailletée ou de soirée, cette couleur ardente, de feu, peps une collection déjà très puissante et harmonieuse. Quelques pièces en rose Nude alpaguent quelques silhouettes en douceur, allant jusqu'à épouser le corps telle cette robe bustier gélifiée ou bien le sein iconique d'une veste complètement d'inspiration Gaultier. Une robe cocktail, à la forme d'une bouteille de parfum Balmain, réitère l'idée d'Olivier Rousteing injectée lors de sa réinterprétation du vestiaire couture de Jean-Paul Gaultier. Une jupe crayon reprend la configuration du masque africain sur la jeune Akuol Deng ainsi que sur la robe courte de la délicieuse Divine Mugisha qui clôt le show avec grâce. Un vestiaire puissant et apprêté. Des vêtements dignes de la haute-couture car véritablement besogné comme des œuvres d'art. Une mode choc, pour un "empowerment" de la femme Balmain.
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Balmain

Printemps/Eté

2025

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Bottega Veneta Printemps/Eté 2025 par Mathieu Blazy
Le concept de création permet d'accomplir tant de fantaisies, rêveries et lubies qui, une fois exécutée, peut permettre de venir titiller l'âme de notre enfance. Matthieu Blazy dissémine dans cet espace dédié à la présentation printemps/été 2025 de la maison Bottega Veneta de gigantesques poufs, créés par la maison Zanotta, dessinant les silhouettes ventripotentes d'une soixantaine d'animaux. Ces derniers tapissent l'endroit avec un charme déraisonnable, cassant cette atmosphère un peu trop policé et orgueilleuse de la mode. Contempler certaines rédactrices de mode, à l'allure bien trop souvent condescendante, et certains acheteurs, qui parfois se questionnent de leur présence, démystifie complètement leur prétendu Aura une fois qu'ils ont posé leur séant sur un pouf à tête d'ours ou d'écureuil. Pour cela, je remercie follement Matthieu Blazy pour cette géniale idée. Qu'en est-il de cette présentation pour le printemps/été 2025 ? Sera t elle dans la veine des ces doudous dodus ? Ana-Clara Falconi, jeune brésilienne, au carrée délié bouclé, présente un outfit classique en apparence. Si ce n'est que Matthieu Blazy s'attaque à déployer le concept original du pantalon/jupe. Jean-Paul Gaultier s'y était déjà risqué avec un certain succès. Mi-jupe, mi pantalon, cette uni-jambe s'enveloppe et se caparaçonne d'une jupe droite. Inventif mais acceptable seulement pour un effet podium. Ardue pour une pièce à porter au jour le jour. Les camaïeux de gris s'enchevêtrent mais se majorent de touches de couleurs par le biais d'accessoires bien choisis. On apprécie notamment l'idée du bouquet de fleurs, que l'on tient à la main, confectionné entièrement en cuir. Même son emballage se pare de la précieuse matière. De simples sacs de supermarché viennent se frotter aux besaces tressées en cuir d'une souplesse sans faille. Quand l'objet du quotidien vient côtoyer le savoir-faire d'exception. Les couleurs demeurent soignées avec des accents brique, mandarine ou bordeaux. L'amazone Anok Yai investit un trio vestimentaire totalement dans l'esprit "Color Block". Chemise ouverte tangerine, veste oversize sanguine et pantalon feu ardent. Un look impétueux qui ne laisse pas de marbre. Mathieu Blazy perdure dans ses propositions de costumes dit de travail, aux coupes affutées, rectilignes, avec toujours ce postulat de base : un néoclassique réitéré. Chez la femme, elle se traduit par une robe droite, en laine acier, sans chichi, comme sur Mayne Filipak. Le minimum pour un effet d'austérité garantie. Seule la broche grenouille véhicule cette gaieté sous controle. La jupe longiligne prend une confirmation pyramidale en sa base. Les hommes peuvent cumuler deux vestes coutumières mais dans des teintes et matières divergentes. Idem pour des gilets sans manches dont les longueurs s'immobilisent aux genoux. On fusionne néanmoins un joli lainage chiné avec un cuir grège pour auréoler et accumuler les effets de matière. Toujours la cravate nouée autour du cou pour dispenser cette panoplie du parfait gentleman. Les pantalons demeurent évasés, amples, un peu dans le style Eliott Ness. Un blouson beige se coiffe du fameux tressage en cuir Bottega Veneta en son col. Les emmanchures s'engouffrent dans un design méga boursoufflé. Un gilet en laine s'amuse d'un imprimé représentant une foule d'allumettes. Le pantalon tricoté prend l'allure d'un pyjama. On recouvre un travail contemporain sur les imprimés géométriques, en noir & blanc ou polychromes, un tantinet "pucciesque" sur les mannequins Sophia Makibdji et Shivaruby. Les plissées et les volants de quelques jupes dénotent d'une inspiration un tantinet gitane, voire sévillane. Natasha Poly fait son retour sur le podium avec cette chemise taupe, aux épaules extra larges, et une jupe asymétrique lie de vin. Toujours une ligne minimaliste. Un sac en cuir carbone se double d'un sac plastique, ornementé d'une effigie de lapin blanc. En duo, il peut s'accompagner d'un bouquet de fleurs. La femme Bottega n'hésite pas à faire quelques emplettes. Quand les sacs empruntent des teintes chamarrées, le vestiaire féminin ou masculin sera composé avec une simplicité déconcertante aussi bien au niveau des formes que des tonalités de couleur. Des pompons en cuir immaculés viennent tanguer aux encoignures de la jupe droite de Mariana Goncalves. Idem sur la version python, mandarine, de la jupe de Karolina Spakowski. La tenue en maille crochetée de Sun Mizrahi se colore d'un Tie & dye orange à la taille qui peps la tenue. La longiligne jupe d'Heija Li, aux volants bénitiers, prend la même carnation pour une intonation complètement Flamenco. Une coiffe surprenante, fabuleuse, composée d'un ensemble de lanières en cuir, se fait presque postiche à la Polnareff. En version bubble-gum, elle demeure presque burlesque. Le manteau/peignoir de Mary Ukech, vieux rose, pactise avec une multitude de brins et lanières en cuir. Une pièce divine. Le juvénile Li Cheng Yuan enfile un pantalon en denim chiffonné comme jamais avec un tee-shirt mastic, à l'effigie lapin, qui se froisse lui aussi comme après un séchage complètement raté. S'ensuit des chemises en popeline de coton et vestes à carreaux qui prennent la même configuration : fripées, fripées, fripées dans des tonalités dragées ou camaïeux de beige. Quelques damiers bucheron viennent effleurer une chemise cintrée, manches courtes, ou une surveste, toujours ajustée à la taille. Maria-Carla Boscono empoignera avec énergie cette robe joyeuse, aux rayures bayadères, qui calque parfaitement à son esprit fou-fou. Liu Wen restera, elle, dans une ambiance plus douce avec un camaïeu de jaune et d'ocre. Mathieu Blazy a œuvré pour une collection se voulant définitivement chic, de bon goût, presque de bon aloi. La démesure, on oublie. Un vestiaire qui désire être totalement décomplexé, décontracté. Une nonchalance se dégage de ces tenues. Une garde-robe que l'on ne remarque pas à fortiori. Mais, à posteriori. La fameuse tendance du Quiet Luxury. Toutefois, cette simplicité apparente permet de mettre en exergue des matières nobles, précieuses, rares seulement utilisées par la maison Bottega Veneta. Un luxe que l'on partage seulement dans un certain entre soi. Bon chic, bon genre. Ne sait que celui ou celle qui le portera ou faisant parti du clan exclusif de BV.
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Bottega Venetta

Printemps/Eté

2025

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Chanel Printemps/Eté 2025 par le studio Chanel
Après la rénovation de ce monument iconoclaste de la ville de Paris pour les Jeux Olympiques Paris 2024, le Grand-Palais rouvre enfin ses portes à la maison Chanel pour l'ensemble de ses présentations. Un lieu unique, idéal pour mettre en valeur les tweeds de la maison du 31, rue Cambon. Un emplacement spécial qui avait déjà côtoyé de nombreuses collections passées de Karl Lagerfeld, de même que celles de Virginie Viard, avant sa fermeture pour rénovation. Un endroit extraordinaire permettant l'élaboration de set-designs originaux, fantaisistes, souvent des plus impressionnants. Avec cette lumière étincelante engendrée par l'immensité de ces verrières centenaires. L'espace du Grand-Palais a été utilisé dans son ensemble, étirant un linéaire de chaises sur une centaine de mètre, consentant à chacun des invités à scruter avec précision l'ensemble des détails de cette collection printanière. Une gigantesque volière stylisée, opaline, trône en son centre, faisant office d'intersection entre les deux podiums adjacents. Les mannequins s'entrecroiseront sous ce chapiteau, référence à la fameuse campagne publicitaire "Coco" de Jean-Paul Goude, ou la jeune Vanessa Paradis incarnait le rôle d'un frêle canari se ballottant dans cette cage dorée. Alors, que nous réserve le nouveau cru Chanel piloté par l'équipe orpheline du studio. Peu de risques encourus en laissant l'ouverture du show au top Vittoria Ceretti, visage de la mode et de la beauté Chanel. Un deux pièces en tweed, col amplement béant, à l'intonation d'une marinière, permet d'entrapercevoir délicatement le nombril de cette belle italienne. Avec une jupe fendue sur le devant de la jambe. Aïe Aïe Aïe. Les sandales demeurent compensées avec cette allure très quarante. La chemise en mousseline vaporeuse se fait vareuse sur Loli Bahia. La veste en tweed prend des proportions trois-quarts. Beaucoup de blanc, de noir et de noir et blanc. Très Chanel en somme. Des plumes d'autruches amincies, flottant au vent, viennent encercler un col ou les ourlets d'une manche comme sur la veste de Selena Forrest. Quelques plumes savamment dosées gravitent sur les branches de solaire diffusant de faux air de danseuse du "Lac des cygnes" de Tchaïkovski. Les sequins cristallins illuminent un tweed neigeux comme sur le top américain Rebecca Leigh Longendyke. Une cape céleste, en mousseline crayeuse, se noue autour du cou de Binx Waxon. Les jupes se raccourcissent et laissent la part belle aux jolies jambes fuselées comme sur la juvénile Ella McCutcheon, nouvelle égérie maison. Idem pour les shorts qui peuvent se faire bermudas ou tout simplement rikikis. Des cols légers s'empilent les uns sur les autres comme les pages d'un roman audacieux. Les lignes restent, somme toute, traditionnelles mais s'additionnent de brefs détails détonants qui propulsent les silhouettes vers un néo-classique inspirant. Certaines silhouettes pourraient laisser à penser à des allures hivernales. Edie Campbell déambule sur le podium avec une simple combinaison aviateur immaculé, enlacé à la taille par une chaine dorée maintenue par une ramure recouverte de brillants. La veste et bermuda en cuir pétrole de Libby Bennett viennent d'un coup trancher avec toute cette blancheur ambiante. Les petites robes noires, un brin strict, col claudine ou vareuse, se fendent d'une double fente à la proue. Troublant. La mousseline est remise à l'honneur dans cette présentation avec un parti-pris pour des teintes pastel passant du vert d'eau au rose guimauve, du jeune mimosa au rose saumon. Des teintes fraiches qui ragaillardiront un été, espérons-le, chaleureux. La mousseline effleure juste une épaule en prenant l'apparence d'une cape ; ou enjolive l'ensemble d'une silhouette avec une jupe crayon et un body stretch Tie&Dye sur la néerlandaise Jill Kortleve. Quelques cardigans aux rayures inspirées de pulls marins diffusent une certaine indolence comme sur He Cong. Le tweed se tisse de lignes géométriques qui se colorent de rose bonbon, mandarine, vert pistache, mimosa. Il est souvent dévoilé en total look comme sur le deux pièces/pantalon vert sapin de Jeanne Cadieu. En ivoirin sur Natasha Poly. En carbone sur Giselle Norman. La maille, à l'effet macramé, fait son apparition sur l'ensemble bleu ciel de Penelope Ternes. Un look composé d'une mini, d'une veste déboutonnée manches trois quart et d'une brassière. Minimal. La robe rectiligne, aux genoux, rose bubble-gum, de Sihana Shalaj apparait complètement dans l'esprit de Coco Chanel. Complémenté d'un fugace boléro. Une ligne simple mais efficace. Un marcel en tweed multicolore, au décolleté profond, vient rehausser une ordinaire chemise laiteuse qu'Amélia Gray défend facétieusement. Un look décontracté mais cependant bien tenu. Le soir Chanel opte pour divergentes propositions comme la jupe crinoline, rigide, recouvrant la configuration d'une volière, dont les broderies s'inspirent des lignes architecturales de la tour Eiffel comme arborée par Felice Nova Noordhoff. Un imprimé plumes d'autruche aux tonalités colorées s'exposent joyeusement sur Alex Consani ou Karolina Spakowski. Cette reprographie singulière de la plume devient plus juvénile en usant du jeans, amplifiés par quelques micro-strass comme sur le look de Kim Schell. Puis, une dizaine de propositions en total look anthracite, couleur même de l'indéfinissable charme, mêlent mousseline, légèreté, volants, incrustation de duvets, sequins et perles de jais. Cependant, Lulu Tenney clôturera le show par un longiligne déshabillé en mousseline de soie blafard, presque virginale. L'ultime surprise est incarnée par Riley Keough, petite fille d'Elvis Presley, qui se manifeste discrètement, en reprenant l'une des chansons iconiques de Prince, "When doves cry". Riley contourne cette immense cage, y entre, pour venir s'asseoir sur cette balancelle éthérée telle que Vanessa Paradis avait pu le faire avant elle pour le lancement du parfum "Coco", au début des années 90. Une collection qui se veut transitoire en attendant la venue du nouveau directeur artistique. Un vestiaire charmant car permettant de mettre en valeur les fondamentaux même de la mode Chanel. Parfois, cette proposition mode peut paraitre lisse. Toutefois, cette collection printemps/été 2025 a l'audace de rafraichir la mémoire, de réajuster et réaffirmer ce qui définit les traits absolus de la maison Chanel : du tweed, des épaules maintenues, des chaines dorées, un tailleur droit, des escarpins bicolores, des twin-sets, des perles ou des nœuds. Ce qui finalement ne parait pas si mal. Bref, toute une série de codes identitaires iconiques qui devraient être rapidement redéfinit par le style très attendu de Matthieu Blazy.
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Printemps/Eté

