Défilés Automne/Hiver 2020/2021
Par
Yann Gabin pour PlaneteMode.com
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Balenciaga Automne/Hiver 2020/2021 par Demna Gvasalia
"Ne confondez pas le sombre avec l'obscur. L'obscur accepte l'idée de bonheur ; le sombre accepte l'idée de grandeur.", écrivait Victor Hugo. Quand on contemple soigneusement le set design de la présentation Balenciaga pour l'automne/hiver 2020/2021, les mots ténébreux, sombre, terrifiant me viennent à l'esprit. Un décor de désolation, peut-être de fin du monde ou d'enchainement de catastrophes écologiques, imbibent ce lieu dévasté. De l'eau envahit tout le sol. Le premier rang demeure totalement inondé et sous l'eau. Ce déluge a submergé le monde qu'est en train d'imaginer Demna Gvasalia. Le ciel numérique colporte des obsessions de prophéties épouvantables : orages, pluies, tonnerres, flammes. La bande sonore (Violons et autres instruments à cordes) amplifie ce préambule dramaturgique. La fin d'un monde n'est pas si loin... la première silhouette portée par Lina Zhang dessine une longiligne chasuble monacale. Telle une prêtresse, elle ouvre le show avec un pardessus d'apparence minimaliste mais réellement technique au niveau de la coupe, toujours au scalpel. Vénération avec ce col cheminée en velours noir rasé. Les quatorze premiers looks demeurent intégralement noirs et recouvrent la totalité du corps. Sauf le visage. On perçoit une réelle envie de se protéger des éléments terrestres, ceux qui les porteront. Trenchs longilignes, manteaux en nylon, chasuble col cheminée rebordée de la mention Balenciaga. Comme un sigle d'appartenance mystique. Il y a toujours des signes d'appartenance. Demna Gvasalia réinvente le logo Balenciaga en lui ôtant les voyelles pour n'en restituer qu'un "BLNCG". L'idée avait déjà été exécutée par la maison Valentino en créant le fameux logo "VLTN". Un imper/chemise vermillon, en nylon, frôle le sol. Il semblerait presque une chasuble réalisée pour un cardinal. Un style luthérien. Une chemise rose fuchsia déstructurée s'habille de délicats pois noirs. Un manteau peut se porter à l'envers. Un pull deuxième peau s'anicroche de milliers d'épingles à nourrice créant un effet de fine dentelle d'acier. Porté avec des bottes en cuir mat, à l'allure de pécheur. Une veste se garnit de milliers de cônes piquants. Référence animale ou à un mystérieux virus. Qui sait ? Une veste et un manteau fausse-fourrure nounours. Beaucoup de noir, de noir et de noir. Une tonalité pratique au quotidien. Des lentilles de contact rouge sang habillent certains regards, dramatisant encore plus cette présentation. Une robe plus classique, en soie peut-être, s'imprime de bouquets de mimosas. Un rayon de soleil. La robe matelassée "Robe de chambre" se recouvre d'exquises violettes ou se teinte de couleur "Chamallow" agrémentée de légers bouquets de Roses "Bumblegum". Peut-être une toilette idéale pour cocooner. Des pétales de fleurs rebrodées, à l'allure de coquelicots, investissent la totalité d'une robe cintrée. Cela jusqu'aux gants. L'idée Couture de Cristobal Balenciaga par Demna Gvasalia. Des looks "Motard" peuvent selon les couleurs choisies ressembler à des uniformes de "Storm Trooper", dans la trilogie Star-Wars. Un short de foot bleu électrique ou rouge vif se prolonge par un jogging. Des maillots de foot génèrent l'idée d'une future équipe sportive au couleur Balenciaga. On demeure toujours dans des lignes très strictes ou complètement décontractées, Street Wear. Une doudoune Over size sur des bottes mousquetaires. Quelques épaulettes aux toitures de temples chinois font leur petit effet Podium. Pour s'amuser, on se réorientera vers des outfits plus galbés avec des couleurs chatoyantes mais toujours unicolores : Bleu électrique, paillettes argentées ou Anthracite, Rouge vif. Pour les garçons, c'est Idem. Mais dans des looks totalement secondes peaux. Tels des coureurs de Marathons. Il faut être super, super bien foutu pour oser s'y faufiler. Nombreuses sont les tailles over size, notamment avec cette exagération à partir des épaules. Carrées et tombantes. Effaçant toute forme du corps. Toutefois, cette extrapolation apparaît comme une marque de fabrique maison car redondant au sein des diverses collections de Demna Gvasalia.
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Balenciaga

Automne/Hiver

2020/2021

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Chanel Automne/Hiver 2020/2021 par Virginie Viard
Un décor d'une blancheur immaculé attend les invités du show Chanel Automne/Hiver 2020/2021. Un set design recouvrant l'esprit de strates géologiques que l'on peut observer, notamment, sur les maquettes 3D, représentant les lignes d'altitude des reliefs montagneux. Élémentaire mais basique. On discerne, depuis le funeste départ de Monsieur Lagerfeld, un dépouillement drastique des mises en scène des défilés. Une manière, peut-être, de mettre en valeur plus distinctement la richesse des vêtements Maison. De focaliser l'œil sur chaque pièce et non plus sur un décor majestueux pouvant masquer les looks. Ainsi, ces strates géologiques se convertissent en gradins épurés permettant d'accueillir les invités du jour, toujours plus nombreux et excités de découvrir la collection Prêt-à-porter de Virginie Viard. Aussi, peut-on le noter, Chanel sera l'un des derniers défilés à accueillir autant de monde car la Crise du Covid-19, sous-jacente, viendra mettre un terme définitif au rassemblement de centaine de personne dans un espace aussi restreint. Néanmoins, profitons de ce dernier souffle de liberté pour découvrir une collection résolument vive et pétillante. Les deux visages maison actuels ouvrent la danse avec empressement. Le trois-pièces vert amande de Rianne Van Rompaey s'accouple merveilleusement avec le complet Anthracite, type "Gaucho", que porte Vittoria Ceretti. Les bottes, en cuir souple sombre, se retournent sur elles-mêmes pour exhiber une jolie tonalité Tabac. Il y a de la mini-cuissarde à la sauce "mousquetaire" dans l'air. Mais, attention, ces dernières ne se rehausseront pas au dessus du genou. On perçoit deux grosses tendances. La première s'incarne par de nombreux basiques se revêtissant du noir et blanc. Tout Blanc. Tout Noir. Ou blanc et noir. Bref, on cible la majorité de la clientèle. C'est primaire mais pas rudimentaire. Ils symbolisent, inconsciemment, cette mode qui se veut durable, constante, continue et qui se prolongera certainement plus d'une seule saison dans les gardes robes internationales. Un style pour tout temps et fondamentalement pour longtemps. Puis, une deuxième tendance, celle de l'air du temps, incarnant le style hivernal 2020/2021 avec ce jeu de tonalités bien formulées telles que le fuchsia ou l'absinthe, s'accouplant avec à des textures savamment choisies comme le Mohair ou le Tweed brodé et perlé de sequins. Les bijoux aux cabochons de pierres précieuses habillent un bracelet ou une ceinture à la fameuse chaine dorée. Un pull en cachemire recouvre une croix géante baroque me remémorant le look de la première couverture du Vogue américain d'Anna Wintour. Ce dernier s'agrippe d'un Pantalon "Gaucho", en cuir souple étincelant, s'ouvrant par un jeu de boutons dorés sur toute la longueur des jambes ; comme sur le top français Othilia Simon. Une veste matelassée ébène recouvre l'idée du matelassage du dernier Sac maison "Star". Les manteaux frôlent le sol avec gravité. Le froid ne circulera pas. Les imprimés demeurent discrets et moins voyants que les saisons passées. Le look le plus cool s'incarne par un délicat haut, blanc cassé, maintenu par deux rubans en "gros grain", combiné par une jupe ténébreuse aux milles franges plexi, ouverte latéralement. Le tout ennobli de nombreux colliers de chaines dorées. Un excellent compromis pour un style Chanel "Sexy-Classy". Un point innovant germe dans la manière de dévoiler le défilé. Les filles peuvent se la jouer solo, duo ou trio. Des interactions intéressantes car les filles échangent et sourient sur le podium. Cela fait du bien. Quelques couvre-chefs "Bombes équestres" étayent certains looks. Un rappel de circonstance pour ne pas omettre l'une des inspirations de la collection, l'univers équin. Au cas où on ne l'aurait pas saisi. Si on souhaite sortir le grand jeu, on peut opter pour une robe sombre, aux manches "Ballon de rugby". Celles-ci peuvent s'enorgueillir de fines plumes d'autruches ou recouvrir l'apparence de demi-lune comme sur la robe longiligne et charbonneuse de Luna Bilj. Ça en jette. Avec une garantie de transformer l'essai. Une présentation qui se veut bienveillante et plaisante. Pas de chichi ni de fanfreluches. Seuls les basiques maisons comptent.
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Automne/Hiver

