Défilés Printemps/Eté 2026
Par
Yann Gabin pour PlaneteMode.com
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Alaia Printemps/Eté 2026 par Pieter Mulier
Les écrans prennent une place de plus en plus conséquente dans nos vies actuelles. On ne peut presque plus s'en passer. Rare demeure les endroits qui en sont démunis. Pieter Mulier souhaite intégrer ce propos avec subtilité, intelligence et humour dans son défilé printemps/été 2026. Pour sa présentation Alaia, il initie au sein de la précédente fondation Cartier, cube de verre hypra moderne, à une mise en scène épurée mais technologique. Deux écrans leds démesurés seront disposés, l'un en guise de podium, le second en plafonnier tel un ciel numérique. Pour un rendu totalement immersif. Le sol et le plafond projettent les images des visages des mannequins castés. Un effet miroir captivant. Une disposition mettant en avant l'idée que le corps et le vêtement demeurent au centre du spectacle. Un cocon numérique qui devrait générer émotions, troubles, désarrois, voire tirer quelques larmes aux quelques invités triés sur le volet (à peine 200). Tout cela à peine en une dizaine de minutes. Le but étant la recherche de la beauté pure. C'est Lauren Huyskens qui ouvre le pas numérique avec cette simple blouse blanche, large, col roulé, s'achevant juste en dessous des fessiers. Une chemise robe. Minimalisme radical. Des collants, mandarine, agrippent de fines et longilignes franges, initialisant l'idée d'un pseudo pantalon ou cuissardes frangés. On ne sait pas comment définir cette pièce textile. Toutefois, un effet visuel color bloc s'initie. Noor Khan suit Lauren Huyskens avec une tenue recouvrant la même tonalité que ses franges. Ces dernières vont jouer un rôle primordial tout au long de la présentation. Elles sont comme un lien entre la première et la dernière silhouette de Pieter Mulier. Elles égayent et concèdent du mouvement aux collants, manteaux et jupes. Leurs animations peuvent remémorer, symboliquement bien évidemment, l'idée d'une vibration émotionnelle. Pieter Mulier introduit l'idée d'hybridité textile. On se questionne si la longiligne jupe demeure un sarouel ou bien une simple jupe s'attachant aux chevilles comme sur Noor Khan ou Selena Forrest. Cette approche génère un effet trompe-l'œil permanent. Des robes chair, nude, totalement seconde peau, un tantinet Skim, reprennent le concept du cocon sur Annemary Aderibigbe ou Athiec Gend. Elles enserrent la silhouette telle une chenille au sein de sa chrysalide. Ne reste plus qu'à attendre le moment propice pour révéler le papillon. Awar Odhiang se pare, elle, d'un pull col roulé seconde peau ébène qu'elle mixe avec une jupe/pantalon rose pâle, aux nombreux froncés formant une pyramide inversée. Des jupes se veulent saillantes plutôt que volumineuses. Beaucoup d'idées envoûtantes avec notamment des jupes asymétriques émeraude ou absinthe se parant de pompons/embrasses, ton sur ton, comme sur Iasmin Reis ou Leticia Hall. Le trench carbone de Jiahui Zhang laisse apparaitre, via une découpe savamment étudiée, un pantalon plissé ivoirin. La silhouette bleu canard de Sarah Isaksen laisse totalement perplexe : combinaison, salopette hybride ou robe col roulé ? Idem pour la silhouette chamois de Felice Nova Noordhoff. Epaules dénudées sur Alex Consani. Le manteau volumineux, composé de laine frangée crème, sur Nastassia Legrand, sera du meilleur effet pour un été frisquet. Lulu Tenney enfile une ample robe, col cheminée, presque chasuble, qui en son milieu intègre toute une rectiligne de micro-fronces, créant un puissant contraste entre simplicité du pourtour et complexification du centre. L'idée pouvant se traduire par une dramaturgie subtile où les silhouettes semblent maintenues puis libérées d'un coup. Pieter Mulier s'amuse avec cette tension et séquestration corporelle. Quelques matières dominent cette présentation avec le coton, cuir et soie. On aperçoit une unique silhouette composée d'un imprimé python via le manteau droit porté par Libby Taverner. D'autres manteaux deviennent de véritables sculptures textiles. Certaines pièces se composent de strates frangées, torsadées, diffusant un volume organique. D'autres subsistent dans une certaine sobriété géométrique comme celui porté par Beauise Genc-Ferwerda, avec son large col cheminé, ses épaules tombantes et son ourlet rectiligne. Quelques pointes de couleurs vives via des longues jupes asymétriques, ajourées et plissés : cerise sur Ajus Samuel, tournesol sur Vanessa Becker, vert matcha sur Anna Hoyos. Une présentation prêt-à-porter qui pourra être perçue comme l'une des propositions les plus conceptuelles, audacieuses et introspectives de la saison printemps/été 2026. Parce qu'au-delà du simple vêtement, Pieter Mulier nous interroge fortement sur la place du corps et son rapport aux textiles innovants. Persévérant à extraire le meilleur de l'héritage d'Azzedine Alaïa, il offre une clairvoyance sur la mode qui balance entre architecture textile, sensualité maîtrisée et réflexion presque philosophique sur la situation sociétale. Une collection qui repose aussi sur un axe central puissant : la tension. Une résistance qui se perçoit entre protection et exposition du corps ; entre simplicité et complexité technique ; entre émotion et pureté formelle. Ainsi, cette collection propose une évolution de silhouette en silhouette c'est-à-dire qui circule d'un body/cocon spectaculaire vers une explosion d'élégance assumée, avec des silhouettes alternant minimalisme austère et expérimentations radicales. Sculptural, cette présentation Alaïa printemps-été 2026 reste une démonstration de maîtrise absolument technique. Merci les ateliers Alaia.
 