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Coperni Printemps/Eté 2025 par S. Meyer et A. Vaillant
Quand la féerie Disney se met au service de la mode, elle invite à une rêverie enfantine et féerique d'une dizaine de minutes. Nonobstant, ne s'introduit pas qui veut au sein des seins, avec pour arrière-plan le célébrissime château de la belle au bois dormant. Un lieu imaginaire, propice à la douce illusion de l'enfance. Toutefois, il faut montrer patte blanche, argumenter, convaincre, raisonner, parlementer, négocier, débattre pendant des mois pour tenter d'obtenir un consensus et terrain d'entente avec le géant de l'Entertainment américain. Nonobstant, après avoir accompli quelques défilés époustouflants, il demeure plus aisé de convaincre et amadouer les dirigeants du parc de Marne-la-vallée. On peut y réfléchir à deux fois. On se remémore la robe réalisée par projection, en direct-live, sur le top Bella Hadid. Au quatuor de canidés robots qui galopent sur le podium et exécutent une danse énigmatique avec le top néerlandais Rianne von Rompaey. Au sac demi-lune opaque, composé à 99% d'air emprisonné conçu en collaboration avec des ingénieurs de la NASA, épaulé par le top masculin Léon Dame. Bref, des moments puissants et vivaces qui ont marqués les internautes et engendrés des millions de vues sur les réseaux sociaux. La fameuse recherche du buzz. Alors, tout peut être envisageable quand on arrive à générer des événements inoubliables dans l'inconscient collectif. Que ces moments en devenir soit gagnant-gagnant pour les deux partenaires. Quelle merveilleuse allégresse pour la maison Coperni lorsque Disneyland Paris accepte, pour la première fois, de prêter son image, son esthétisme comme faire valoir à leur présentation prêt-à-porter. Avec un univers pointu, entreprenant, à la pointe de la technologique, ingénieux et prescripteur, Coperni peut investir la cité des rêves enfantins à bras ouvert. Ce monde réputé et notoire des princesses, princes, sorcières maléfiques, fées, rois et reines. Sans oublier tous les personnages animaliers iconiques allant de Mickey à Minnie, de Donald à Dingo. Toutefois, le propos narratif et créatif s'insinuera exclusivement autour de la question de l'incarnation de la princesse des temps modernes. Quelle en est la vision en 2025 ? Et sa rivale, comment se personnifie t elle ? La fameuse mégère qui ne vous veut pas seulement que du bien. Un vœu enfantin enfin matérialisé pour ce duo de créateurs français, Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer. Il n'y a pas à dire mais Coperni casse une fois de plus la baraque pour cette présentation printemps/été 2025. Sans être chauvin, les maisons françaises actuelles demeurent véritablement au top du sommet de la mode. Loin derrière leurs rivales internationales. Alors oublions les mots, et laissons place à la rêverie. Avec une surprise de taille pour le bouquet final. Un moment mémorable qui infiltrera à nouveau l'anthologie et l'histoire du label. Et, un de plus.
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Printemps/Eté

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Courrèges Printemps/Eté 2025 par Nicolas Di Felice
n bassin sphérique pour point central de la présentation Courrèges printemps/été 2025. Mais pas n'importe lequel. Engoncé au sein de ce podium à la géométrie parfaite, le concept de la quadrature du cercle prend ici tout son sens. Un rond dans un carré. Un carré dans un rond. Je me remémore le fameux fusain de l'homme de Vitruve de Léonard de Vinci, détaillant idéalement les proportions de l'anatomie humaine. Ne serait-ce pas l'un des points de départ de Nicolas de Felice pour faire émerger l'esthétisme Courrèges. Tenter de frôler cette perfection au sein de son vestiaire. Car tout est réfléchi chez ce designer belge. Rien ne reste aléatoire. La création demeure perpétuellement empreinte de longues réflexions. Des vagues en sable, imitant l'eau, circule aléatoirement dans ce cercle central. Elles provoquent cette écume joyeuse et bruyante. C'est apaisant. Relaxant. L'atmosphère du lieu immaculé rehaussera les lignes stylistiques du vestiaire Courrèges. Ida Heiner ouvre le show avec l'une des "masterpieces" du printemps/été 2025. Son manteau demeure ahurissant par sa forme arquée. Presque linceul, il englobe la silhouette d'un seul trait. A la fois scarabée de pleine face, avec ce parement frontale en forme d'élytres, de profil il prend la forme d'un sarcophage égyptien lorsque la capuche alliée au dos forme un arc boutant d'une douceur imparable. Rédigé ainsi, cela paraît fort peu intelligible. Mais c'est la sensation me venant à l'esprit en l'observant. Le leggings venant jusqu'à s'enfiler à l'arrière des talons, formant une mini pyramide inversée. Il carène la silhouette plantaire comme des ailerons de formule 1. Le manteau subséquent pourrait s'inscrire dans le format d'une robe, à col cheminée. La proportion demeure rectangulaire. Minimal, il laisse deux ouvertures latérales fendues tel un coup de scalpel. S'échappe les deux bras. Un manteau camisole. Quelques solaires cachent le regard parce que cela désincarne cette femme Courrèges pour éventuellement l'idolâtrer. Elle reste énigmatique mais cependant accessible tout de même. Une collection très sombre avec quelques pièces incolores et beige. Le propos demeure essentiellement dans cette recherche perpétuelle de formats et formes embrouillées à exécuter mais qui au final surprend l'allure. Une sublimation du travail de coupe. De construction. De modélisation. Chez Courrèges, l'habileté des coupes est maitrisée de mains de maitre. Par conséquent, ne garder que quelques tonalités neutres permet de mettre en valeur les coupes de chaque modèle. Nicolas de Félice a su transcender son savoir-faire au sein de Courrèges pour l'upgrader comme l'un des labels les plus désirés et scrutés du moment. Les premiers looks pourraient totalement imprégner l'univers des sœurs Wachowski, avec des silhouettes à la Néo ou Trinity dans la trilogie Matrix. Noir, droit, vertical, orthogonal. Les lunettes amples habillent le regard d'un fumet noir. Women in black. L'effet tube s'insère dans une robe bustier droite. Elle s'offre une fermeture en forme d'aileron dorsale sur le top estonien Sascha Rajasalu. La besace seau est rikiki. Juste de quoi ajouter son smartphone. Les pantalons frôlent le sol et produisent cette silhouette cigarette. Slim. Les poches s'incarnent à travers de simples ouvertures comme sur Natasha Vojnovic ou à l'intersection des genoux sur Jeanne Cadieu. Un simple rectangle, apposé seulement sur la poitrine, fait office de simple brassière. Quant la géométrie s'applique au corps. Un marcel, en cuir ivoirin, s'offre un dos en arc de fer à cheval. Une simple bande de tissu le maintenant délicatement au niveau des fessiers. La robe virginale de Rosalieke Fuchs intègre ce même bâtit. Une complication stylistique dans une pièce d'allure minimale. Son pantalon, seconde peau, vient aussi agripper et englober ses escarpins. Les découpes sont exagérées au maximum. En arc de cercle, demi-lune ou U, elles permettent de superposer d'autres pièces comme une brassière sous une robe décolletée trop profond comme sur la française Apolline Rocco Fohrer. Ella Mccutcheon porte à merveille la version vanille d'un top, col roulé cheminée seconde peau, sans manches, brodé d'un micro sigle Courrèges. Toujours avec ce pantalon taille basse fuselé. Le sac circulaire se porte à l'épaule. La géométrie demeure véritablement le dénominateur commun de cette collection printemps/été 2025. Avec notamment les manches ailes d'hirondelles, la brassière rectangle, le dos en U, les cols arrondies, la capuche ballon, les accroches de ceinturon augmentées ou les larges lanières en cuir enclavant le pied. Irina Shark s'habille d'un crop top gris souris rectiligne, col Mao, sans manches. Son pantalon cigarette se divise par un jeu d'ouvertures évasées latérales. Un lé textile venant s'harnacher délicatement à l'arrière des deux jambes. Un effet de style mais aussi de modélisation stylistique au millimètre. Des perles, de couleur jais, viennent se juxtaposer les unes aux autres sur la robe droite d'Ali Dansky. Le manteau d'Awar Odhiang se déstructure par le jeu d'une des deux manches laissant apparaitre une fente discrète à l'emmanchure. Un lé rectangulaire vient s'apposer au niveau du cœur tel un scratch, un pansement. On aperçoit la belge Ann-Catherine Lacroix sur le podium, réminiscence d'un certain courant de beauté des années 2000, avec un long trench au double col dissemblable et dissymétrique. La robe bustier de Mona Tougaard profile cette allure de papillon gracieux avec une fine bretelle et la seconde plus évasée. Une petite robe portefeuille, en mousseline crème à pois vanille, paraît d'un coup d'une extrême finesse. D'une sensualité, elle révèle l'ensemble de la plastique parfaite de Vika Evseeva. Plus longue, elle se referme sur la silhouette comme des ailes de papillons sur la chinoise Tinglei Liu. En noir sur Luiza Perote. Anok Yai déambule avec un ensemble en cuir carbone. La brassière rectangulaire s'accouple avec une jupe pagne. Un quadrilatère pouvant être l'allégorie de "cacher moi cette poitrine" que l'on distingue et utilise régulièrement sur les réseaux sociaux pour cacher les parties corporelles dites indécentes. Une touche chamois sur les deux looks d'Angelina Kendall et Annemary Aderibigbe amène une certaine chaleur à cette présentation ne laissant que peu de place à la couleur. Toutefois, c'est le choix de Nicolas de Felice. Finalement, Loli Bahia, avec une robe rectiligne comme une porte, suivi de Vittoria Ceretti avec une robe à la ligne d'un triangle rectangle inversé, clôturent ce show toutes de noir vêtu. Une présentation qui reste un véritable hommage à l'ingéniosité de la géométrie alliée à une expertise stylistique de haut vol permettant d'engendrer des merveilles vestimentaires. Un de mes shows préférés de ce printemps/été 2025.
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Printemps/Eté