2020/2021

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Céline Automne/Hiver 2020/2021 par Hedi Slimane
Pour l'Automne/Hiver 2020/2021 chez Céline, Hedi Slimane revisite le vestiaire d'une femme et d'un homme classique. Aussi, il serait souhaitable de le reformuler en le qualifiant de Néo-Classique. L'idée étant de retourner à la source Maison et d'en restaurer son identité originelle afin de la sublimer sous la main aiguisée de Monsieur Slimane. Il en ressort un quatre-quarts stylisé, mêlant un grain de bourgeoisie, un soupçon de bohème, une once de dandysme et un air rock. N'extrayant que la substantifique moelle afin d'en générer une recette idyllique pour un hiver sublimé. Néo-classique ne voulant pas signifier "simple et sans saveur". Les lignes des vêtements demeurent sommaires, pouvant plaire au plus grand nombre, avec un goût prononcé, à la fois, pour un minimalisme affiché mais, aussi, pour de délicieux et exquis détails, d'une richesse inégalable. Des tissus extravagants se parent de fils dorés, de paillettes et de perles rebrodées, prodiguant à celle qui la portera des airs de monarques "méga-riche". Toutes les petites robes, légères à souhait, de même configuration, peuvent s'inscrire dans une tonalité unicolore, se parer d'imprimés reptile ou à pois, ou entièrement rebrodées de sequins cuivré. Il y a diverses options pour une même robe. Les chemisiers, aux rayures bleu-layette ou à la tonalité unicolore, se rehaussent de jabots. Les jupes-culottes se parent de velours, de laine pied-de-poule ou de simples carreaux beige. Les pantalons, de velours ras, peuvent se colorer de tabac, bleu nuit ou noir profond. Les manteaux, aux allures de cabans, se colorent de moutarde ou de charbon. De longues capes en laine, aux motifs carreaux, emmitoufleront parfaitement le corps pour un hiver rigoureux. La ligne masculine fournit de longs manteaux laineux, aux boutons dorés ; des trenchs ; des pantalons en velours, en jeans ou en cuir sombre ; des chemises lavallières ; des vestes ; des smokings en velours ; des cabans ; des blousons en cuir. Un blouson en velours, rouge écarlate, se rebrodent de motifs floraux, riche en sequins dorés. Royal. Une quintessence du luxe impérial. Des longilignes foulards en soie, aux motifs soixante-dix, s'enroulent simplement autour du cou. Avec couvre chef, s'il vous plait. On demeure dans des tonalités classiques allant du bleu marine, anthracite, ivoire, Camel. Jamais rien de très voyant. Sauf pour les tenues de Gala, un peu plus éclatantes. Certaines silhouettes me remémorent l'un de mes dessin-animés d'enfance : "Lady Oscar". Une fille de bonne famille qui osait s'habiller en garçon. Parfois, il y a de cela dans cette mode dévoilée par Hedi Slimane. Comme s'il y avait une part de féminité totalement acceptée par celui qui la porte. Une androgynie totalement assumée. Voire revendiquée. Toutes les propositions stylistiques édictées par Hedi Slimane pour cet hiver 2020/2021 demeurent portables et ultra désirables. On hume, cependant, un air de "je suis fortuné mais je ne souhaite pas le montrer". On s'écarte des silhouettes "ultra-fitées" pour reconquérir une certaine liberté de mouvements. La collection demeure précieuse, opulente, ou de nombreuses pièces peuvent être interchangeables entre la gente masculine et féminine. On érafle les genres pour en sublimer un type de corps. Mais, pas tous les corps. Là serait le petit Hic.
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2020/2021