Alaia

Printemps/Eté

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Alexander McQueen Printemps/Eté 2026 par Sean McGirr
 
 

McQueen

Printemps/Eté

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Balenciaga Printemps/Eté 2026 par Pierpaolo Piccioli
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Balmain Printemps/Eté 2026 par Olivier Rousteing
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Printemps/Eté

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Chanel Printemps/Eté 2026 par Mathieu Blazy
L'automne 2025 a marqué un tournant historique pour la maison Chanel. Le directeur artistique Matthieu Blazy, créateur franco-belge, précédemment chez Bottega Veneta, vient de prendre la direction artistique de la maison Chanel après le départ de Virginie Viard, en juin 2024. Sa première collection prêt-à-porter printemps/été 2026 sera donc l'un des moments les plus attendus de la fashion week parisienne, symbolisant à la fois la pérennité et la transmutation de cette maison emblématique de la mode française. Il a été choisi pour insuffler cette énergie nouvelle à la maison Chanel qui, ces dernières années, avouons-le, a connu un certain ralentissement créatif. Peut-être un peu trop classique et redondant. Sa vision devrait se situer à la confluence du respect des codes historiques de Chanel (tweed, perles, jersey, matelassage, silhouette garçonne, nœuds, etc) et d'un souci de renouveau décontractée. Le décor du Grand Palais a été transformé en une incroyable "galaxie Chanel", composé d'un cosmos, de constellations, de planètes et d'étoiles suspendues au-dessus du podium. Probablement une référence à la conception du vêtement comme universel et intemporel. Une mode qui dépasse les frontières et les générations. Matthieu Blazy a expliqué qu'il voulait un "univers comme un rêve, hors du temps" : une sorte d'espace qui ne se contente pas de montrer des vêtements, mais invite aussi à une imagination collective. Un rêve partagé par tous, sous le même ciel étoilé. Une expérience complètement immersive. D'ailleurs, la décoration du show a été l'un des éléments les plus commentés et photographiés sur les réseaux sociaux. Les invités étaient littéralement au centre de cet univers Chanel, où la scénographie dialoguait directement avec les silhouettes. Une mise en scène gigantesque qui renoue avec une tradition chère à Chanel, notamment sous le règne de Karl Lagerfeld, qui aimait faire de chaque défilé un événement immersif et théâtral. Les planètes et l'espace peuvent ici servir de métaphore à la liberté, l'universalité et l'intemporalité. Quelques valeurs fondamentales de la maison depuis Gabrielle Chanel elle-même, qui voyait dans le ciel et les étoiles une source d'inspiration. Notamment, avec sa ligne de joaillerie nommée comètes. Si Matthieu Blazy puise dans l'ADN Chanel avec des tweeds, quelques double-c, des silhouettes garçonnes, mais aussi féminines, il opère des réinterprétations subtiles. La première silhouette portée par Aditsa Berzenia se compose d'un simple blazer crop-top et d'un pantalon en lainage en tissu pied-de-poule. Le look que Michele Obama utilisera