2025

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Dior Printemps/Eté 2025 par Maria Grazia Chiuri
Les Jeux Olympiques Paris 2024 ont été une formidable source d'inspiration pour la planète. Se dépasser, se transcender, porter des espoirs au delà de ses rêves, pousser ses limites, des injonctions concédant l'espoir qui permet de délacer tous les chemins du possible. Des possibles. Quand on tente d'atteindre ses rêves de toutes ses forces, en se donnant à mille pour cent, la réussite et le succès ne peuvent être qu'au rendez-vous. Pour l'ouverture de sa présentation prêt-à-porter printemps/été 2025, Maria Grazia Chiuri a eu l'idée d'être immédiatement dans la performance. La vaillance. La prouesse, l'exploit, la bravoure sont des vocables liés souvent au domaine sportif. Alors, pourquoi ne pas requêter les services de l'athlète et artiste Sagg Napoli qui, en ouvrant le show avec son sac de flèches Dior dans le dos et son arc de tir à la main, dégage le visuel d'une amazone fraiche et puissante. Une allégorie de la super woman qui, à la fois, protège mais combat sans once de crainte et d'appréhension. Maria Grazia Chiuri aime exposer la résistance des femmes. Cette femme qui indique la voie, le chemin tel un guide. Cette fois Sagg Napoli sera le mentor des jeunes mannequins maison. Une belle entrée en matière. Une collection printemps/été 2025 qui se veut sombre dès le début, voire obscure, avec une pulsation très noire. De celle qui absorbe la lumière. Une couleur indémodable par excellence et surtout passe-partout. La juvénile, Lilli Ostendarp, en semi exclusivité pour la maison, ouvre le pas avec ce maillot une pièce asymétrique. Rien à signaler. Une mise en bouche soignée mais rien de très novateur. Les bodys une pièce se suivent mais ne se ressemblent pas avec, à la fois, cet esthétisme du maillot de natation qui s'accouple des fameuses combinaisons moulantes des danseuses d'opéra comme sur Ali Dansky. Les découpes s'égayent de formes discontinues avec des manches se la jouant solos, des cols en V plongeants ou des découpes latérales tout en rondeur. Bref, un premier vestiaire qui intègre entièrement les codes du sportswear. Avec le logo Christian Dior Paris délicatement appliqué dans le bas du dos ou à la base d'une hanche. Des bottes spartiates aux rayures latérales, clin d'œil aux fameuses trois bandes Adidas. Ici on y insère discrètement le logo Dior en ses lignes. D'autres empruntent la configuration de brodequins de boxes qui s'agrémentent de guêtres. Les looks suivants, toujours en full black, assument ces asymétries discrètes qui se conçoivent notamment à la base du cou. Dégageant entièrement une épaule. Cette forme précise vient épouser et soutenir un manteau, un top, un smoking ou une robe primaire. L'épaule demeure le focus. On mise sur cette tendance mode pour le printemps/été 2025. On la découvre. Toutefois Maria Grazia intègre toujours ces fameuses pièces intemporelles dans le dressing Dior. Celles qui peuvent accompagner une silhouette pendant de longues années. Comme la robe col en V minimale de Gwen Weijers ou la robe poncho en mousseline qui dégage une des deux épaules de Jennifer Matias. La ligne "Bar", créé par Chrisian Dior, investit quelques vestes dont celle d'Alyosi S. Toutefois, les emmanchures se font courtes avec un air de kimono japonais. Se vêtir, c'est aussi méditer sur le futur, penser à une certaine qualité afin de concevoir une longévité sans faille. Des allures de ballerines musardent sur le podium. Un simple lycra élasthanne chair ajouré, la grâce d'une mousseline, le tombé simple d'une soie me remémorent ces silhouettes fluettes. Un maillot une pièce, délicatement ouvragé de surpiqûres, à la forme losange, se barde totalement de sequins argenté à l'effet miroir. Étincelant sur Annemary Aderibigbe. La chemise lactescente se déboutonne pour venir se caler sur la poitrine tel un bustier à manche unique comme sur les chinoises Tinglei Liu ou Yu Gue. Un effet de style. On se distrait avec quelques pièces vestimentaires pour les détourner de leurs habituels emplacements corporels. Rompre la routine de l'habillement. Les ceintures enserrent la taille et demeurent plus oblongues, diffusant ce visuel de "pédoncule en chute libre". Quelques damiers noir et blanc viennent effleurer les manches d'un perfecto en cuir carboglace. Presque une allure de biker chic pour An Deseyn. Idem pour un second look anthracite composé d'un bustier zippé et d'une longue jupe tubulaire. Formule 1 en vois-tu en voila. Le vocable Dior vient lécher un bomber dans une typo étirée et linéaire. On l'agrémente d'un short boxer sur Ruby Hill. Plusieurs pièces se couvrent d'un textile en nylon perforé, type tee-shirt de basket. Le pantalon baggy, taille basse, intègre des bandes latérales pourléchées du mot Dior. Au cas où on oublierait que l'on est une femme Dior. Il peut se faire jogging. Une combinaison, entièrement carbone, intègre la conformation d'une combinaison de plongée portée par Gabrielle Tapel. Avec la ceinture clipsée au niveau de la taille. Le blanc vient pourtant lécher quelques tenues décontractées. Avec en fil pointillé quelques looks sable comme le longiligne trench d'Addison Soens. Les robes, pour une fin de soirée, persistent dans des carnations d'épidermes : beige, sable, pèche, bistre, nude. Mais pour ne pas avoir trop chaud, les robes s'entourent de voiles délicats posés à même la peau et se bâtissent autour de mousselines, cotonnades vaporeuses, tulles célestes et de quelques franges perlées argentées pour briller en société. Une présentation printemps/été 2025 assez sombre par la palette utilisée. Beaucoup trop de pièces à mon goût qui, finalement, permettent de ratisser large au niveau de la clientèle. Maria Grazia Chiuri persiste positivement dans la représentation et l'imagerie de la femme conquérante, sportive, que rien n'arrête. Une femme idéalisée, sans jamais se travestir, tel sera la devise de la femme Dior 2025 qui se doit d'être rayonnante en toutes circonstances avec ses propres armes et atouts.
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Dior