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Dior Automne/Hiver 2020/2021 par Maria Grazia Chiuri
Le podium chez Dior demeure, cette saison, une arène ou les femmes prennent de l'assurance et de l'aplomb. Elles en possèdent depuis la nuit des temps. Nonobstant, on l'affirme à nouveau sur le podium. Une tribune délivrant leurs idéaux et revendications ; Un manifeste permettant de se dresser face aux injustices et discriminations faites à leur encontre. Pro-Active, Maria Grazia Chiuri, chaque saison, met en valeur le combat d'une femme et en expose son engagement. Les tee-shirts immaculés "I say I" font référence à l'activiste italienne Carla Lonzi, fondatrice dans les années soixante-dix du collectif féministe Rivolta Femminile. Elle défendra, notamment, le droit des femmes à l'avortement en Italie (légalisé en 1978). On n'hésite pas à formuler les maux tels qu'ils sont ressentis, notamment face à un univers régenté par la gente masculine. Toutefois, nous ne sommes pas dans un schéma ou les femmes demeurent contre les hommes. Mais, au côté des hommes. On perçoit cette exaltation, cet engagement palpable au travers d'une série de phrases et brides de mots, qui dévale de la voûte du défilé Dior Automne/Hiver 2020/2021. Des néons lumineux, aux couleurs arc-en-ciel, scandent de simples phrases comme "When Women strike the world stops", "Women's love is unpaid Labour", "Consent". Merci Claire Fontaine, artiste de cette lumineuse performance. Le podium, bardé de feuilles de journaux, recouvre, lui aussi, une image symbolique. En marchant sur des écrits journalistiques, on insuffle l'idée qu'il ne faut plus appréhender de s'exprimer. En dénonçant, au travers différents supports médiatiques, d'immondes scandales liés au sexisme (Ici, l'affaire "Weinstein" et sa vague MeToo), on peut sortir d'un raz-de-marée vainqueur et triomphant. Que l'on peut anéantir un système oppressif et oppressant. Satisfaction. La mode pour cet Automne/Hiver 2020/2021 débute par des looks classiques et sombres. Ruth Bell ouvre à nouveau le show avec cette fameuse veste Bar, inventé par Christian Dior. En velours côtelé, elle redessine une silhouette plutôt rustique. Si l'on souhaite scander et manifester, il est préférable de se prémunir d'un vestiaire adéquat et bucolique. Du noir, bien sur. Mais pas que. Les tartans et les carreaux disposent d'une place importante. Voire prédominante. Notamment au travers de longilignes manteaux aux tonalités bleu turquoise, gris souris, charbon ou café au lait. Pas mal de pulls aux losanges, réminiscence des fameuses chaussettes "Burlington". English School Girl. Il y a comme une atmosphère post soixante-huitarde. Une insouciance. Bohème avec les foulards noués dans les cheveux ou éventuellement "bikeuses", prêtes à affronter le bitume. Un pull noir, aux configurations abstraites, s'enfile sur une jupe crayon aux pavements vermillon, anthracite et laiteux. Avec la boucle de ceinture mordorée CD. Attention, on tient à véhiculer un certain chic et afficher son affection pour la maison Dior. Le look écolière traverse le podium avec une minijupe, un pull en laine angora, aux géométries abstraites et variables, dont le col chemise immaculé demeure fermé jusqu'au cou. Impeccable. Un jeans Ciel, au design un tantinet Flare, traverse le podium. Des tailleurs pantalons, aux coupes soignées et traditionnelles, investissent de jolis lainages acier ou neigeux. Intemporalité. Des babys, godillots ou bottes de motardes. C'est selon l'envie. Le soir, de longues robes se parent de milliers de fils qui bougent en tous sens. Mouvement stylistique et mouvement féministe vont de pair. C'est bien connu. A contrario les paillettes, dentelles et broderies pourront enjoliver une longue robe qui dans les lumières de la nuit, brillera à merveille. On recouvre une certaine cohérence avec les précédentes collections. Une mode cool et libre. Peu d'extravagance. Beaucoup d'extras.
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Dior

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2020/2021

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Dries Van Noten Automne/Hiver 2020/2021
Dries van Noten pourrait être qualifié, en tout humilité, comme un poète des imprimés textiles. Il manie avec une dextérité imparable les patchworks d'imprimés issus de Dame Nature, en utilisant toute la palette "Pantone", pour en générer des collages improbables ; Quelle merveille, à chaque fois. Un véritable magicien des harmonies "colorielles". J'avais vraiment envie de dialoguer autour de cette présentation Automne/Hiver 2020/2021 parce qu'il en ressort une charge émotionnelle exceptionnelle. On est au-delà de la mode. On est dans la vie car on s'y projette. Une émotion similaire mais divergente de la saison passée ou Dries Van Noten avait fait appel à son ami couturier, Christian Lacroix, pour faire jaillir une collection féerique, à quarte mains. Un moment inoubliable. Mais, surtout des leçons de partage et de gratitude. Cette fois, on perçoit encore cette irrésistible envie de vivre, de sortir, de se rendre visite, de s'amuser parce que sa proposition mode coïncide parfaitement avec cette appétence d'allégresse et de jubilation. Les make-up looks coïncident précisément à la patte du magicien des pinceaux, Serge Lutens, dans les années 80. Fine bouche ourlée de rouge. Teint blafard. Yeux ornés de violine, citron ou carmin… Un désir de changer de tête. Mais, toujours en amalgamant des couleurs vives et subtiles. Un perfecto Over-Size composé d'un tartan Rocaille ; un énorme chandail chiné moutarde ; une jupe carmin, rebrodée de milliers de délicates plumes couleur sang. C'est en cela qu'excelle monsieur Dries Van Noten. Au travers de mélanges et fusions discutables qui, au final, rendent celle qui choisira ses vêtements, unique et "Arty". Aujourd'hui, il est rare de croiser une femme risquant de s'approprier les codes stylistiques de Dries Van Noten. On ne voit que du noir, du gris et du bleu marine. Pourtant, quelle gratification de s'enrouler dans des vêtements joyeux et contestables. Par exemple, un long manteau, de couleur mousse, s'enfile sur un sweater à capuche, au tartan citron, rehaussé d'un pantalon, panne de velours, aux feuilles de palmiers démesurés, surmontées de fleurs délicates fuchsia, pamplemousse et grenat. Sans oublier les boots compensés Python. Un autre manteau entièrement recouvert de petites plumes rose framboise s'accompagne d'un pantalon Jogging, au tartan jaune poussin. Et ça fonctionne. Une robe chair, col cheminé et manches "ballon", uniquement aux poignets, s'habille de milliers de pampilles vertes fluorescents, alignées de manières géométriques. Les jeux de textures s'entrechoquent. Notamment, avec ce perfecto en cuir lustré anthracite, agrémenté d'un body second peau, au motif de papier peint floraux sixties, noué à la taille par une surchemise en laine tartan bleu outremer. On achève le look par une jupe rebrodée de fils dorés calquant des ailes d'oiseaux s'entrechoquant. Le tout avec les fameuses bottes Python. L'esprit de Dries Van Noten réside totalement en ce look. Il fusionne l'improbable pour en créer le look insolite "ment" gracieux. Une combinaison bleue Jean s'exécute autour d'un velours côtelé aux fleurs exotiques alcalescentes. Celles-ci sont partout. Elles demeurent colorées, chamarrées, psychédéliques voire unicolores ; elles s'expriment psychédéliquement sur une chemise aérienne à la tonalité mandarine, étayée d'un pantalon moirée lie-de-vin. Un pull, tout doux, récupère le graphisme d'une fleur stylisée à la Warhol. Les couleurs unies sont franches comme le Grenat ou le Corail, soufflant une certaine légèreté aux tenues plus bigarrées. Une veste, en velours émeraude, se marie parfaitement avec une jupe aux plumes Rubis. Une robe de cocktail, "Châle", pourra être parfaite lors d'une soirée de fin d'année. Comme sur Mona Tougaard. Un manteau Anthracite, rebrodé de perles ambrées et dorées prennent la forme de circonvolution géométrique. Tels des tourbillons. Incroyable travail de broderie. Une robe de chambre, en velours ébène, se fait plus sobre si l'on ne dévoile pas sa doublure de couleur Mer caribéenne. Comme lui expliquait Christian Lacroix, avec qui il a collaboré lors de sa collection Printemps/Eté 2020, "si tu en mets trop, n'hésite pas à en rajouter". Une maxime qui a toujours été le fond de commerce de Dries Van Noten. Appliquée avec une certaine distinction et finesse. Une collection précieuse, riche, opulente ou certains modèles paraissent presque Haute-Couture, avec des tissus Jacquards dorés, d'une finesse extrême, des broderies, des sequins et des pièces totalement bardées de plumes fugaces. Avec des touches Années Trente et Sixties. Une collection à absolument contempler, dévoilant, une fois de plus, le génie de ce créateur belge qui sublime et exhale la féminité. La femme qui s'habillera cet hiver chez Dries van Noten mythifiera sa silhouette.
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Dries Van Noten