pour la promotion de son livre. Une collaboration avec la maison Charvet fera parler la presse avec tout son lot de belles chemises en cotonnade bien découpées. Tellement pratique au jour le jour. Le tweed est dépouillé de son formalisme, rendu plus limpide. Il est travaillé et tressé de manière organique. Mais on y ajoute des plumes, des perles pour le rendre précieux. Pour être honnête, comment ne pas aborder cette matière textile alors qu'elle demeure la base identitaire primaire et primordiale de la maison Chanel. On la retrouve exécutée en des textures plus souples, parfois associée à du jersey, de la soie ou de la viscose permettant de générer une sensation de fluidité et de mouvement. Des silhouettes qui demeurent moins raides, plus spontanées et faciles à enfiler. Certainement, le reflet d'une époque où le confort et une autre idée de l'élégance se côtoient sans tension. Les silhouettes peuvent être déconstruites avec des coupes plutôt décontractées comme les blazers boxy, jupes à taille basse, pantalons allongés, robes légères. Matthieu Blazy a introduit quelques touches ludiques et poétiques avec des trompe-l'œil et des broderies très détaillées, dérivant du travail artisanal de l'atelier Lesage et autres manufactures historiques. On aperçoit une tige de blé aux fils dorés sur le top en mousseline de Noor Khan, un envol d'oiseaux émeraude sur la jupe carbone de Malin Rudnick ou quelques bouquets de délicats bourgeons jaunes sur la robe en mousseline anthracite de Felice Nova Noordhoff. Mathieu Blazy n'oublie pas d'incorporer les fameux accessoires réinterprétés qui seront pour certains les hits de la saison. Les sacs 2.55 sont retouchés, toujours gracieux mais plus relâchés. Matthieu Blazy a souhaité une première collection qui ne soit pas seulement élégante, mais frétillante, accessible, capable à la fois de parler autant aux clientes historiques de Chanel qu'à de nouvelles générations. L'idée est surtout cette vision contemporaine du vêtement et universelle de la femme, qui mêle liberté, fonctionnalité, héritage et renouveau. S'il y a un moment mémorable de cette fashion week, c'est aussi l'instant ou le mannequin Awar Odhiang, en clôturant le show Chanel, dans sa robe composée de mille plumes multicolores, décide d'effectuer un 360 degré sur le podium, sourire éclatant, applaudissant chaudement, en venant féliciter Mathieu Blazy à bras le corps. Cet instant précis restera le moment le plus observé de la fashion week printemps/été 2026 sur les réseaux sociaux, notamment Instagram. Un moment suspendu qui a fait passer Awar Odhiang dans une autre dimension du mannequinat, celle des mannequins iconiques. Qui comptent. Le show a largement été salué par la presse et l'industrie. De nombreux critiques et éditeurs ont mis en avant le fait que Blazy a su réconcilier l'esprit de Chanel avec une énergie nouvelle, donnant du sens à sa vision tout en respectant l'ADN de la maison. L'ambiance du show, mêlant spectacle, émotion et créativité, a rappelé l'importance de Chanel comme plateforme de théâtre et de poésie dans la mode.
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Chanel