Printemps/Eté

2025

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Louis Vuitton Printemps/Eté 2025 par Nicolas Ghesquière
Nicolas Ghesquière a l'audace, pour ce printemps/été 2025, de reconstituer une armée de malles Louis Vuitton en guise de longiligne podium. Une allée majestueuse et magistrale qui, avouons-le, pourrait faire envie à tous ceux qui salivent devant l'ensemble des lignes bagages allouées par la maison Vuitton. Petites, grandes, aux sigles LV ou non, à damiers, en noir & blanc, aux panachages de couleurs exquises, cet ensemble de malles Vuitton restituées excitera les pas affirmés de nos jeunes mannequins. Ne devrait en déplaire à Mr Arnault, qui ravi de l'effet escompté, demeura un excellent outil de communication pour l'ensemble de la gamme maroquinerie. Un podium instagrammable à souhait. On récupère ce marqueur fondamental maison pour nous matraquer du fameux concept inhérent à la marque : l'art du voyage. Rien de très nouveau en soit mais un code identitaire incontestable du "storytelling" Vuitton. Bien évidemment, ces malles factices, à l'impact visuel réel, définissent immédiatement la thématique du show. Alors quels vêtements pourraient constituer ce vestiaire singulier et fabuleux permettant de profiter à fond de l'expérience inoubliable du voyage ? Mica Argañaraz ouvre le show avec son air sérieux, voire pensive, mais toujours avec une dégaine hyper cool, décontractée. Nicolas Ghesquière la pare d'une veste acier, aux minces rayures alternant tonalité vermillon et lapis-lazuli. Des manches gonflées, au format demi-lune, presque à l'effet ballon, s'entrechoquent avec le reste de la veste se profilant dans des proportions structurées, droites et nettes. Des feux artifices, composés de métal et strass diamant, viennent agrémenter épaules, bas du dos et contour de la taille. Quand rotondité s'ajuste avec impassibilité géométrique. Alix Bouthors aborde une tenue similaire mais avec un jeu de rayures beaucoup plus "m'as-tu vu". Sa chemise lavallière reste ouverte et se relève de fins sautoirs en métal argenté lui croquant une allure plus destroy. Presque à la Bowie. Des cyclistes en lycra se bariolent de rainures aux tonalités brutes : mandarine, absinthe, neige ou dans un camaïeu de gris. Un bob carbone s'entiche, à intervalle constant, de pompons en chaines d'acier. Idem pour la veste trop grande pour le jeune mannequin. Les spartiates, au design carré, s'entichent d'épaisses lanières en cuir englobant le pied totalement. La fine cravate se noue en un simple nœud au creux de la poitrine. Un peu comme un bijou. Les parkas, aux manches "montgolfière", s'allient de délicats Liberty en noir et blanc. C'est "rockement" frais. Mais, aussi de tweed joyeux comme sur Awar Odhiang ou Mika Schneider. Les bermudas/corsaires, au trio de rayures, s'accompagnent de plissés délectables aux tibias par le maniement judicieux de rangées de micros boutons. Ces derniers sont aussi proposés dans des versions de tweeds colorés. La veste de Libby Bennett, crème, se rehausse au col de fanfreluches en mousseline carbone.Un oblong manteau vanille, fluide, se conforme à l'allure d'une chasuble dévote et mystique. Parfait pour solliciter saint Vuitton. Mathilda Gvarliani déploie une robe en mousseline céleste dont l'imprimé pourrait fait penser à une illusion d'optique. La veste de Dana Smith demeure dans une proportion volumineuse et se maintient seulement par l'obturation d'un bouton solo à la hanche. Une veste mastic s'égaille de parements latéraux jaune pastel. Toujours avec un cycliste en lycra anthracite et la chemise froncée ressortant. Beaucoup de sautoirs en acier ultra-longs incluant de-ci delà le sigle LV et quelques strass et cabochons diamant. Les robes en soie, col cheminé, estampent coups de pinceaux contemporains tout en se doublant d'un voile de mousseline graphite. Nicolas Ghesquière ajoute des cabochons aux irisations carbone et émeraude. Celles-ci peuvent harponner une tonalité laiteuse et rose bonbon sur Daria Zolotova. Quelques mousselines légères pour des robes cintrées, idéales pour un cocktail printanier ou une sortie entre copines. Un tantinet eighties, elles se crochent de rabats froufroutant. Parfois contrefaisant la Chantilly. Une veste carbone enfilée par Chu Wong s'enjolive de fugaces clous métallisés amalgamés de cabochons mastic. Ses escarpins plombagine s'étoffent de fanfreluches de rubans, presque à la toison d'un hérisson. Beaucoup de matières fluides et aériennes présageant une liberté de mouvement sans faille, tout en colportant une silhouette gracieuse et avenante. Les sacs se cramponnent à la main droite, toujours en solo ou en duo. Un complet bleu nuit d'une simplicité sans faille habille d'un trait Ida Heiner. Une robe vanille se plisse à intervalles réguliers par l'ajout de zips idéalement placé sur Miranda Marti. Thea Almqvist rougeoie dans cette tenue night club, totalement Palace. Des lignes verticales, abruptes, plus ou moins épaisses agrippent des robes courtes, chemises, jupes qui pourraient être issues de représentation de fanions ou drapeaux fluviaux. Nicolas Ghesquière élabore une collection composée de nombreuses pièces faciles à empoigner au quotidien. Mais, avec ce dernier, il faut toujours se méfier de l'apparente simplicité. Simple ne sous entend pas facile. Car ses vêtements, d'allure néo-classique, restent riches en détails cachés et dissimulés. Un top noir asymétrique dévoile totalement l'épaule de Felice Nova Noordhoff. En satin de soie, alternant rayures mates et miroitantes, sa coupe permet un dos totalement libre avec un effet cape. Quant à Annemary Aderibigbe, sa robe demeure dans une vibration charpentée, architecturée, presque à l'accent couture d'un Karl Lagerfeld. Le bustier gris, de forme tulipe, s'agrippe d'un tour de cou anthracite tout en s'additionnant d'un pantalon carbone à jambe unique. Le pan solo et non le Ian Solo. Sacha Quenby retrouve les mêmes proportions pour un bustier, cette fois en cuir crème. La salopette de Nanne Groenewegen s'instaure dans une découpe rectiligne et franche dont le bustier prend la configuration d'une bretelle forme en V au format XXXL. Idem pour Loli Bahia en tonalité nocturne. Un imprimé contemporain, probablement un ciel orageux ou une peinture surréaliste, à la Dali, vient enjoliver une parka col Mao de Penelope Ternes. Des sphères argentées éclosent sur celui d'Izzy Cowdell. La version chocolat de Mona Tougaard demeure somme toute à croquer. Des pièces qui s'additionnent d'une jupe composée de lanières en sequins dorés et argentés. La collection Louis Vuitton pour le printemps/été 2025 s'empare d'un vestiaire somme toute classique. Nicolas Ghesquière démontre une fois de plus sa dextérité à générer des vêtements totalement portables, désirables, tout en insistant vigoureusement, et cela sur chaque pièce, par une originalité accrue se réalisant à travers d'asymétries, de broderies florales, de lanières en sequins, de coupes croisées, de plissés, de froissés horizontaux ou d'imprimés rares et jamais vu. Bref, toujours cette perpétuelle recherche pour upgrader la silhouette vers une originalité et créativité singulière. En cela demeure la grande force de Nicolas Ghesquière.
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Louis Vuitton

Printemps/Eté

2025

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Loewe Printemps/Eté 2025 par Jonathan Anderson
Toujours circonscrit au sein de la cour intérieure du château de Vincennes, la présentation Loewe demeure l'un des rendez-vous inratable de la fashion-week parisienne. Une marque ultra désirée par les fanas de mode mais encore plus par les réseaux sociaux qui célèbrent et étalent les looks déjantés de son directeur artistique Jonathan W. Anderson. On savoure particulièrement son point de vue visionnaire et singulier. Un voyage cérébral qui nous convie perpétuellement dans des univers fantaisistes et surréalistes, avec cette mode pointue comme vecteur et langage de sa prolixe pensée. Jonathan W. Anderson ne propose pas uniquement des vêtements enchanteurs mais des idées novatrices pour enchanter la mode et le monde qui nous entoure. Ne jamais s'ennuyer demeure le mot clef. Il pousse ses fidèles, ses fanas de mode, à expérimenter l'anatomie singulière d'un vêtement ; à exprimer son être profond au travers de pièces spécifiques reflétant son soi intérieur du moment. Par conséquent, les bousculant dans leurs retranchements les plus intimes. Aussi, Jonathan W. Anderson aime révéler des artistes mineurs ou célébrer des artistes majeurs, comme au sein de cette collection. Mais aussi des mouvements artistiques insolites ou simplement classiques. Il ne cherche jamais la complaisance. Ses pièces, parfois, frisent le génie artistique ou bien frôlent le burlesque. Cependant toujours avec bienveillance. Comme la robe bustier Anthurium ou la camisole en plexi cristalline. Subséquemment, pour ce printemps/été 2025, la salle s'incarne dans un minimalise virginal. Seul un longiligne piquet en bronze surmonté d'une minuscule corneille trône au centre de la pièce tel un repère temporel. Une luminosité clinique accueille le premier look de la collection. Une robe aérienne, à l'imprimé florale, probablement en mousseline, dont la configuration se matérialise par une conformation totalement XVIIIème. La fameuse robe crinoline, volumineuse et à cerceaux. Toutefois, cette tournure textile désuète se stoppe aux genoux alors que la délicate mousseline poursuit sa route derechef, provoquant un flottement virevoltant à chaque pas. Comme la danse d'une méduse. Ca sautille, dansote, bondit et gigote. On décale ce look avec quelques chaussures bateau, baskets ou chaussures de boxes, pouvant bien faire l'affaire. Les mousselines se suivent mais ne se ressemblent pas. Seules des myriades de fleurs, diverses et variées, créent le trait d'union entre le trio des premiers looks. Quasi pèlerine, un blouson en cuir carbone convoite une forme pyramidale. Le pantalon chocolat se plisse et se replie à la hanche par l'intermédiaire d'une étiquette rectangulaire poinçonnée d'un Loewe dorée. Le travail de bâtit autour des fronces du pantalon demeure d'une indéfectible ingénierie textile. Comme un entrechoquement et collision d'ondes. Le top français, Loli Bahia, revêt cette transposition du blouson triangulaire, en cuir gris souris, complémentée d'un bermuda au camouflage militaire. L'analogue veste/cape, en simili-croco, de Karolin Wolter se teinte d'un profond brou de noix. Loewe excelle continuellement dans son savoir-faire et son traitement minutieux du cuir. Cela se perçoit dans chaque pièce qui demeure d'une souplesse sans faille. Et d'une solidité sans faute. Alix Bouthors, mannequin français incontournable des fashion weeks, s'harnache d'une robe baby-doll en sequins Majorelle, dont la mensuration mini-mini laisse naitre les prémices d'une crinoline. Un look étincelant. Ardent. La transposition mastic semble beaucoup moins coruscante. Chocolat pour Libby Bennett avec une allure au demeurant gourmande. Mandarine pour Diane Chiu. On pousse le vice de modeux en les agrémentant de bottillons de trekking ou pourquoi pas de derbys. Si la veste regagne une taille plus normée aux épaules, elle laisse, cependant, divaguer les manches aux poignets. Des tee-shirts thermocollés de plumes affichent une allure sportive avec l'effigie de motocross estampés "moto race" ; une note musicale avec le portrait d'Amadeus Wolfgang Mozart ou de Bach ; une touche picturale avec les reproductions du vase d'iris ou de tournesols de Van Gogh ou bien du "joueur à la flute" d'Edouard Manet. Idem pour un bermuda oversize reprographiant des motos trials. Un body filet s'harnache d'un croissement de filins de micro plumes créant un ensemble de losanges constants. Une sorte de résille ultra légère. Un trench anthracite, de facture commune, aux stigmates crocodile, se voit subdivisé d'un coup de scalpel sur le flanc gauche, dénudant ainsi le haut de la hanche. Sexy. Un second trench, celui de Penelope Ternes, se courbe en son revers par un système ingénieux s'achevant en trompette. Un effet cerceau. Jonathan W. Anderson a souhaité aussi intégrer cette forme pyramidale ou triangulaire à de nombreuses pièces de cette collection. Ce qui profile des visuels fascinants à la silhouette. Un design peu commun, rarement utilisé. Jusqu'à l'apparition d'une jupe beige se maintenant par elle-même dans ce format inédit. "Walk like an Egyptian" chantonnait The Bangles, groupe phare à la fin des années 80. Mica Argañaraz se voit affabuler d'une simple robe irisée trigone à la tonalité bleutée de petite sirène. Julia Nobis valorise une jupe neige recouverte de plumes immaculées. Quelques sacs bien sélectionnés éclosent au compte-goutte sur le podium dont le fameux puzzle, hit maison depuis plusieurs années. Le triangle et le cercle, formes découlant de la géométrie basique, seront finalement les deux axes architecturaux majeurs de l'ensemble du vestiaire Loewe pour cet été 2025. Additionnés d'une variété d'imprimés floraux flamboyants qui pourraient être assimilés à l'imagerie séculaire de la britannique Laura Ashley. On perçoit absolument cette leçon d'architecture textile qui se dissémine tout au long de cette présentation de prêt-à-porter. Captivant mais qui, néanmoins, interroge sur l'intérêt d'enfiler au quotidien de telles proportions déraisonnables.
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Loewe