Automne/Hiver

2020/2021

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Louis Vuitton Automne/Hiver 2020/2021 par Nicolas Ghésquière
Pour l'ultime journée de la Fashion Week parisienne, Louis Vuitton clôt cette semaine par un show d'une féerie digne des plus grandes scènes de la capitale. Un véritable feu d'artifice que nos pupilles ne pourront plus stopper de mirer pendant quinze minutes, montre en main. Un décor monumental et majestueux ; qui en jette. Une chorale, composée de plus de 300 personnages, vêtue de costumes de différentes époques, chante sous la houlette d'un véritable chef d'orchestre. On allie représentation musicale de haute volée, dignes des meilleurs productions des Opéras Garnier et Bastille, avec un défilé qui ne pourra être, irrévocablement, magistral. Tout ne peut qu'être irréprochable. On est émerveillé et suffoqué, dès le levé du rideau, par ce chœur traversant des siècles et des siècles. Un tableau mirifique, hypnotisant. Ce décor gigantesque, animé par cette arène de personnages, les plus incroyables les uns que les autres, a été imaginé par l'équipe Vuitton, sous l'égide du visionnaire Nicolas Ghésquière. Alors dès que le premier modèle foule ce long parquet sombre, on appréhende immédiatement que le patchwork temporel sera le fil conducteur de cette présentation. On souhaite cette bousculade des genres vestimentaires. Quand le XVème, XVIème, XVIIème, XVIIIème, XIXème, XXème se confrontent, se comparent et finalement se lient merveilleusement au XXIème siècle. Des Blousons K-Way multicolores, à la réminiscence des sports d'Hivers des années 80, s'enfilent sur une jupe aux froufrous et volants s'envolant. On y entrevoit certaines formes de la collection Balenciaga Printemps/Eté 2006. Ces dernières, aux configurations pyramidales, préfigurent inconsciemment cet espace de délimitation qu'il est préconisé entre deux individus pour cette crise du Covid-19. Les parkas et manteaux s'édifient autour de patchworks de tissus techniques que Nicolas Ghésquière affectionne tant. Les couleurs usitées nous renvoient dans une palette graphique digne des années 80. Les proportions ne sont pas les mêmes entre haut et bas du corps : les coupes épousent parfaitement le buste mais, en dessous, la ligne s'évase et se gonfle. Le top sans manches de Signe Veiteberg, aux lignes strictes de losanges écarlates, tranche avec une jupe "tutu", rebondissant en tous sens comme un ressort. De couleur "Nude", celle-ci peut se parachever par une large bande textile, de couleur Pétrole, Kaki, Argenté ou Dorée. Ca trésaille, ca sursaute, ça frisonne, ça vie. Une allure me renvoyant au look iconique de Madonna dans le Vidéo Clip "Like Virgin". La robe, construite de la même sorte, couleur chair, cabriole de tous cotés. Le pantalon peut s'ériger à partir d'une simple mousseline et se s'enfilera sous ce "tutu" bondissant à tout va. Les diverses formes géométriques, souvent tricolores, apposées sur divers "outfits", me font penser aux vêtements caractéristiques de motards. Le tailleur-pantalon classique, aux rayures tennis, s'imposera carrément pour un emploi au quotidien. Quelques looks masculins pour celles qui souhaiteront un tailoring exécuté à la perfection, dans des matières inédites et exclusives Vuitton. Du cuir souple, de la couleur vive, du nylon pour un bomber bleu ciel ; de longs manteaux, en cuir monochrome, se bordent de lés de moutons frisottés ; Quelques imprimés, aux réminiscences de peaux de pythons ou zèbres, pour épicer des jupes ou robes pailletées. Le travail sur le jacquard, aux fils argentés et dorées, prennent la forme abstraite de nuages japonisants, et demeurent d'une étonnante beauté. Vraiment remarquable. J'adore ce mélange de pièces précieuses avec des pièces plus basiques. Une combinaison aviateur en lainage immaculée ou bien en nylon, agrémentée de nombreux zips, semblent parfaite pour un moment cocooning maison. Sans omettre d'enfiler les bottes, aux allures de "MoonBoots" épurées. Chaque mannequin tient son sac, besace, cartable, cabas ou vanity. Les fans se régaleront des diverses propositions faites par l'équipe Accessoires. Définitivement, on flashe sur le boléro de Mariam de Vinzelle, empoigné d'un pantalon cigarette gris acier rehaussé de touches de lapis-lazulis. Ce dernier apparait comme un clin d'œil au design des pantalons de la collection Balenciaga de l'Automne/Hiver 2008/2009. Les deux derniers Boléros, en noir et blanc pour celui de Masha Skokova et Emeraude pour Klara Kristin, apparaissent tels de véritable pièce de Haute-Couture. Rien à dire. Une garde-robe hivernale 2020/2021 qui demeure riche en propositions vestimentaires. Il ne manque rien. Toutefois, on souhaite vivement que cette collection audacieuse exaucera les désirs intimes de la clientèle fortunée, aficionados de la marque. Une collection originale, inventive, ingénieuse mais parfois, un peu trop avant-gardiste à mon goût. Néanmoins, cet état d'esprit innovant, appartenant à Nicolas Ghésquière, en fait l'un des premiers prescripteurs en son domaine. Alors, je ne peux dire que Bravo.
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Automne/Hiver