Printemps/Eté

2026

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Coperni Printemps/Eté 2026 par S. Meyer et A. Vaillant
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Courrèges Printemps/Eté 2026 par Nicolas Di Felice
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Printemps/Eté

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Dior Printemps/Eté 2026 par Jonathan W. Anderson
Le défilé prêt-à-porter printemps/été 2026 de Dior se déroule dans un immense espace, assez minimaliste, ou trône en son centre une pyramide à la tête inversée qui fera aussi office d'écran. Un set-design immersif, numérique, conçu par le réalisateur Luca Guadagnino et le scénographe Stefano Baisi. D'une durée de cinq minutes, projeté sur ce gigantesque dispositif, les flash-backs "témoignage", créé par le documentariste Adam Curtis, propulsent des images d'archives Dior et des extraits cinématographiques diffusés à grande vitesse. Une sérénade électro intensifie les différentes scènes narrant l'ensemble du travail stylistique réalisé chez Dior par les précédentes générations de directeurs artistiques allant dans l'ordre chronologique d'Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Férré, John Galliano, Raf Simons et Maria Gracia Chiuri. Un film émouvant qui, à la fois, clôt le spectaculaire chapitre de quatre-vingts années de créations tout en permettant d'ouvrir la nouvelle ère dédiée à Jonathan W. Anderson. Une métaphore ou l'héritage Dior est conservée tel un trésor dans cette pyramide coffre-fort dont Jonathan W. Anderson aura la charge d'en faire fructifier tous les angles. Pour ce premier défilé prêt-à-porter féminin printemps/été 2026, Jonathan W. Anderson propose de s'attaquer à plusieurs styles de silhouettes : robes froncées fluides, vestes cintrées inspirées de la ligne Bar, capes longilignes, robes en dentelles et mousselines, imprimes floraux délicats. C'est Dana Smith qui a l'honneur d'ouvrir le bal avec une robe bustier cocktail, alcalescente, à la forme corolle, composée de plissés asymétriques. Deux nœuds, l'un au niveau du cœur et l'autre sur le revers gauche, se renvoient la balle. En version bleu acier sur Mona Tougaard et anthracite sur Chloé Paradès. Je remarque, aussi, les nombreux couvre-chefs particuliers, comme les tricornes Pisans, que Jonathan W Anderson propose de chapeauter sur une dizaine de jeunes filles. Ils me remémorent ceux portés par certains marins vénitiens. Une manière de théâtraliser sa mode. Toutefois, je m'attarde surtout la fameuse ligne du tailleur Bar qui demeure, dans l'imaginaire collectif, comme une pièce iconique de la maison Dior. De celle qui demeure presque intouchable. L'idée étant d'en réduire la taille, la forme pour véhiculer une perspective novatrice de cette veste créée par Christian Dior en 1947. La ligne s'arrête juste en dessous de la ligne du nombril et donne au buste un effet rapetissant. Une veste cropée. Petit buste et longues gambettes, réminiscence des Parisiennes du dessinateur Kiraz. Loli Bahia la porte dans un joli lainage moucheté incolore avec une mini plissée qui distribue du volume à l'arrière-train. Comme une queue de paon au repos. Au format smoking sur Lota Blaskovic. Idem pour la veste de Georges Anderson qui s'accompagne d'un renversement et inversion textile au niveau des poches approchant l'effet tourbillon. Mais, aussi, un effet panier. Les nœuds s'insèrent un peu partout dans cette collection : autour du cou, de la taille, sur les