Printemps/Eté

2025

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Miu Miu Printemps/Eté 2025 par Miuccia Prada
Toujours dévoilé au sein du siège de l'institut du Conseil Economique et Social et Environnemental de la place Iéna (CESE), la marque Miu Miu demeure l'un des ultimes défilés du calendrier parisien. L'un de ceux qu'il ne faut absolument pas louper. Bien que pour tout passionné de mode, aucune présentation ne doit être manquée. Sacrilège. Subséquemment, Miu Miu parait comme le graal à atteindre actuellement. Principalement depuis que la maison milanaise s'est mutée comme le label de plus recherché, scruté, adulé et admiré des réseaux sociaux. Une maison qui a su inspirer, stimuler, créer et animer, depuis quelques d'années, un univers contemporain et juvénile qui plait énormément à toute des générations de femme. Tout en abordant ce vif intérêt pour le progrès technologique et les écueils du monde moderne. Des collections qui sont scrutées avec minutie car uniquement dessinée par la papesse de la mode, Miuccia Prada. Raf Simons ne faisant pas parti du jeu. L'immense hall a été aménagé telle une imprimerie. Le secteur de la mode a besoin de la presse pour diffuser les dernières nouveautés. La presse a besoin de la mode pour divulguer des informations fraiches et récurrentes. Vendre du papier en somme. Un bon deal. Mais, la presse va mal. Ce n'est pas un secret de polichinelle. Sans cette dernière, la mode serait beaucoup moins attractive et perdait en visibilité et lisibilité. N'est-ce pas une manière intéressante, et sous-jacente, pour Miu Miu de soutenir ce secteur en perte de vitesse ? De lui redonner consciemment du crédit face aux nombreux autres diffuseurs de contenu comme certains influenceurs ? Un longiligne rail suspendu déverse à un rythme régulier des pages de dépêches photocopiées. Identiques à priori. Probablement une allégorie de la fashion-week ou tous les invités propagent, en même temps, au même moment, des vidéos, stories et visuels analogues, semblables, identiques. L'information circule à vive allure mais tend finalement à être redondante, volubile et rébarbative. Une sonorité de Formule 1 grommèle dans l'immense salle. Les mannequins sont dans les starting-blocks. Le départ est acté. Le premier passage me remémore un look vintage de la collection Prada Printemps/Eté 2006. La robe en cotonnade laiteuse, complètement dans une mouvance baby-doll, s'accessoirise seulement d'une paire de chaussettes montantes gris souris, ras des genoux, et d'escarpins aux bouts ouverts. Comme une adolescente voulant se frotter à l'allure de maman. Le caractère du look s'incarne par le choix de la jeune fille : Sunday Rose Kidman Urban, fille de Nicole Kidman. Une probable célébration du star-system. Mais pas que. Miu Miu aime découvrir les nouveaux visages de demain. Etre prescripteur, avant-gardiste, le label milanais adore ça. Mais, c'est aussi une manière intelligente de communiquer et de créer de l'intérêt car les réseaux sociaux demeurent fort friand de népotisme et de mise en avant de "fils et fille de". Seront intercalés dans la présentation quelques personnalités notoires comme Alexia Chung, Eliot Summer, Hilary Swank, Little Sinz, Minnie Yontararak, Cara Delevingne ou Willem Dafoe qui clôtura le show avec cette démarche nonchalante et clinquante. Presque "m'enfoutiste". Beaucoup de très jeunes filles, certaines manquant pleinement de confiance sur le podium. Une démarche un tantinet gauche, mais cela fait son charme. Un défilé rapide qui ne traine pas en longueur. Moins de dix minutes pour célébrer pléthore de looks. Le trench réversible se colore d'un fuchsia flamboyant sur Yuliana Perez. La tonalité pistache vient enduire le K-Way de Sara Caballero, en dissimulant un trench court, en cotonnade bistre. Toutefois la majeure partie de la palette "colorielle" s'étend à quelques couleurs précises comme le gris, marine, beige, blanc ou grenat. On perçoit aussi cette manière particulière d'enfiler le vêtement. Débraillé presque mal fagoté. Un col de chemise ressort du pullover quand l'autre demeure caché ; un chandail simplissime s'emberlificote autour du buste comme pourrait le faire un corset ; la chemise demeure mal configurée dans le pantalon, à la va vite ; la culotte se dédouble ; les manches se retroussent comme le soufflet d'un accordéon, presque à l'asphyxie. On discerne ce sentiment d'urgence à se vêtir. S'additionne aussi quelques pièces peu communes comme une culotte froncée ou des tongs bicolores de style thermal. Le cabas se porte à bras le corps, plaqué contre son aine. Des tourbillons contemporains en broderies viennent crocheter la jupe immaculée de Yena Cheroi. Des formes géométriques aux accents de papiers peints sixties. La mixité de la mode demeure toujours un fondamental de la maison. Un garçon à l'allure de jeune fille, Tit Kukavica, mélange jupe plissée aux trois bandes latérales, micro blouson en nylon extra-collant chamois, quasi crop-top, et mitaines en laine acier surplombées de l'étiquette Miu Miu. Des chaussettes suffisamment infimes permettent la visibilité de sa pilosité masculine, s'achevant sur une paire de baskets plates, type boxing. Aoi Ito, autre garçon, d'origine asiatique, propage aussi un look très androgyne. Mais complémenté d'un leggings cette fois.La mode Miu Miu s'érige pour tous, avec l'idée d'inclusivité. Le condensé de cette collection se veut à la fois juvénile et classique, sportif et technologique. Ajus Samuel réitère cette même configuration vestimentaire dans des tonalités plus sombres : grenat, marine et gris acier. Amélia Gray superpose un bustier chaussette marine sur un tee-shirt ivoirin et un simple jupon immaculé. Avec la délicate inscription Miu Miu apposée au niveau de la poitrine. Quelques maillots de bain, aux échancrures tout en rondeur, d'une sensualité extrême, demeurent bien souvent dissimulés par une jupe plissée grand-mère ou un simple veston, trois boutons, comme sur Olga Lane. Une jupe froncée en cuir turquoise s'additionne d'une ceinture bijou, à l'accent byzantin. Cette allure sportive, un tantinet seventies, fleure bon un esprit à la Bjorn Born. Quelques imprimés, souvent décriés de "mauvais gout", il y a fort longtemps, refont leur apparition dans des aspirations sixties et seventies. Notamment sur des trenchs et quelques polos superposés. L'un des imprimés est même ressorti des archives Prada et mis au gout du jour dans des tonalités plus froides oscillant entre le turquoise et bleu glacier. Miuccia Prada aime lier ses diverses collections prêt-à-porter dans une temporalité annexe comme si elles échangeaient et parlementaient entre elles. Conserver et entretenir une certaine valeur ajoutée au vestiaire paraît primordial même si les années passent. Remettre au gout du jour demeure l'un des fondamentaux de Miuccia Prada. Une manière simple de reconquérir, améliorer, moderniser des pièces vestimentaires déjà portées pour une clientèle de plus en plus férue de mode vintage.
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Miu Miu

Printemps/Eté

2025

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Paco Rabanne Printemps/Eté 2025 par Julien Dossena
Pour le printemps/été 2025 de Rabanne, Julien Dossena a voulu présenter sa collection simplement. Dans un écrin sans chichi. Toujours au sein du Grand-Palais, il délaisse le podium pour une allée en béton lissé. Ce fera bien l'affaire, ma foi. Frontons immaculés, duo de podiums parallèles, un minimalisme revendiqué voire un tantinet brutalisme. Probablement un souhait pour provoquer cette spontanéité, cette sincérité, qui permet de révéler la personnalité de chacune des pièces. La présentation doit être focus sur son vestiaire Rabanne. Aux oubliettes les distractions latentes. Le méga top Gigi Hadid, nouveau visage du parfum One Million, apparait mains dans les poches, complètement décontractée. Plusieurs pièces vestimentaires s'empilent les unes sur les autres, dans des tonalités douces quasiment pastel : une parka aux minces rayures, une chemise bariolée, un tee-shirt "preppy" strié que l'on additionne d'un bermuda souple dont le tissu coïncide à la toile Denim. Une allure pouvant coller aussi bien à un surfeur ayant du caractère qu'à un financier relax. Ce look fera son come-back plusieurs fois dans des coloris et agencement légèrement divergent. Une veste beige, assez ample, parait aussi élancée que la mini robe argentée portée par Liu Wen. On perçoit rapidement cette envie impérieuse de mixer vêtements d'allure classique avec des pièces plus aiguës, à l'identité bien marquée. Les sacs, en cuir rivetés, se tapissent d'une surcouche en plexi indolent. Excellent pour les cuirasser face aux ravages d'une météo incertaine. Un imprimé végétal, à l'allure de tapisserie chic, s'agrippe prestement sur le blazer d'Angelina Kendall. On s'amuse à l'ordonner d'une chemise en popeline bleu Majorelle surplombée d'un tee-shirt aux lignes incarnadin et lavande. Nombreuses sont les tenues aux accents streetwear avec cette accumulation de hoodies, tee-shirts, parkas ou blousons. Julien Dossena a souhaité, me semble t-il, transmettre cette envie à la jeunesse actuelle de redécouvrir différemment ce que peut être la mode Rabanne. Une mode plus accessible en termes de lignes, formes et matières pour des pièces qui se veulent moins ardues à enfiler. Eventuellement, moins onéreuse à produire. Toutefois quelques pièces subsistent dans ce processus de création artistique intégrale. Stella Hanan enfile cette robe hybride dont l'imprimé kaléidoscope se métamorphose en bouquets fleuris, se démarquant vigoureusement par le biais d'un background carbone. La robe se couple d'un bustier, en cuir pétrole, au design de corset contemporain. Il désigne un adorable losange en son centre permettant la mise en valeur du nombril de la belle. On recouvre cet imprimé floral à travers d'autres collections Rabanne. Une itérative maison. Le pull, vert d'eau, de Chloé Oh se tricote en maille organique, à l'embrouillamini de cuirasse argentée, dont l'irisé discret s'accomplit par l'intermédiaire d'un simple fil argenté. On exalte. En version incolore, il se manifeste de manière douceâtre sur l'américaine Rebecca Leigh Longendyke. La mini-jupe en dentelle, se teinte elle aussi, de ce vélum plastifié argenté qui saisit complètement l'univers codifié de Monsieur Paco Rabanne. Les jupes courtes, en cotonnade sable, peuvent prendre aussi une forme bouffante telle une corolle inversée. Annemary Aderibigbe diffuse cette aura magnétique avec sa robe sans manches azurin à l'allure Poiret et aux aplats argentins divaguant. La flamboyance étincelle encore plus sur la française Seng Khan avec la version rose poudrée embellie et dominée d'aplats de feuilles dorées. Un effet rouleau de peinture. Julien Dossena aime se challenger en amalgamant des matières de densité différente telle que le métal et la mousseline. D'ailleurs, la robe de Dru Campbell valide ce travail minutieux en fusionnant un puzzle de triangles métalliques argentés sur le buste, bardés de micro-perles ovales, avec une mousseline transparente aérienne de tonalité aigue-marine. En simple bustier triangulaire, il magnifie l'allure de Mona Tougaard. Les bottes, à l'apparence de shar-peï, se parent de cette intonation argentine comme les escarpins acérées, presque aiguisées. D'autres se parent de housses en plexi afin d'être protégées d'éventuelles éclaboussures comme sur le top néerlandais Felice Nova Noordhoff. Le tee-shirt rectiligne, longiligne, à la tonalité pastel, se recouvre d'un voile cristallin incrusté de fines broderies en fils d'or représentant des artefacts de feux d'artifice que l'on peut contempler sur les silhouettes de la franco-japonaise Mika Schneider ou la chilienne Sara Caballero. Le tee-shirt complexe d'Apolline Rocco Fohrer, aux rayures bicolores marines, se blinde lui aussi de cette mousseline éthérée sertie de bouquets floraux. Il en résulte un amalgame de juvénilité et préciosité qui finalement s'enchevêtre convenablement. Julien Dossena poursuit inlassablement son travail assidu et méticuleux pour renouveler son propos sur les textiles en métal. Fondement identitaire maison, on ne peut imaginer une collection prêt-à-porter sans insérer cette spécificité incontournable. Le métal parait d'une fluidité extrême lorsqu'il englobe, telle une seconde peau, la silhouette de Heija Li. Une cuirasse de Wonder Woman à la fois au sens propre et figuré. Il peut être totalement figé sur une robe droite et courte, en billes de métal argentées et dorées, portée par Victoria Fawole. Avec des proportions carrément sixties. La pépite de la collection assiège la robe de métal de Libby Bennett enduite entièrement de pampilles d'or 24 carats. La quintessence du bling-bling. Une strate florale, en cuir argenté, traverse la robe sans manches de Rosalieke Fuchs. L'effet clouté peut venir honorer le simple tee-shirt de Julia Nobis, le col du smoking d'Alix Bouthors ou le bermuda de Loli Bahia. Julien Dossena parvient, avec une habilité déconcertante, à propager élégamment cet effet métal au sein du vestiaire Rabanne tout en demeurant innovant et créatif. En pampilles, en perles, sous forme cloutée, en aplat pictural tel un coup de pinceau, en fines broderies, sous forme de dentelle ou de cuir, en ourlet, il utilise de nombreuses manières et matières pour sublimer cet effet singulier. Une collection qui parvient à connecter avec aisance les notions de décontraction et relaxation avec une préciosité que l'on pourrait qualifier de "pas tape à l'œil".
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Paco Rabanne