2020/2021

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Miu Miu Automne/Hiver 2020/2021 par Miuccia Prada
Miu Miu apparaît comme l'un des derniers défilés du calendrier de la Fashion-Week parisienne. Un défilé toujours très attendu car validé et désigné sous l'égide d'une des papesses de la Mode, Madame Miuccia Prada. Pour l'Automne/Hiver 2020/2021, Miu Miu entreprend sa présentation par de très longues robes, près du corps, en soie chiffonnée de tonalité Camel, Vert Gazon, Jaune Lemon, rose poudrée ou Gris Alu. C'est minimaliste dans la forme mais excentrique parfois dans le choix des tonalités. J'adhère intégralement. C'est un peu criard pour certains. Et, pas assez vibrant pour d'autres. Nonobstant, certaines pièces vestimentaires demeurent réalisées pour être vue. On souhaite être contemplé. Surtout dans le petit milieu de la mode. Ouste les classiques ennuyants qui ressortent chaque saison. Toutefois, de longilignes manteaux en feutrine de laine, de couleurs moutarde, cacao, tabac ou gris souris, peuvent les recouvrir afin d'en atténuer les tonalités exubérantes. Pragmatique étant, on peut concevoir que ces derniers apparaissent comme un excellent rempart contre les éléments déferlants. Les chaussures, compensées, remémorent celles de la collection Prada de l'Automne/Hiver 2012/2013. Quand celles-ci ne se recouvrent pas de peaux de moutons frisées écarlate, elles peuvent être amusantes pour une soirée entre copines. A contrario, quelques boots, type rangers, se teintent de vermillon avec des pics de métal argenté. Agressive attitude. Bye Bye la Girly attitude. Des manteaux et cabans, au design traditionnel, se recouvrent de lès de fausse fourrure aux couleurs naturelles. D'autres pièces recouvrent, en totalité, cette fausse fourrure. Nonobstant, avec un effet garanti d'ours polaire ou d'ours brun. Enfance quand tu nous tiens. Des robes et jupes, en mousseline légère et cristalline, se bardent, de-ci delà, de cabochons "diamants", de formes variées. Ca brille. C'est bling-bling. Un effet givré que j'approuve intensément. On retrouve cette disposition de broderies, en croisillon Joaillère, sur quelques pulls en cachemire. Précieusement cocasse. Quelques bodys, à l'inspiration marine, orientent notre regard vers des cuisses qui ne pourront être que fuselées. Euh ? Mais quand ? Des robes, en taffetas de soie, inspiration eighties, se la jouent ballonnées, gonflées, boursouflées. Il y a du volume pour un effet de distanciation assurée. Des tartans, aux couleurs chocolat, s'invitent sur des cardigans cintrés et des robes élancées. Une allure remémorant certains looks de charmantes dames de Westerns hollywoodiens. Toutefois, le tartan se décline dans différents agencements de tonalités. Comme sait si bien le faire Vivienne Westwood. Quelques robes de "bals de débutantes" égayent le podium par leurs couleurs de guimauves coruscantes : rose poupon, jaune layette, mauve, melon. Toujours ennoblis de broderies chatoyantes de perles ou de strass Diamants.
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Miu Miu

Automne/Hiver

2020/2021

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Prada Automne/Hiver 2020/2021 par Miuccia Prada
C'est un décor à la fois étrange, contemporain, intriguant et hypnotisant qui accueille les invités de la présentation Prada Automne/Hiver 2020/2021. Telle une tribune de stade, les spectateurs perchés sur des gradins, peuvent discerner deux cours jumelles, scindées par des patios de couleur vermeil. Cette double arène, aux proportions équilibrée, demeure étayée, au sol, par un jeu de lignes sombres et laiteuses ébauchant, de ci-delà, des fleurs de lotus stylisées. N'omettons pas de mentionner en son milieu, le canevas de deux Atlas gigantesques, à la tonalité carmin, désigné par le studio OMA ; Studio de l'architecte Rem Khoolas. Les arches de l'atrium s'enluminent de faisceaux lumineux rouge vif. Tel l'enfer. Ou telle la couleur du cœur, de la fougue amoureuse. Une allégorie des plaisirs infernaux. Regard flegmatique et distant, stature engagée, pas cadencés, Meghan Collinson ouvre le show avec détermination. Avec un look strict, à la "Working Girl". Cheveux longilignes, tirés en arrière. Sa veste gris-souris, aux larges épaules, un tantinet boursouflé, ne laisse pas loisir à l'amusement. Classique mais efficace, cette dernière se resserre par une ceinture à la boucle cabochon. La jupe longue s'étire aux genoux par une myriade de fils fugaces Charbonneux. Ca virevolte, ça vole, ça pirouette, ça dévoile les jambes subrepticement. Jusqu'il faut pour rester bienséant. On demeure circonspect chez Prada. Le manteau s'immobilise à la cheville. Il se découpe en deux parements distincts afin de laisser entrevoir quelques segments de peau. Les pull-overs, en cachemire, se façonnent sans manches, et s'enfilent sur une chemise sans manches ; aussi. Seul le col dépasse avec les fameux imprimés Maison : iris stylisées, cubes 3D ou à géométrie variable. C'est selon. Les tonalités de "jour" glissent vers des Noir mat, gris souris ou Camel. Les épaules demeurent très marquées, quasiment musculeuses avec les dodues doudounes aux tonalités grenat, sable ou gris acier. Des teddys, en fausse fourrure, habillent de longues jupes fendues sur toute la longueur des jambes. Des pulls douillets, chinés ou pas, aux couleurs automnales, se brodent de longs lanières perlées. Les transparences font leur apparition autour de jupes en mousseline légère dont les tonalités oscillent entre le clair et l'obscur. Seul le désir orientera le choix de la couleur. La tunique transparente Chair de Rianne Van Rompaey se rehausse de délicats volants jabots, sur le pourtour du buste. Cette combinaison aérienne s'enfile sur une simple brassière et un collant, couleur rocaille. Un "outfit" parfait pour rester chic à la maison ou s'encanailler tout en maintenant une respectabilité certaine. Toutefois, deux robes cristallines en jettent plein la vue. Celle de Maike Inga, couleur mimosa et celle d'Adut Akech, couleur Parme. Célestes et rebrodés de milles sequins, elles sont les deux joyaux de la collection. Pour celles qui auront les moyens, pas de choix possibles. On empoigne les deux. A point c'est tout. Nombreux manteaux s'inscrivent dans une veine "d'éco-responsabilité " puisque ceux-ci sont confectionnés à partir de matières recyclées. Quelques uns se vernissent de teintes dragées ou caramel. A croquer. D'autres sont, cependant, réalisés en peau de mouton retourné chocolat. Quelques looks de la ligne Linéa Rosa viennent ponctuer la collection. Les blousons en nylon, aux cols cheminés, se colorent de violine, vieux rose ou ébène. Avec la fameuse ligne rouge sur la poitrine. Les collants demeurent dans des tonalités vives d'émeraude, lapis-lazulis, citron, fuchsia. Des bottes de chantier se brossent d'intonation de guimauves. On valide même s'il y a une petite pointe extravagante. Le soir, on demeure dans la même veine que la journée mais avec un peu plus d'éclat et de préciosité. Les robes en mousseline se cousent de milliers de filins, s'agrippent de broderies géométriques, mais s'enfilent avec des baskets futuristes de la collection masculine, aux couleurs turquoise, rubis ou simplement blanc immaculé. Deux pyjamas, en soie, closent la présentation par un imprimé fleuri de toute beauté. Peut-être d'oblongues roses sauvages, avec un savoureux accent asiatique. Surement japonais. Une collection radieuse et désirable qui donne une envie irrésistible de pousser les portes des boutiques parisiennes.
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Prada