chaussures, sur un ourlet et peuvent s'édifier dans des formats mini ou XXL. Les mini-jupes demeurent extrêmement courtes et dans un format rectangulaire. Elles sont proposées en jeans sur Charlotte Boggia et Ambre Roumeau. Jonathan W. Anderson la propose en cotonnade légère pouvant se rehausser de tartans discrets. D'autres minijupes sont exécutées en mousseline au dimension boule sur Emma Waters, aux froufrous floraux sur Libby Taverner. Un travail captivant sur les pliages textiles diffuse du relief à la minijupe fleurie de Dru Campbell. Comme une nuée de vagues venant se cogner les unes après les autres. Des combinaisons trompe-l'œil, des bermudas corsaires, la femme Dior pourra jouer à la flibustière. La robe, en dentelle carbone de Noor Khan, totalement transparente, se greffe dans le dos d'un éventail en trois dimensions. Une autre robe gris acier s'achève à compter de la taille par un savant tressage géométrique. Presque comme un enchevêtrement de pages venant s'entasser les unes sur les autres. La robe plissée de Julia Nobis, à la fois d'une simplicité déconcertante visuellement parlant et d'une complexité au niveau du maintien, s'apparente à une allure de méduse. Avec deux bouquets de fleurs blanches venant se greffer à la base des emmanchures. Une construction habile de modelage, constituée de fins plissées, nouée joliment autour de la taille, presque l'idée d'une multitude de pinces, permet au pantalon d'augmenter ingénieusement son amplitude comme sur Kaat Van Herbruggen. D'oblongues capes, presque élytres, se nouent par un simple lien au niveau du cou. Avec le mot Dior au niveau de l'épaule comme sur Leticia Hall ou Agnes Wahlstrom. La cape peut se proposer en simple mousseline lactescente comme un voile aérien sur Malin Rudnick. Mica Arganaraz porte, elle aussi, une cape mais en version plus courte, alternant rayures lapis-lazulis et pétrole. Deux manteaux, un chocolat au lait, l'autre vert gazon, se dotent de deux fortes pliures en V sur le buste permettant un effet gonflement sur le buste, comme sur Shushu Cyer ou George Anderson. Des tenues plus sportswear, en maille de coton gris chiné, défile sur le podium. Le pantalon cigarette se fait jogging. Il s'accompagne d'un sweat qui s'accouple d'un trompe-l'œil plastron neige comme sur Rejoice Chuol. En version crème pour le final de Mica Arganaraz. Malin Rudnick clôture le show avec une robe cocktail composée de nombreux petits pétales qui est sans moins rappeler la fameuse robe pétales de Christian Dior, la mythique robe Junon de 1949. Jonathan W Anderson la revisite en la faisant plus courte avec des broderies de dentelle et un simple haut blanc à col. Le clin d'œil à l'héritage de Monsieur Christian Dior. Lorsque l'annonce de la nomination de Jonathan W. Anderson à la direction artistique de Dior a été divulguée, cet événement a totalement enchanté la planète mode. Reconnu pour son indéniable amour pour la culture et l'Art contemporain, il avait déjà usé de ceux-ci pour ses collections prêt-à-porter chez Loewe. Au-delà d'une vision conceptuelle et expérimentale de la mode, Jonathan W. Anderson a su avec brio s'approprier les codes de la maison Dior. Avec sa puissante culture mode, il devrait trouver une vibration originale à l'héritage monumental de la maison Christian Dior, tout en ayant son libre-arbitre à son identité créative. Un challenge qui devrait être aisément relevable pour le créateur irlandais.
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Dior