Printemps/Eté

2025

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Prada Printemps/Eté 2025 par Miuccia Prada et Raf Simons
Comment aborder la thématique de l'héritage sans trébucher vers une redondance soporifique, tout en tentant de sublimer l'air du temps, le futur proche ? Une manœuvre compliquée et, avouons-le peu aisée, particulièrement au sein du business de la mode dont le fond de commerce s'instaure dans la parution récurrente de nouveautés. Un rythme effréné soulignant sans cesse l'obsolescence d'une mode de saison.Une interrogation primordiale dont le duo Miuccia Prada & Raf Simons tente d'apporter des réponses à travers cette proposition de mode pour cet été 2025. S'orienter vers une mode raisonnée et durable, tel sera le propos. Un écueil dont Miuccia Prada reste convaincu depuis plusieurs années déjà. Avec notamment la mise en place de nylon recyclé au sein de différentes vestiaires (Re-Nylon par exemple) ou bien avec la collection capsule de chemises Time-Capsule, en vente 24 heures, qui piochent dans des stocks de tissus demeurés inemployés. Une thématique raisonnée, devenue essentielle et non négociable dans nos sociétés industrialisées, particulièrement auprès des jeunes générations n'hésitant plus à se vêtir de vêtements de seconde-main. Une mode qui se veut moins onéreuse et plus vertueuse. Pour ce printemps/été 2025, la maison Prada a désiré ouvrir ses placards pour en extraire de nombreux looks iconiques. Ceux des années passées qui se sont mutés en des pièces incontournables. Comment intégrer d'anciennes pièces, toujours aussi plaisantes et admirables, dans le vestiaire de la fille d'aujourd'hui. Car on recouvre d'anciens codes identitaires maison tels que les rayures chocolat, ciel et blanc ; les escarpins compensées aux embouts en caoutchouc de l'automne/hiver 2012/2013 ; les broderies en perles géométriques ; la jupe en cuir percée de rivets ; les escarpins "origami" ainsi que l'ensemble des chaussures provenant de collections passées. Bref, comment remettre ces pièces textiles en circulation sans pour autant qu'elles n'apparaissent dépassées, démodées, voire vieillottes. C'est tout l'enjeu et le message subtil que tend, ici, de véhiculer la maison Prada à travers cette collection éclectique et inventive. Quand Noor Khan, nouvelle venue des podiums, déambule sur le podium serpentin, elle dégage cette illustre fraicheur que l'on aimerait dispenser en baguenaudant. Sa robe champêtre, apostrophant un tissu Liberty, orne cette mousseline aérienne. De délicats fils en métal, cachés subrepticement au sein de la robe, permet de faire tenir la pièce droitement telle une rigidité poétique. Une habile idée. Une robe, en cuir carbone, sans manches, se damasquinent d'anneaux argentés sur la totalité du look telle une cascade de piercings. La mini jupe en cuir miroir s'imprime d'un paysage de bords de mer, déjà vu lors de la collection printemps/été 2010 sur la robe de Lara Stone ou le manteau de Kasia Struss. Un pantalon fuchsia, extra slim, a un effet collant. Idem pour son polo de teinte caramel. Quelques leggings pour une silhouette plus athlétique. Un focus clinquant est cependant perpétré au travers des accessoires dit de tête. Bob/lunette, foulard noué sur le crane avec verres intégrés au niveau du regard, solaires surréaliste au format toile d'araignée. Bref, on en prend pleins la figure. On recouvre quelques looks analogues à la collection masculine printemps/été comme le pantalon, impression chevron, embelli d'un ceinturon châtaigne en décalcomanie. La chemise banquier se carne d'un rose dragée. Il sera ciel chez l'homme. Le col et manches intègrent ce fil de fer fantôme, permettant de générer des circonvolutions textiles, à sa guise. Des pièces sur lesquelles je conseille de jeter son dévolu. Idem pour le pull trompe l'œil vermillon, seconde peau, vu aussi chez l'homme. On l'additionne d'une oblongue jupe pyramidale, effet miroir, trouée de rivets démesurés. Un pur effet de style. Des vêtements qui semblent être un trait d'union entre les générations. L'idée d'une jeune fille qui, après avoir subrepticement considéré le dressing maternel, ambitionnerait d'en extraire quelques looks afin de les dépoussiérer et les remettre au gout du jour. A sa sauce finalement. Ainsi, une jupe plissée, plutôt classique, s'accroche d'un système d'anneaux qui, ensuite, se relie à une ceinture. La marinière de Julia Nobis se crible d'anicroches et de fils décousus au niveau des rayures immaculées comme corrodée par le temps. Pourquoi pas. Beaucoup de tonalités vigoureuses comme le vert gazon, violet, bleu azur, jaune mimosa, pourpre. Alix Bouthors dévale le podium en petite culotte, aux rayures bayadères multicolores, agrémentée de sandales issues de la collection printemps/été 2020. Une micro brassière vermillon, complémenté de deux poches au niveau de la poitrine, parait carrément malséante. Une autre, en velours vert émeraude, prend une configuration de soutien-gorge de pin-up des années 40. Le manteau absinthe, de maman, se cramponne d'un col en fausse fourrure en renard roux. Comme si cette jeune fille voulait chiner des vêtements de seconde-main dans le dressing maternel. Remettre au gout du jour d'anciennes pièces vintage pour qu'elles puissent devenir à nouveau désirables, attrayante et enchanteresse, c'est un peu l'idée de ce défilé. En les fusionnant avec quelques pièces novatrices maison. Redonner à la fois de la valeur ajoutée et de la personnalité à un look. Un trench, vieux rose, intègre le fameux fil de fer caché permettant de chiffonner le tissu à souhait. Il peut aussi emprunter l'imprimé panthère pour un effet plus voluptueux. Une robe entièrement en plumes carbone, à l'aspect de jets d'eau jaillissant, s'adjoint d'une parka technique mandarine. Un pull en cachemire, aux losanges "Burlington" bleu marine et gris souris, me remémore cette couverture du mensuel Harper's Bazaar Américain avec la comédienne Nicole Kidman. Une chemise lavallière lilas côtoie une chemise sans manches aux imprimés délicats de petites fleurs des champs. Une longiligne robe en sequins argentés, à la réminiscence du style Paco Rabanne, s'incruste de miroirs en diverses tailles complémentés de strass diamant. Les idées se bousculent dans un melting-pot tutti-frutti des plus joyeux. Prada nous appel cette saison à explorer quelques pistes captivantes mais on s'attardera préférablement sur celle du "reconditionnement" d'anciennes collections. Un acte vigoureusement politique. Pas de gâchis et un geste vertueux pour le bien-être de la planète. Parce qu'un vêtement non jeté ne viendra pas polluer un fleuve, un océan ou les décharges des pays du tiers-monde. Alors, réintégrer intelligemment dans nos vestiaires d'anciennes pièces vintage avec d'inédites doit être un acte fort du quotidien. Surtout un excellent moyen de restaurer de la personnalité à un vestiaire. N'est-ce pas ce qui compte finalement : avoir du caractère.
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Prada

Printemps/Eté

2025

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Sacai Printemps/Eté 2025 par Chitose Abe
C'est au sein d'un loft industriel parisien que les fidèles de la marque Sacai se sont donné rendez-vous pour venir découvrir la présentation printemps/été 2025. Un lieu baigné de lumière par le jeu d'enfilades de baies vitrées, compartimenté en deux grandes pièces contiguës, laissant en son milieu un patio arboré. Une touche de verdure dans un monde qui ne laisse guère de place à la nature. Un espace reflétant, en quelque sorte, l'esprit de la maison Sacai : pointu, contemporain et avant-gardiste. Pour sa fondatrice qui fête ses vingt-cinq ans de maison, Chitose Abe a désiré célébrer le nouveau vestiaire en se réappropriant quelques fondamentaux de ses débuts. De ceux qui ont fait le succès planétaire du label. Le fameux héritage que toutes les maisons de luxe arguent auprès des médias. Loli Bahia arpente la première le sol en béton ciré avec un blazer marine, sans manches, au double boutonnage doré, relevé d'un foulard col Mao immaculé donnant l'illusion d'un plastron. Voire d'un lâché de foulard. Le sigle SCA s'entrelace et s'appose sur la poitrine pour ne pas omettre que l'on contemple bien le show Sacai. Ajusté de bottes équestres revisitées avec de minuscules talons bobine. Même look pour Alix Bouthors qui finalement souligne qu'un simple blazer peut faire l'affaire pour une sortie en ville. Mais tout le monde n'est pas Alix Bouthors. Chitose Abe retravaille la marinière. Elle décide de la requalifier en simple robe, rehaussée de quelques froufrous, d'épaulettes aériennes en mousseline et de légers volants. Une marinière s'accorde parfaitement avec un pantalon ample mais qui se prolonge par des sortes de voiles arrière sur Topsy. Le trench Camel, pièce récurrente du vestiaire Sacai, prend le large avec ses deux bandes latérales carbones longeant le buste comme observé sur la new-face Bodine van Galen. La ceinture tombe et claque le long de la jambe. Les bracelets dorés s'accumulent mais persistent dans une discrétion à la japonaise. Une robe anthracite peut donner l'illusion d'un trench retombant des épaules si on ne lui ajoute pas un débardeur en fine résille chair. Idée cocasse sur Libby Bennett. Les volumes viennent ourler les jambes par un jeu de volants savamment empilé les uns sur les autres. Un top se gonfle dans le dos comme une boule. Pour accroître la silhouette, un manteau et un gilet s'agrémentent d'un entassement de fils et de lanières, probablement en laine, garantissant un volume XXL. Jusqu'au large manteau de Wali en fourrure synthétique. Ou pas. Quelques escarpins se recouvrent eux aussi de fausse fourrure. La mode Sacai demeure pragmatique car elle aborde bien souvent des pièces basiques du vestiaire féminin avec parkas, vestes, manteaux. Des looks qui restent créatifs tout en explorant des lignes aisées pour la silhouette. Le jeans parait comme une autre matière textile que Chitose Abe adore arborée dans ses collections. Ici de manière brute, elle le présente sous forme de gilet oversize sur Apolline Rocco Fohrer. Il peut s'incruster sur des parties du vestiaire comme les manches d'une blouse en mousseline carbone sur Felice Nova Noordhoff. Du tissu Tartan, noir et blanc, vient embellir des robes déstructurées aux contours géométriques, avec des aplats rectangulaires comme su Alaato Jazyper. Un effet mille feuilles. Une touche de léopard en version acier sur Stef Bonomo ou plus céleste et aérien sur le top géorgien Mathilda Gvarliani. La palette de couleur demeure cependant dans des vibrations automnales avec du kaki, du pétrole, du bistre, châtain. Sacai affectionne l'utilisation au sein de ses collections de cet esprit militaire avec notamment de longues parkas, bombers, nylon ou chemises droites comme jamais. Puis, l'introduction de la couleur blanche diffuse enfin cette illumination au sein de cette collection qui confirme bien que l'on nous présente une collection estivale. De saison. Les plissés "bénitier" viennent agripper un marcel sur Penelope Ternes. Les manches d'une robe se greffent juste en dessous de la poitrine sur la tenue d'Angelina Kendall. Une collection complexe dans les formes usitées avec des froufrous, des empilements, des découpes particulières qui finalement dispense du chien à chaque pièce vestimentaire. Les tenues, en noir et blanc, grand classique de la mode, achèvent cette présentation. On gardera en tête la combi de Lulu Tenney avec ses tourbillons "bénitier" sur le buste. Presque un gribouillis stylisé. Une mode hybride qui ne s'attribue pas à la première venue. Il faut entrer dans l'esprit Sacai pour s'approprier cette vision d'avant-garde. Une mode totalement cérébrale qui dépasse le simple fait de s'habiller. Ici on s'apprête à incarner une femme d'entendement. Un prêt-à-porter qui ne parle pas à toutes mais qui, à contre sens, peut provoquer chez ceux qui les contempleront certainement des : "Whaou".
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Sacai