Automne/Hiver

2020/2021

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Valentino Automne/Hiver 2020/2021 par Pierpaolo Piccioli
Les vingt-cinq premiers looks chez Valentino demeurent totalement Anthracite. C'est noir, à point c'est tout. Sombre. Un présage de catastrophe. Peut-être ? Pas forcément. Une vision rare au sein de la maison romaine pour ne pas le souligner. Voire le surligner. Une tonalité à la consonance négative, symbole de tristesse, de désespoir et de deuil. Le noir, c'est aussi l'inconnu, le secret, l'obscurité. Tout ce que l'on ne voit pas. Qui reste dissimulé. Alors, Pierpaolo Piccioli souhaiterait-il nous faire parvenir un message subliminal, nous susurrer certains mystères de la maison Valentino. Pas nécessairement. Mais, assurément, il ambitionne un changement de langage. Dire certaines choses différemment permet d'ouvrir l'esprit vers de nouvelles perspectives. Et même pour celui qui sait si bien aborder le langage des couleurs, en prônant celles-ci comme idéal de vie, le changement, parfois, demeure vital et essentiel. La démonstration vestimentaire s'effectue, subséquemment, dans les coupes généreuses, les formes plus ou moins évasées, le choix des tissus techniques et matières précieuses. L'alliance se réalise, à la fois, dans l'aspect néo-classique de cette collection qui s'allie de touches fantaisistes, déci delà. Il y a presque l'envie d'un recommencement à recouvrer le langage fondamental du style Valentino. Celui créé par son fondateur Valentino Garavani. Comme si les différents juxtapositions de couleurs avaient noyé et estompé, petit à petit, l'identité intrinsèque de la maison. Travailler sur une seule couleur, d'autant plus profonde et mystérieuse, permet d'œuvrer vers plus de précision, d'exactitude et de minutie. En résumé, privilégier le contenu et non le contenant. Pierpaolo Piccioli affine sa conception personnelle du rôle d'un vêtement. Il se questionne, aussi, sur l'être qui, au final, portera sa mode Valentino ? Il y a quelques années, la clientèle visée était celle d'une femme plutôt riche, svelte et caucasienne. Aujourd'hui, la représentation de sa clientèle a muri, comme pour beaucoup d'autres créateurs d'ailleurs. Cela se dessine au travers d'un casting inclusif qui élabore des silhouettes pour des tailles au-delà d'un simple 34, avec des femmes plus âgées, de différentes couleurs ; mais aussi des être humains différents, binaires, Trans, et même des hommes ; ce qui apparait comme une première chez Valentino. Même si une majorité des looks demeurent portées par de magnifiques mannequins, le fait d'être visible sur des podiums si prestigieux apparait, au final, comme une consécration pour ces invisibles. Quelques robes éthérées et transparentes allègent tous ces passages sombres et inquiétants. Une simple robe, en mousseline de soie alcalescente, s'incruste de délicats morceaux de dentelles noires, roses bonbon et opalescentes, recouvrant les configurations de sublimes coraux océanographiques. Une autre robe se fait monobloc avec ce vert Mousse à tomber par terre. Un herbier de fleurs multicolores se brode sur un manteau en cachemire Camel. J'achète. Quelques fleurs de Dahlia et Orchidées, grossies à une échelle puissance dix, embellissent robes en soie anthracite de configuration minimaliste. Quand ces dernières sont apposées en Noir & Blanc, l'effet dramaturgique et cinématographique se démultiplie. Ce travail floral me remémore un tantinet la collection Prada Automne/Hiver 2019/2020. Mais, aussi, le travail, peut-être plus accompli de Dries van Noten, avec son amour inconditionnel pour tout type de fleurs. Les dix derniers looks égayent l'ensemble de la collection. On est presque au bout du tunnel ou l'on voit jaillir le rai de lumière tant attendu. Kaia Gerber apparait comme royale avec son tricot, rebrodé de sequins bleu céruléen. Une robe en mousseline émeraude, portée par Amar Akway, s'habille, de-ci delà, de milliers de paillettes ton sur ton. He Cong se parent d'un herbier de fleurs des champs. Angélique démone. Néanmoins, le coté obscur de la Mode revient, à nouveau, déferler tel un raz de marré sur le podium Valentino. Du noir, du noir et encore du noir. Toutefois, le point final verra poindre une note d'optimisme avec la magnifique Adut Akech qui revêt un longiligne fourreau vermillon. Rebrodée de millier de sequins scintillants, cette couleur finale symbolise, à la fois, danger et honneur. En espérant qu'elle soit, surtout, gage de passion et d'amour fou. Gardons espoir.
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Valentino

Automne/Hiver

2020/2021

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Défilés Printemps/Eté 2020
Par Yann Gabin pour PlaneteMode.com

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Alexander McQueen Printemps/Eté 2020 par Sarah Burton
Sarah Burton excelle, une fois de plus, dans sa vision spécifique et personnelle de réinterprétation de l'univers de feu Alexander McQueen. Elle poursuit, sans faille et sans relâche, son œuvre de redéfinition stylistique pour maintenir et faire évoluer l'esprit McQueen. Quelle incroyable créatrice ! Talentueuse, elle possède tous les atouts nécessaires pour créer sa maison éponyme. Que Neni. Elle préfère user et abuser de son énergie afin de poursuivre l'œuvre de ce génie perdu. Alexander McQueen n'aurait pas pu trouver plus loyale collaboratrice que Miss Burton. Pour ce Printemps/Eté 2020, Sarah Burton a ébauché des silhouettes qui se parent presque totalement de Noir&Blanc, fusionnant de-ci delà, quelques dentelles fines et cuirs ultra souples, tout en enchevêtrant légèreté et rigueur. Un univers que l'on pourrait qualifier, sans aucun doute, de Gothico-romantique. Un peu trop réducteur à mon goût. Car le sens esthétique aiguisé de Sarah Burton va bien au delà des quelques clichés bien ancrés. Toutefois, on le perçoit quand même, au travers des longues robes, aux réminiscences victoriennes, aux manches "ballon", aux tailles menues et cintrées, le tout très architecturé. Des lignes stylistiques, coupées aux millimètres, subliment ce corps féminin à la perfection, tout en laissant une certaine liberté de mouvement à celle qui s'y glissera. Le tailleur/pantalon, en cuir Anthracite, apparaît d'une beauté ahurissante. Les vestes se sectionnent par des ouvertures latérales laissant apparaitre des tailles "menue-menue" comme sur Chai Maximus. Des découpes réalisées au scalpel. On s'amuse de la juxtaposition de deux tonalités textiles afin d'enfanter des distorsions graphiques et visuels. Un classique McQueen. Elle use de jeux de lacets que l'on peut retrouver sur les looks de Miriam Sanchez ou Vivien Solari. Des constructions techniques maitrisées à la perfection. Oublions, aussi, l'image de la maîtresse femme engoncée dans des carcans oppressants et suffocants. S'habiller en McQueen, de nos jours, demeure une manière de s'affirmer, de se rendre plus puissante (Powerfull), à la fois envers les femmes et les hommes. Mais, aussi envers soi-même. Sarah Burton glisse quelques touches de gaieté au sein de cette présentation qui prône des tonalités obscures et mystérieuses. Particulièrement au travers de quelques robes, sans manches, rebrodées d'immenses fleurs polychromes que portent Hyun Ji Shin, Mika Schneider et Jean Campbell. La même version est proposée, cette fois, de couleur Carbone, rebrodée de fils d'argent. C'est selon l'envie du moment. Quelques éruptions "colorielles" d'une somptueuse beauté traversent fugacement cette collection au travers de deux robes, Outremer ou Rose Thé. Leurs plissés minutieux laissent ébaucher des milliers de plumes à la manière d'oiseaux de Paradis. Une merveille de précision que l'on peut admirer sur Kaia Gerber. Sarah Burton a opté pour la longueur cette saison pour l'ensemble de ses robes, jupes et pantalons. La mini "is Over". Pas de jambes. That's enought. Des vêtements qui se veulent comme des protections corporelles. Une carapace qui finalement parait bien commode par ces temps de pandémie mondiale.
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A. McQueen