Printemps/Eté

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JPG par Duran Lantink Printemps/Eté 2026 par Duran Lantink
 
 

JPG par Lantink

Printemps/Eté

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Givenchy Printemps/Eté 2026 par Sarah Burton
 

Givenchy

Printemps/Eté

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Louis Vuitton Printemps/Eté 2026 par Nicolas Ghesquière
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Louis Vuitton

Printemps/Eté

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Miu Miu Printemps/Eté 2026 par Miuccia Prada
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Miu Miu

Printemps/Eté

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Paco Rabanne Printemps/Eté 2026 par Julien Dossena
Pour le prêt-à-porter Rabanne printemps-été 2026, Julien Dossena a axé sa vision sur des vêtements retro-futuristes combinant une mixité de couleurs douces et savoureuses avec des formes tout en sphéricité. Des tenues comme de petites confiseries. Il parie sur des tonalités pastel et vives pour une saison estivale qui se voudra être, à la fois, tonique et charnelle. On bannit le noir et blanc. On en a marre. Il donne un élan vitaminé avec des puissantes vibrations stylistiques liées notamment à l'univers du surf et des sports nautiques. Les pantalons "combi de plongée" demeurent présentes et prennent différentes confirmations : une écharpe s'incorporant autour de la taille comme sur Mahi Kabra ou Rebecca Leigh Longendyke ; un autre se fait complétement legging avec une bande au niveau des genoux sur Bai, Dana Smith, Ella Dalton ou Mack Karpes. Certaines combis ont l'air d'être en tissu néoprène moulant bien les jambes pour garder sa chaleur corporelle dans une eau bien glacée. On aperçoit aussi quelques pantalons corsaires déambulés de-ci delà. Des vêtements dispersant l'envie de se rendre à la plage. Julien Dossena propose quelques imprimés "clichés" qui matchent bien avec le style surfeur sauvage. Celui qui fait rêver aussi bien les filles que les garçons. Il retravaille notamment les silhouettes de palmiers sur fond de coucher de soleil en tie & dye sur la robe de Libby Bennett. Les fleurs hawaïennes s'agrippent sur le tee-shirt grenat de Mack Karpes, la robe bustier soixante de Libby Taverner ou l'élancée robe à bretelles kaki de Jacqui Hooper. Avec parfois une boucle de ceinture ovale géante. Les chemisiers s'ouvrent sur le buste par une découpe sphérique laissant surgir des soutien-gorge balconnet très fifties. Assurément les brassières seront l'une des pièces phares de cette présentation printemps/été 2026. D'ailleurs elles pourront prendre des proportions de bustier, complémentées de broderies "broches étoilées" sur Dru Campbell. Un peu trop désuet à mon humble goût. Mais pourquoi pas. Le pastel diffuse cette touche soft, sucrée, savoureuse, à certaines tenues. Les broderies prennent la configuration de palmiers sur la chemise de Chu Wong. Les robes en mousseline ont des airs de Baby-Doll. Certaines prennent de l'ampleur avec un système de baleine comme sur Sacha Quenby ou d'autres demeurent plus fluides telle une plume comme sur Karyna Maziar ou Yun Seo Woo. Des petites fleurs 3D peuvent venir ourler une jupe et ses pourtours. Un tissu floral, toujours très cinquante, s'appose sur le maillot de bain assurément désuet de Mathilda Gvarliani. Toutefois, l'effet rétro vintage marche bien. La minijupe d'Awar Odhiang se bâtit autour d'un mille-feuille textile bâtit autour de ramures et poches d'or. Presque comme une couverture de survie. Cela contraste entièrement avec son polo à rayures bayadères bleu ciel. En version argentée sur Noor Khan avec un gilet en cuir sans manches oversize. Un clin d'œil à l'univers métallique lié à l'identité Paco Rabanne. Le tartan s'inscrit sur une chemise bleu marine. Elle est nouée façon cow-boy sur Dana Smith. Quelques pièces en cuir avec notamment cette robe à fines bretelles chocolat rebrodée d'origamis floraux sur Apolline Rocco Fohrer. Les solaires valent aussi le détour par leur configuration en forme de masque de plongée. On adore cette prise de risque. Beaucoup de colliers et broches en fleurs argentés venant se gripper autour du cou, d'une hanche, d'une épaule, d'un buste. Le prêt-à-porter imaginé par Julien Dossena ne sera pas technique au sens strict ; il reste bien ancré dans une certaine poésie avec des aspects assez doux, bariolé avec quelques aplats géométriques et rétro notamment dans la forme des soutien-gorge, terriblement 50. Les références aux années 1960, période fondatrice de la maison Paco Rabanne, s'entremêlent aussi avec des codes dans l'air du temps comme le sportswear raffiné avec les polos à rayures bayadères sur Awar Odhiang ou Silouane V. Les matières peuvent être fluides comme la jupe pastel saumon de Marylore Heck ou la robe corsetée en mousseline jaune clair d'Alix Bouthors. Julien Dosena tente avec brio de tirer l'héritage Rabanne vers des vêtements s'inscrivant dans un mood actuel. Il mêle héritage futuriste avec quelques pièces en métal avec pragmatisme. Pour résumer, Julien Dossena veut que ce soit du très beau Rabanne facilement portable. Avec pour pièce forte, totalement Rabanne, la jupe recouverte de corolles florales en aluminium de Cara Schadel. Il a démontré, une fois de plus, que la maison Rabanne peut exister complétement entre mode conceptuelle et vestiaire réel.
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Paco Rabanne