Printemps/Eté

2025

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Saint-Laurent Printemps/Eté 2025 par Anthony Vacarello
La maison Saint-Laurent aime propager l'idée d'un certain mystère lors de ses présentations prêt-à-porter. Rien ne doit filtrer. Tout doit rester dans un suspens suspendu. Faire sentir à ses invités cette sensation ultime que l'on intègre un club ultra confidentiel. Faire partie de ces rares privilégiés à vivre l'expérience unique qu'est un show Saint-Laurent. La team Saint-Laurent désire absolument rester dans ce concept particulier d'exclusivité. L'un des Graals de la sphère Mode. Probablement, la quintessence d'un certain luxe à la française ou la femme parisienne demeure sublimée. Parfois déifiée. Parfois fantasmée. Pour le printemps/été 2025, Anthony Vacarello a engendré, une fois de plus, un set design de folie. Majestueux. Solennel. Imposant. Les mots me manquent. A la fois simple dans son architecture élégante et minimaliste, mais complexe et grandiose par un espace démesuré, hors norme. Un ovale immense, peint à la feuille d'or, trône et flotte au dessus des invités telle une couronne. Le sol se brosse d'un lapis-lazulis magnétisant. Un écrin dont le duo de tonalité pourrait être inspiré d'un bijou antique de l'Egypte des pharaons. Quand l'esprit vagabonde, l'imaginaire laisse place à de célestes rêveries. Un espace propice à la visualisation de cette collection. Toutes les maisons de prêt-à-porter n'ont pas ce don inné pour la mise en valeur d'un espace, ni les moyens financiers d'ailleurs. C'est le cas chez Saint-Laurent. La française Topsy a l'honneur immense d'ouvrir le show, toute de beige vêtue. Son blouson à la carrure de déménageur s'enfile par dessus un blazer croisé ton sur ton. Le pantalon ample, à la pliure parfaite, vient frôler délicatement le sol lapis-lazulis détrempé. La chemise blanche s'agrège d'une cravate au duo de stries sapin et carbone. Seuls quelques pansus bracelets dorés et talons aiguilles dégainent cette touche, dirons-nous, plus féminine. Un premier look réitérant les codes de la mode masculine classique. On dirait presque une réminiscence du vestiaire de Monsieur Yves Saint-Laurent. Toutefois, il me semble que le discours d'Anthony Vacarello va bien au-delà de la simple dichotomie vestimentaire homme/femme, avec cette notion fondamentale intégrant le précepte que tout type de vêtements peut être porté par tous ceux et celles qui le souhaiteront. Peu importe le genre. Le genre n'étant plus une revendication mais une approbation. Un concept très Saint-Laurent. Les coiffures se transcrivent par un bref chignon, retenu à la va vite au creux du cou, ou bien par un mulet stylisé et déstructuré. Une vision du cadre supérieur s'impose amplement sur l'ensemble des les premiers looks. Le blouson en cuir s'étoffe par cette superposition de veste et chemise. Il peut être graphite ou miel. Presque brute de décoffrage. Les couleurs s'échafaudent autour de beige, de carbone sur Apolline Rocco Fohrer ou Liu Wen, de gris sur Mica Argañaraz, chataigne, chocolat, prune sur Loli Bahia. Des tonalités de circonstance au sein des secteurs de la finance et du commerce. Les vestes demeurent entrelacées et se maintiennent seulement par l'ultime bouton. La cravate vient enserrer les cols pour insuffler ce sérieux impeccable des cols-blanc. Une cravate qui ne vole pas au vent. On ne dédaigne pas l'introduire subrepticement au niveau du ceinturon. Les lunettes de vue font partie intégrante du look. Mais pas n'importe lesquelles. Ceux de Mr Saint-Laurent lui-même. Elles peuvent être aussi solaires, demi-fumées, pour un regard voilé. Voir sans être vu. L'imperméable tombe, tombe, tombe comme une pluie interminable jusqu'à frôler ce sol bleu nuit. Les carrures paraissent un tantinet plus amples que les épaules, permettant de dessiner cette carrure d'haltérophile, de bodybuilder. Un long trench en cuir carbone semble d'une légèreté sans pareil puisque virevoltant aux pas de Tanya Churbanova. Un bombers olive vient se superposer à une veste croisée comme sur Ajah Angau Jok. Des clones stylisés qui auraient absolument contenté Monsieur Saint-Laurent. Puis, tout change d'un coup. On file d'une silhouette très masculine à une allure féminine exacerbée. Comme si la femme Saint-Laurent, en un claquement doigt, comme par magie, avait mutée dans cette féminité exclusive. Tel un numéro de Quick Change. On passe de couleurs sobres et modérés à un chatoiement de tonalités chamarrées. Une robe, dans un esprit bohème, s'intercale de motifs floraux délicats. Presque des motifs cachemire. Une seconde en mousseline éthérée investit un accent de sous-bois. Accompagné d'un blouson en cuir carbone, ce dernier permet de contrecarrer un look un peu trop "Da dame". Des colliers de perles en bois et pierres semi-précieuses, totalement dans l'esprit créatif de Loulou de la Falaise, viennent égayer cette tenue sombre de Fatou Kebbeh. Sur Sara Caballero, sa robe gitane s'amuse de minces rayures tennis dorées. Vibrance textile. La veste-peignoir, en soie, diffuse l'aspect d'un adorable déshabillé de soirée. Un effet lingerie chic. Il parait d'une élégance sans faille lorsqu'il est complémenté d'un pantalon cigarette tel le total look de Stella Hanan. Des couleurs vives, mais toujours monochrome, viennent dérider une chemise lavallière anis et mordorée de Sascha Rajasalu ou la mini-jupe vermillon aux plissés millefeuille d'Awar Odhiang. La dentelle demeure sublimée à travers un jeu de superpositions savamment ordonné, notamment sur la pimpante Penelope Ternes. Elle recouvre une chemise vermillon, col fontaine, complémentée d'une mini vert opaline dont un pull "skin-dress", col rond tabac, vient recouvrir l'ensemble du look d'une transparence plus que légère. Une seconde peau charnelle. Le jacquard damasquine des vestes à l'allure de boléro, leur promulguant des accents eighties. On les associe de chemises à collerette cheminée, toujours en dentelle, de couleurs turquoise, carmin, aubergine ou tabac. Les jupes demeurent rikiki. Elles troublent le regard par une superposition des rangées de plissés saccadés, rehaussées de terminaison en dentelle au résultat jarretelle. Finalement se présente l'iconique veste smoking, maintes fois interprétés par Mr Saint-Laurent, supportée par le top incontournable du moment, Bella Hadid. Qui aurait pu l'attendre dans ce rôle ? Anthony Vacarello aime œuvrer à la répétition, à la ritournelle jusqu'à n'en plus pouvoir. Jusqu'à plus soif. Répéter, récidiver, reproduire, rabâcher pour marteler un discours distinct, simple et concis. On adoptera aisément les propositions de deux pièces, sans aucune complexité. Un choix pragmatique et stratégique pour des basiques récurrents du vestiaire journalier. Simple d'utilisation, cet uniforme dessine toujours une silhouette impeccable. Toutefois, pour les moments plus festifs, on pourra se lâcher en lamé, jacquard et autre brillance de tout genre. Une présentation prêt-à-porter en dualité qui allie ce gout raisonné pour un style informel, presque passe-partout, avec une allure parfois un tantinet plus provocante mais tellement plus "powerfull".
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Saint-Laurent