Printemps/Eté

2020

 
Chanel Printemps/Eté 2020 par Virginie Viard
Les toits en zinc de Paris, ses cheminées, gouttières, velux et chiens assis, demeurent à perte de vue sous les verrières du Grand Palais. Probablement une vue des toits des ateliers du 29 et 31 rue Cambon. Pourquoi pas ? Un décor un peu tristounet à mon goût ; nous éloignant de la contemplation et la rêverie si cher à l'imaginaire du Kaiser Karl Lagerfeld. Après les reconstitutions du rivage de la Mer de Sylt, d'un petit village suisse enneigé, d'une forêt automnale, d'un paquebot de croisière ou des chutes d'eau tropicales, on recouvre promptement une réalité que l'on a qu'une envie : "fuir". On ne veut pas de grisaille. Toutefois, et heureusement, les silhouettes en tweed colorées apparaissent rapidement et égayent ces couvertures aux couleurs orageuses. Des tweeds complétement classiques dont les couleurs carmin, anthracite, outremer et immaculé me font méditer aux couleurs de notre chère nation française. Idée cocasse que d'affabuler quelques looks de collants opaques charbonneux. Surtout pour l'été caniculaire. Peut-être est-ce une réminiscence des exhalaisons de suie des cheminées parisiennes. Des imprimés en mousseline sombre reprennent les contours de toitures parisiennes, mais tout en discrétion. Quelques profils de bâtiments Parisiens sur une robe et trench. Des combi-shorts en tweed donnent un coup de fouet aux frêles silhouettes de Sophie Dahl ou d'Abby Champion. Les codes Chanel se retrouvent avec parcimonie autour d'un T-shirt manche longue s'estampillant de logo au double C, de quelques escarpins à bouts noirs ou de colliers en pâte de verre. Des shorts en cuir s'agrémentent d'une simple veste en Tweed. Quand ils ne deviennent pas presque seconde peau pour les tenues du soir comme sur Grace Elizabeth, Luna Bilj ou Gigi Hadid. Tels les shorts lycra de Zizi Jeanmaire. Beaucoup de noir et blanc pour les derniers passages. Une collection qui s'exprime autour d'un minimalisme assuré, tout en conservant les fondamentaux identitaires maison. Une rigueur assumée qui se définit par une éradication certaine de fantaisie. Parfois, cela fait du bien de revenir aux bases strictes. Une collection parfaitement adaptée à plusieurs saisons, et non seulement au Printemps/Eté 2020.
 

Chanel

Printemps/Eté

2020

 
 
Dior Printemps/Eté 2020 par Maria Grazia Chiuri
Un jardin ? Un parc ? Une forêt ? Des arbres, beaucoup d'arbres, des lignées d'arbres. Une allée, deux allées, de nombreuses allées. Une odeur végétale flotte sur le podium de la présentation prêt-à-porter Dior pour le Printemps/Eté 2020. Cette armée d'arbustes rempotés, posée à même la terre, insuffle ce sentiment d'un retour imminent aux sources, à l'essentiel, à notre mère nature tant aimée. Un univers si souvent mal traité mais tellement inspirant et stimulant. Même si ce n'est qu'un décor joliment réalisé, le message de Maria Grazia Chiuri demeure limpide : le Printemps/Eté 2020 se fera au vert, en vert, envers et contre tous. Cependant, pas forcement à Anvers. Si Maria Grazia avait su que cette proposition idyllique allait être, dans les mois à venir, un des désirs tant attendus de nos concitoyens, elle ne l'aurait surement pas cru. Après ce confinement de plus de deux mois, ce fameux petit coin de nature demeure, aujourd'hui, plus que convoité. On affectionne ce petit coin de jardin ou l'on pourrait s'abriter sous un platane sereinement, s'allonger sur un parterre bien vert et douillet, cueillir des fleurs à foison pour orner une table rustique ou tout simplement récolter des fruits frais, gorgés de soleil. Quand la puissance de l'imagination se met au service d'une réalité tant espérée. Maria Grazia opte, cette saison, pour une ballade Nature afin de mettre en valeur un large panel de tissus estivaux. On fait appel au lin, au coton, au jute ou à la paille. Aussi, le subtil fil conducteur de cette collection s'incarne au travers de toute une série de chapeaux et canotiers en paille qui se décline dans des tonalités naturels ou sombres. Ils peuvent être rustiques, façonnés avec un tressage résille ou avec le fameux motif iconique de la maison Dior : le cannage de l'assise Napoléon III. Référence absolue chez Dior. Avec les tresses latérales, s'il vous plait, évoquant l'image d'une belle des champs. Ruth Bell, muse maison, ouvre le show une fois encore. Elle joue excellemment ce rôle de charmant jardinier. Avec une chemise en cotonnade d'un bleu Majorelle, elle la combine avec un combi/short, sans manches, réalisé dans un tissu s'apparentant à celui usité pour la confection de sacs de jute. Celui-ci peut se parer de rayures bayadères bleu nuit ou d'immenses chardons unicolores. On opte soit pour la géométrie radicale ou l'herbier champêtre. A voir selon l'humeur. Quand préciosité fusionne à merveille avec rusticité. Les imprimés Tie & Dye apparaissent facétieusement sur une jupe plissée interminable, une combinaison d'aviateur ou un costume deux pièces déstructurés. Le panel de couleurs peut être celui du ciel et de ses nuages ou simplement d'un sous-bois verdoyant. On ne reste pas insensible à la chemise en denim portée par Giselle Norman qui utilise un chamarré "coloriel" fantastique mêlant vert absinthe, bleu Lapis-lazuli, jaune safran et Mandarine. Un arc-en-ciel énergétique digne de rééquilibrer tous les chakras. Un travail de décoloration, à partir de la technique du Tie & Dye, recouvre des effets de tissus africains sur des pantalons à la "Baba Cool". Comme sur Sarah Grace Wallerstedt ou Maike Inga. Toutefois, toujours enfilé d'une veste Camel, très comme il faut. Une seule robe immaculée, mêlant patchworks de délicates dentelles fleuries et motifs géométriques récursifs, permet une respiration entre toutes ces tenues riches en détails et couleurs. Les broderies polychromes s'inspirent de chardons, pâquerettes, dahlias qui s'harnachent sur un ensemble de robes vaporeuses, stationnant dans un panel de couleurs "Nude". Une explosion de bouquets rustiques donnant l'envie de s'y piquer pour mieux s'y lover. Les robes du final concèdent la part belle aux fines broderies florales, tout en se focalisant, sur une fleur démesurée relative à nos prairies ou nos herbages provinciaux. On choisira avec tact celle qui nous définira le mieux pour une Garden Party bucolique. Un clin d'œil à Mr Christian Dior dont la passion notoire pour tous types de fleurs, de la sauvage à l'apprivoisé, n'était un secret pour personne. Mignonne, allons voir si la rose...
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Printemps/Eté