Printemps/Eté

2026

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Prada Printemps/Eté 2026 par Miuccia Prada et Raf Simon
La présentation prêt-à-porter Prada printemps/été 2026 a lieu à la Fondazione Prada de Milan. Un espace consacré à l'art, l'architecture et la mode. Les guests, triés sur le volet, découvrent un immense podium recouvert d'un parement en plexi mandarine. Avouons-le, cette tonalité survitaminée permettra de démarquer visuellement chaque silhouette de cet été 2026. Une couleur ardente, reflétant l'envie de Miuccia Prada et de Raf Simons de mettre en avant une énergie totalement positive. Depuis cinq années déjà, Miuccia Prada et Raf Simons partagent la direction créative de la maison Prada, forgeant un dialogue singulier entre deux approches différentes mais complémentaires. Celui de l'intellectuel, subversif et conceptuel de Miuccia Prada, avec une certaine épure réfléchie et émotionnelle de Raf Simons. Pour ce printemps/été 2026, leur collaboration est arrivée à ce juste discernement, un équilibre maitrisé. Elle se présente non pas comme une juxtaposition de styles, mais comme une synthèse puissante, lisible et audacieuse qui réinvente les fondamentaux du vêtement. Ce défilé s'inscrit, aussi, dans une période où la mode cherche à répondre à une société saturée d'informations et en constante transformation. Ainsi la maison Prada s'est engagée à utiliser le vêtement comme un langage capable d'interroger notre relation à nos propres tenues, pour donner du sens et créer une identité singulière. Le cœur conceptuel du show repose notamment sur l'idée que les vêtements ne demeurent pas de simples objets d'apparat, mais des entités qui filtrent notre expérience du monde actuel. Cette collection peut être décrite comme une "analyse du vêtement", reflétant un contexte culturel et politique surchargé. Plutôt que de présenter une esthétique uniforme ou de suivre une tendance unique, Prada explore les contrastes, les tensions et les juxtapositions entre fonctions, formes et codes vestimentaires. La démarche de Miuccia Prada et Raf Simons consiste à prendre ce que nous connaissons, comme les uniformes, le tailoring, le sportswear et les pièces utilitaires, afin de les déconstruire, les recomposer et les réinventer de manière plus fluide, plus limpide. Le concept-clé n'est pas seulement celui de "mélanger les garde-robes", mais de provoquer une introspection sur ce que signifie s'habiller aujourd'hui, au-delà de l'utilitaire, du formel ou du symbolique. En ce sens, le vêtement devient une réfraction qui pourrait être sociologique, émotionnelle, politique et esthétique. Presque un miroir sur notre rapport au monde, à notre propre identité. Pour appréhender au mieux cet avenir incertain et anxiogène. La collection juxtapose codes militaires, lignes de costume classique, pièces utilitaires et silhouettes fluides. Ces dernières dévoilent une amplitude stylistique inaccoutumé comme les "Boiler suits" ou combinaisons salopettes. D'ailleurs, celles-ci ouvrent le show avec Beauise Genc dans une adorable tonalité bleu nuit. Une seconde combinaison ciel peut associer des gants en satin anthracite agréant à Julia Nobis une allure de lady cool chic. On allie fonctionnalité et convenance permettant de voguer vers des contrées à la fois street et bourgeoise. Même, si ce n'est pas le but recherché. Ce style militaire réétudié ressort avec quelques chemises d'officiers stylisées sur Fiona James ou Eline Veitman. Les robes et jupes demeurent visionnaires par leur forme pyramidale comme sur Qin Lei en version absinthe ou Wali en tonalité parme. D'autres robes fluctuent vers des marcels hybrides, super larges, au tombé ultra fluide, oscillant entre lingerie et prêt-à-porter pointu comme sur Awar Odhiang, Bodine van Galen ou Amanda Murphy, l'une des muses de Miuccia Prada depuis tant d'années déjà. Le duo souhaite entrechoquer textures et matières techniques avec des jeux de satin, du nylon et jersey, générant des contrastes surprenants entre l'urbain et le poétique. Certaines silhouettes brouillent volontairement les lignes entre genre comme la combinaison grise enfilée par Nieves Boucher. Les brassières suggestives allèguent une sensualité nonchalante comme sur Jiahu Zhang ou Kris Krystal. Tandis que les formes du tailoring n'empêchent pas des associations audacieuses allant d'une délicatesse extrême à une vision puissante et vigoureuse. Il se détache aussi une palette de couleurs débordantes qui oscillent entre des teintes vives comme le jaune citron avec la parka en nylon de Chu Wong ; le vert absinthe avec la jupe froissée de Lot Hemmers ; le mandarine avec la jupe à l'ourlet froufroutants de Loli Bahia ; le vert sapin avec le trench de Rejoice Chuol ; le vermillon avec le pullover sportswear de Frauke Nijs ; le violet électrique sur la robe très quarante de Wali ou le turquoise sur une jupe "bien comme il faut" de la juvénile Lauren Huyskens. Quelques pointes pastel avec la veste jaune en cuir d'Achol Ayor ou saumon d'Echo Zhao. Beaucoup de nuances terreuses. Les couleurs se télescopent ardemment avec des combinaisons contrastées, par exemple avec le trench oversize carbone qui se juxtapose d'un top délicat, forme en V inversée, agrémenté d'une une jupe mêlant pans en satin mimosa, dentelle carbone et satin acier, comme sur Malin Rudnick. L'idée étant peut-être de produire une tension visuelle captant l'attention de l'auditoire. Une collection prêt-à-porter qui conteste une certaine homogénéité afin de célébrer finalement une quête d'hybridité. Des vêtements qui ne s'inscrivent pas seulement dans une simple tendance, mais qui aspirent à une réflexion sur le sens même du look. Une sorte de manifeste de notre époque qui se noie sans complexe dans cette société saturée d'images. Un coup de maitre pour cette proposition mode courageuse. Anti-nostalgique.
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Prada

Printemps/Eté

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Sacai Printemps/Eté 2026 par Chitose Abe
 