Printemps/Eté

2025

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Schiaparelli Printemps/Eté 2025 par Daniel Roseberry
Parce que Daniel Roseberry est devenu l'as des as de la fécondité surréaliste, la maison Schiaparelli a évolué en quelques saisons à peine vers l'un des labels les plus en vu. Voire ultra-désiré. Grâce à son ingénieuse imagination, son trait de crayon infaillible et affuté, complémenté d'un univers fantaisiste totalement assimilé, Daniel Roseberry incarne pleinement cette maison intrépide. Nombreux sont ceux qui se bousculent aujourd'hui, ne serait-ce que pour récupérer un simple carton d'invitation, pour se faufiler sur les rangs de cette présentation prisée. Particulièrement pour les présentations haute-couture qui demeurent un moment féerique. Le nec plus ultra. Pour cette deuxième collection prêt-à-porter, Daniel Roseberry a tenté de rationnaliser les lignes pour le printemps/été 2025. Des lignes et courbes qui marquent et ceignent la taille. Ici s'incarne la substantifique moelle de ce défilé : le focus sur la taille de guêpe. Daniel Rosebery l'enserre et la valorise par des corsets pouvant se boutonner, se scratcher, se lacer. La ligne primordiale doit mettre en valeur cette taille fine et bien plate. Si la femme s'était libérée du carcan du corsetage au début du 20eme siècle grâce notamment à Coco Chanel, Jeanne Lanvin ou Worth, Daniel Rosebery a parié pour un retour cadenassé et vivace de ce pur objet de supplice et de tourment. Toutefois, ici, le focus s'exécute plutôt dans cet effet d'esthétisme anatomique qu'un simple objet de torture. Du plaisir avant tout avec cette mode recourbant et remodelant la silhouette harmonieusement. Plus besoin d'une liposuccion abdominale. On enfile un corset pour recouvrer ce ventre d'une platitude sans faille. Un peu comme la ligne Skims de Kim Kardashian. Un éclairage bleuté, camaïeux d'océan, vient valoriser ce premier look d'une blancheur extrême. Cette robe chemise, aux épaules évasées, aux poignets légèrement retroussés, englobe la taille de Stella Hanan par un jeu savant de baleines dévalant la taille jusqu'aux hanches. Toutefois, un plissé nœud-papillon vient enclore les reins dissimulant le reste du corsetage. La silhouette est carénée tel un bolide tout en propageant cette sensualité désuète début de siècle. Mona Tougaard est chaloupée telle une déesse grecque avec cette taille ultra mince et cette jupe asymétrique se nouant à la taille par une longiligne tresse textile. Captivant. Kendall Jenner pénètre la pièce vêtue d'un jean nocturne dont le ceinturon prend la configuration d'une vague. Son bustier corseté, presque maillot une pièce, s'intègre au jeans. L'impression d'un ensemble combinaison. La courbure entre taille et hanches apparait carrément divine. Une robe au bustier type marcel, agrémenté d'un long zip en métal doré, entièrement confectionné de denim brut vient galber la silhouette de Candice Swanepoel comme jamais. On perçoit cette appétence, de la part de Daniel Roseberry d'introduire au sein de cette présentation prêt-à-porter des matières plus usuelles et communes telles que des cotonnades, de la popeline de coton, du jeans. Même si avouons-le ces pièces ne se porteront pas dans un quotidien normé. Le chignon est conique et maintenu à l'arrière de la tête telle un moteur à réaction. Quelques rayures classiques viennent joliement ennoblir la robe amazone d'Adriana Lima. Le corset en jeans, à la forme concave, vient épouser la taille de Vika Evseeva pour une robe tout en plissés qui ravirait très certainement Madame Grès. Les bijoux dorés reprennent les codes surréalistes maison comme le trou de serrure, la clef, l'œil. La savate épouse l'iconographie du pied à la perfection et brille de mille feux en version miroir argenté. L'idée avait déjà été initiée par Martin Margiela et Phoebe Philo. Cela permet d'introduire ce fameux décalage conceptuel lié à la maison. Daniel Rosebery introduit un imprimé inspirant régulièrement les directeurs artistiques au doux nom de zébrure. Un inconditionnel du vestiaire féminin vaguement tendance. Néanmoins, il bâtit ce manteau dans l'idée d'une peau de bête que l'on étalerait dans son salon. Arghhhh. Des pièces demeurent plus extravagantes de part leur construction comme le blouson vermillon à la forme parachute sur Rejoice Chuol. Beaucoup de charms s'agrippant au détour d'un ourlet ou sur le dos d'une veste droite. La muse et mannequin cabine, Maggie Maurer, a la primauté de cette longiligne robe, très 1900, très Worth, composée d'un voile en tulle seconde peau venant se plaquer sur un corset chair. Désirabilité à son comble. Des rayures déstructurées investissent un total look qui reste, somme toute, dans une veine traditionnelle. Du lamé chair valide quelques robes de vestales. Des linéaires de sequins agrémentent avec allégresse des jupes en maille tubulaire bleu layette ou mandarine. Angelina Kendall traverse le podium dans une robe en mousseline froncée, de tonalité turquoise, dont la nitescence peut frôler l'indécence. Toutefois, cela a son charme. Les pièces en jeans manifestent un intérêt captivant et, à choisir, on optera pour l'oblong imperméable Camel du top russe Natasha Poly. Une veste aux épaules boules gonfle la carrure de la néerlandaise Mila Van Eeten comme un bodybuilder. Quelques tailleurs estivaux, de facture classique, un brin chanelissant, ravissent les menues silhouettes comme celle de Mathilda Gvarliani. Des effets trompe-l'œil viennent questionner le regard avec notamment ce nouage 2D sur une jupe cylindrique. Un bracelet doré démesuré pare le bras d'Olivia Petronella Palermo qui ajoute un charme fou à sa robe structurée, très Mugler. Un cercle pur gold égaye le plexus solaire de Liu Wen. Quelques pièces en noir et blanc pour des soirées de la haute comme avec le manteau smoking de Carolne Trentini. Lulu Tenney demeure divine, presque d'un autre temps, dans ce manteau oversize triangulaire, complètement Poiret. Des broderies florales 3D épinglent le body de Loli Bahia et la robe cocktail de Selena Forrest qui clôture le show. Daniel Roseberry a su concilier un savoir-faire couture avec une ligne prêt-à-porter qui, me semble t-il, s'intègre plus aisément dans un schéma au quotidien. Le vestiaire investit cependant une facture très luxueuse, tout en tentant d'optimiser et toucher le plus grand nombre de femme. Toutefois, il sera préférable de tendre vers un physique plutôt athlétique si l'on souhaite porter ces trésors vestimentaires aux contours flatteurs et affriolants. En résumé, être une sylphide des temps modernes.
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Schiaparelli

Printemps/Eté

2025

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Valentino Printemps/Eté 2025 par Alessandro Michele
Il y a de ces moments mode qui paraissent faire languir les fashionistas plus que d'autres. De ceux qui attisent la convoitise, l'excitation, presque une dévotion fanatique. Des laps de temporalités restreints, juste celui d'un défilé, qui prennent énormément de valeur, stimulant les esprits et incitant à générer du Buzz. Cela cadre totalement avec cette présentation Valentino pour le printemps/été 2025. Simplement parce qu'il est le premier défilé prêt-à-porter d'Alessandro Michèle pour cette iconique maison romaine. Après le départ de Pier Paolo Piccioli l'année passée, la nomination d'Alessandro Michèle avait déjà fait des émules. Ce maestro de la mode avait déflagré le chiffre d'affaires de Gucci, tout en lui dispensant un esprit plus gender fluide. L'idée d'une ouverture d'esprit plus ample, d'une beauté baroque et divergente, d'androgynie et de cool attitude. Un vestiaire Gucci destiné à tous ceux et celles prêts à enfiler n'importe quelles pièces de leur choix. Avec son arrivée à la tête de Valentino, maison réputé pour ses silhouettes chics et lignes éthérées, presque couture, on se questionne : comment Alessandro Michèle pourra faire évoluer, sous ses traits de crayon affutés, les codes identitaires maison ? Élémentaire peut-être et surement réducteur, mais Alessandro Michèle reprend les recettes appliquées chez Gucci pour les apposer chez Valentino. Notamment dans la manière de présenter ses créations textiles. Une sorte de copié collé. Pourquoi changer une manière de faire, qui marche en soi, a été éprouvé et a fait ses preuves ? Intitulé "Pavillon des folies", des abat-jours couverts d'une simple étoffe, des guéridons bâchés de nappes en lin, d'oblongs rideaux plissés enfermant le podium, un sol en miroirs fissurés, craquelé tel un lac d'hiver laissant les traces de patineurs sur glace, ce salon laissé à l'abandon dispense un sentiment d'une certaine fragilité de l'existence. Une symbolique existentielle : parfois la vie ne tient qu'a un fil. Quand les looks défilent coté pile, ils demeurent dans une vibration chic et apprêtée mais en glissant le regard au sol, on entre de l'autre côté du miroir. Leur forme se déstructure, se trouble, se désorganise. Une proposition forte avec deux manières de les appréhender. La première robe noire, droite, s'incruste d'un trio de nœuds papillons sur la poitrine et s'achève par un volant froncé juste au-dessous des genoux sur Summer Dirx qui ouvre le show. On pimente la silhouette en y ajoutant un collant carmin vif vif vif. Une capeline immaculée vient s'accorder à une chemise en soie à pois carbone. Avec un jeans taille haute. On marche à pas lent afin de bien scruter les détails de chacun des looks. Une robe en mousseline azur s'accompagne d'une ceinture Obi couleur absinthe et d'une collerette alcalescent, dans l'esprit "Pierrot". Les froufrous longent une robe en mousseline à l'imprimé plumes de perdrix. Les turbans et voilettes encadrent de délicats visages. Toujours cet esprit bourgeois vintage. La veste magique d'Eleanor Chambers, entièrement de sequins, se brode d'arabesques fleuries amalgamant de multitudes coloris chamarrés me remémorant quelques belles pièces du vestiaire couture de Monsieur Saint-Laurent. Un esprit bohème s'incarne aussi dans le stylisme par le mélange d'imprimés riches, type cachemire, et de broderies perlées. Une chasuble se couvre d'énormes motifs cashmere comme sur Ivy Stewart. Des liberty floraux tapissent de longues robes en mousseline dans des camaïeux de mauves, violine, champagne, bleu ciel. Beaucoup de belles pièces précieuses pour des occasions singulières comme cette veste en sequin carbone de Yi Pang, des broderies têtes romaines sur Coumba Mballo ou un ensemble aux design années 20 sur Francesca Anelli. Alessandro Michèle poursuit l'idée, voire quête déjà exploré chez Gucci, d'amalgamer des pièces n'ayant pas de liens ensembles, comme un méli-mélo, afin de générer des looks improbables. Un esprit lingerie se dégage avec des déshabillés, peignoirs, collants en dentelle de calais, brassières, bodys comme sur les mannequins Edna Laribwami et Rosa Kira Kosyan. Quelques looks masculins avec une allure bon chic bon genre. Une veste smoking fuchsia s'ourle d'un col vermillon sur Kieran Richber. Un manteau sans manches se brode de fils dorés représentant des branchages ou l'on peut distinguer un duo de paons sur Andrei Semenov. Des gants en dentelle laiteuse parachève le look preppy, composé d'un blazer marine, au trio de boutons dorés et d'un pantalon large mastic recouvrant les empreintes des délicates brisures de miroirs sur le juvenile Otto Galli. Toutefois, d'autres looks contrebalancent cette excès de bon gout pour laisser apparaitre une certaine décontraction avec ce jeans baggy, une ceinture boucle V et un pull chamois au tressage cannage. Les pois carbone imprègnent un smoking Camel qui se ferme par l'intermédiaire d'un nœud en gros grain vieux rose sur Signe Michaelsson. Le fameux rouge Valentino vient marquer visuellement ce vestiaire via une oblongue robe en mousseline ceinturée d'un gros nœud anthracite au niveau de la taille. En plus de sa collerette désarticulée, elle se bouffe aux manches et s'achève par une vague de cinq volants. En simple capeline sur Yura Romaniuk. Une écharpe multiple, en plumes de cygne, se porte à l'épaule comme vue sur Ava Shipp. Une touche indocile se propage avec ce demi piercing nasal. Alessandro Michele poursuit toujours ce schéma de présentation avec des looks qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Une lolita croise une baby doll, une femme bohème s'intercale avec une jeune première se rendant au bal de promo, une lady délurée rejoint une séductrice glaciale. Probablement beaucoup de stéréotypes mais c'est comme ça. Une présentation aux multiples facettes et influences ou le maitre mot pourrait être l'édification d'un style maximaliste et exubérant. Une opulence flamboyance. Les inspirations traversent les décennies allant des sixties, seventies, voire eighties pour ennoblir et flirter avec le printemps/été 2025. Des propositions de looks très variés permettant de trouver aisément des pièces qui siéront sûrement à sa silhouette et son humeur du moment. Des influences baroques, raffinées, constituées d'une mosaïques de références générant des pièces totalement couture. Une première collection validée mais qui devrait, il me semble, intégrer au fur et à mesure plus de traits identitaires Valentino.
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Valentino

Printemps/Eté

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