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Sacai

Printemps/Eté

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Saint-Laurent Printemps/Eté 2026 par Anthony Vacarello
La collection printemps/été 2026 Ready-to-Wear de Saint Laurent, dessinée par Anthony Vaccarello, apparait comme une déclaration d'amour à l'identité de la maison, mettant en lumière cet équilibre délicat entre héritage maison et puissance féminine. Sous la nuit étoilée de Paris, le show prend place, comme à l'accoutumé, sur la place du Trocadéro. Avec pour toile de fond la tour Eiffel scintillante. Le set design demeure féerique. Imaginé par Anthony Vacarello, il s'opère autour d'un labyrinthe de fleurs blanches, des hydrangeas ou hortensias, dessinant le légendaire logo YSL. Une mise en scène fraiche et théâtrale qui établit un contraste avec l'attitude des silhouettes hiératiques qui vont défiler sur le podium. Sarah Isaksen ouvre son tout premier show avec un perfecto oversize en cuir carbone, aux épaules ultra larges, et une jupe crayon. Sa chemise blanche s'orne d'un immense nœud englobant l'ensemble de son buste. On visualise cette extravagance affirmée mais maitrisée. On ne peut nier que les premières silhouettes demeurent largement inspirées des années 1980, avec des épaules accentuées comme les vestes de Topsy, Noor Khan ou d'Alix Bouthors, avec des cuirs anthracites affûtés comme les tenues de Yar Aguer ou de Loli Bahia. Des ensembles en cuir dont l'inspiration pourrait prévenir du fantasme de la maitresse femme. Fétichisme digressif ? Toujours chez Saint-Laurent. Couplés à des structures textiles strictes, les tenues en cuir évoquent, à la fois, un power dressing et un esprit de dominance pleinement assumée. Le cuir, omniprésent, n'apparait pas seulement comme un matériau banal mais aussi comme une texture narrative. C'est-à-dire qui traduit un état d'esprit. Une imagerie visuelle pouvant définir une certaine puissance de la femme Saint-Laurent, tout en tentant de maintenir une touche gracieuse. Les premières pièces n'hésitent pas à jouer sur le contraste entre contrôle et douceur, via des blouses en tissus fluides et des lavallières qui adoucissent les lignes du cuir. Probablement quelques références historiques ou littéraires arguant cette élégance dramatique et raffinée, presque aristocratique. On pense notamment à la Duchesse de Guermantes de Marcel Proust ou à Madame X de Sargent. C'est selon ses sources culturelles. Toutefois, les blouses blanches peuvent être majestueuses et grandiloquentes comme sur Aleyna Fitzgerald ou Wali. Les trenchs, aux épaules droites comme un porte-manteau, dont l'apparence textile reflète celle d'une toile de parachute, offrent des couleurs chatoyantes comme le parme sur Binx Walton, absinthe sur Grace Hartzel, mandarine sur Kethia Ngeleza, acier sur Mica Arganaraz, chocolat sur Lina Zhang ou vert Kaki sur Liu Wen. D'ailleurs, cette matière textile insuffle du mouvement qui tranche avec les premières silhouettes du show. Elles sont portées avec une certaine désinvolture, agrémentées de lunettes noires. On perçoit nettement cette sophistication sensuelle, très Monsieur Saint-Laurent. La palette de couleurs s'élargit légèrement, jouant sur des tonalités invoquant la douceur et naissance du printemps. Le final de la collection opère une transformation spectaculaire. Les robes sont volumineuses, aux proportions généreuses. Les froufrous, volants et fanfreluches viennent s'accrocher sur les pourtours de la silhouette pour insuffler des effets de robes de boudoirs. Des robes de soirée, pouvant être associées à quelques références historiques tel que la cours de Versailles pouvaient proposer sous le règne de Louis XIV. Une féminité royale réitérée pour une ode à une majesté assumée. Qui je pense ne s'oppose pas pour autant à une modernité en vogue actuellement. Des robes qui créent une atmosphère presque théâtrale et sculpturale. Les couleurs sont franches avec un jaune or pour Betsy Gaghan, vert gazon pour Anasofia Negrutsa, orange pour Mary Ukech, acier pour Ava Shipp, émeraude pour Tea Grabic, citrouille pour Mona Tougaard, aubergine pour Anok Yai, mordoré pour Awar Odhiang, tabac pour Caren Jepkemei, butternut pour Penelope Ternes, tournesol pour Apolline Rocco Fohrer. C'est Ajus Samuel qui clôturera le show dans cette robe froufroutante cerise, pour une vision de véritable princesse de conte de fée. Contrairement aux silhouettes un tantinet régimentées du début du show, ces derniers looks laissent place au mouvement, à la légèreté et une préciosité affirmée. Un final grandiloquent, presque cinématographique, qui fait écho aux scènes iconiques de mode et de pouvoir. Une belle entrée en matière pour un show printemps/été 2026 qui se voudra être en adéquation avec les créations de Monsieur Yves Saint Laurent lui-même. On se remémore notamment les lignes iconiques Rive Gauche qui sont réinterprétées dans une mouvance audacieuse et contemporaine. L'élégance paraitra comme le vocable pour définir cette présentation. J'avoue que ce terme pourrait être un tantinet galvaudé mais il incarne, ici, complétement l'allure générale de ce show. Anthony Vaccarello a cherché à exprimer une philosophie de style, de pouvoir et de liberté. De belles pièces qui décrivent une femme qui n'a pas besoin de se conformer aux autres, qui porte des vêtements comme une affirmation de son tempérament. Être juste soi-même.
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Printemps/Eté

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Schiaparelli Printemps/Eté 2026 par Daniel Roseberry
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Valentino Printemps/Eté 2026 par Alessandro Michele
 
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