2020

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Isabel Marant Printemps/Eté 2020
Isabel Marant a souhaité mettre en exergue une collection joyeuse, frétillante, vibrante, pour le Printemps/Eté 2020. Une présentation aux rythmes de la Samba et aux sonorités des tambours endiablés. Il y a un air, avant l'heure, de carnaval brésilien et de cariocas sous le dôme bondé du jardin du Palais-Royal. Une bonne humeur ambiante s'installe illico. Isabel Marant sait engendrer l'envie grâce aux tonalités de couchers de soleil, de jardins tropicaux ou de rivages balnéaires. On constate des inspirations de nature luxuriante, au travers de total-looks orangé (Rianne Van Rompaey), sable (Gigi Hadid ou Birgit Kos) ou Bleu Charon (Grace Elizabeth). Les courbes de vaguelettes, remémorant celle du célèbre design du front de mer de Rio, barde, de-ci delà, le tee-shirt manches longues de Vittoria Ceretti. Mais attention, pas noir et blanc. Seulement violine et rose bonbon. On s'engouffre dans un bain de gaieté, de vacances et de repos bien mérité. Les petits hauts peuvent se bâtir autour de délicats macramés, au forme frêle de "Marguerites", dont les tonalités émeraude, mimosa ou céruléen détonnent sur la fille du moment, Rebecca Leigh Longendyke. Les jambes sont fuselées et bronzées, à souhait. Indispensable avec toutes ces micro shorts ou culottes de bain que l'on distingue sur Félice Nova, Mathilde Henning, Blesnya Minher, Vittoria Ceretti ou Fran Summers. Les jupes et robes s'efforcent de conserver cette tendance du court, très court, voire "rikiki". C'est extrêmement plaisant et désirable mais avertissement ou l'on décidera de les enfiler. Les imprimés floraux se balancent d'une tenue à l'autre avec panache. Quelques combinaisons "Aviateur" cheminent sur le podium, pièces qui demeurent comme l'un des hits Maison. Hiandra Martinez, qui a ouvert le show avec opiniâtreté, porte une jupe agrémentée de longs fils perlés et un tee-shirt anthracite, noué sur le nombril. Elle est prête à se défouler sur les pistes de danse d'Ipanema. Caliente. Les épaules peuvent se permettre d'être plus amples via une robe fleurie sur Irina Shayk, une veste fusionnant Denim et tissus ethniques sur Fran Summers ou bien légèrement bouffantes avec un chemisier en soie Anthracite sur Anna Ewers. La robe du Top japonais, Chiharu Okunugi, se brode d'un cacatoès camouflage, surligné d'un "Tropicana" ton sur ton, le tout se dissimulant dans un Liberty fleuri. Ingénieux. Les pantalons, légèrement amples, se nouent juste un peu au-dessus des chevilles, mettant en valeur des Stilettos aux longilignes lanières en cuir. Quelques besaces frangées à la main. Ou à l'épaule. C'est selon le mood. Chez Isabel Marant, pas de fioritures superflues. Les filles demeurent brutes de décoffrage mais inlassablement avec ce petit détail qui fait que l'on se retourne sur leur silhouette athlétique, saine et sensuelle. Isabel Marant possède ce talent indéniable pour rendre les filles attirantes avec ce style urbain maison, ou la définition du sexy prend toujours sa place, mais avec subtilité.
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Isabel Marant

Printemps/Eté

2020

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Louis Vuitton Printemps/Eté 2020 par Nicolas Ghèsquière
Une mode bigarrée, chamarrée, ou la couleur éclate de tout son long. On mélange un chemiser au tartan franc, aux épaulettes bouffantes et éminentes, enfilé sur un gilet sans manches, aux paillettes multicolores recouvrant des chevrons à l'infini. Le pantalon Anthracite, au zip continu et argenté, s'adjoint des plis linéaires parfaits, laissant des jambes libres de tous mouvements. Le tout étayé par des mocassins compensés, surmontés du logo LV. Ce look résume en totalité l'esprit Louis Vuitton pour le Printemps/Eté 2020. On perçoit un ton d'indépendance, de liberté, d'envie de croquer la vie à pleines dents. D'allégresse. Du lâcher prise. On peut se rêver en total look Tailleur/Pantalon, au délicieux Vert pastel, ou, à contrario, en robe chemisier immaculée aux proportions "volumineuse-ment" arrondies, tels de légers Cumulonimbus. Seul dénominateur commun entre toutes ces allures hétérogènes : d'adorables orchidées multicolores, suspendues à la boutonnière, insufflant un air de printemps avant l'heure. Les vestes, partiellement architecturées, se resserrent à la taille par une simple ceinture. La jupe "pyramide" de Klara Kristine, en satin noir, se dessine autour de quatre volants distincts. Une autre, à la forme d'une tulipe inversée, se surmonte d'un chemisier en soie dont les imprimés me remémorent la collection Automne/Hiver 2011/2012 de Nicolas Ghèsquière pour Balenciaga. D'énormes fleurs, un tantinet effrayantes, tapissaient des jupes dissymétriques. Toutefois, ici, elles sont réconfortantes et naturalistes. Un clin d'œil aux soieries Hermès. Le petit détail, qui change tout, se situant au travers du large jabot plissé, neigeux, qui donne du Peps au chemisier de "Mémé". D'immenses arabesques florales, aux allures d'Iris et muses cinématographiques des années 20, impactent certaines silhouettes afin d'en briser la forme classique. Un manteau Seventies se pare d'une forêt de végétaux impénétrables. C'est Green, Green, Green. Les vestes resserrées s'allient de manches en cuir verni châtaigne. Ces dernières pouvant se glisser dans une jupe triangle aux imprimés fantaisistes. La ceinture enserrant la taille aux millimètres. Effets de style. Le look de Mica Argañaraz mêle la délicatesse extrême d'un corsage de dentelle rosé, rebrodé de délicieux lierres floraux, aux épaulettes bombées, qui s'achèvent par une rivière de vaguelettes sur un long corsaire Mimosa. Embelli d'une fine raie Carbone à l'entre-jambe, ce dernier se combine parfaitement avec des bottines rétro ajustées par le logo LV. Quelques looks capillaires, début 20ème, sur Clémentine Balcaen ou Oudey Egone que je trouve cocasse. Des simili casques immaculés, aux lignes de soucoupes spaciales, donnent des airs de Marie Pervenche avant-gardiste. Quelle allure que ce trench Camel stylisé par un long pantalon éthéré agrémenté de ce couvre-chef rétro-futuriste. Les accessoires demeurent séduisants : la besace "Oocyte" se construit autour d'une succession de strates céruléenne, vermillon, ciel et de toile basique LV. Un "Tote Bag" se damasquine d'un visuel d'autocollants de cassettes vidéo ou l'on peut déchiffrer "1854" (date de création de LV), "The back pack is back", "Trunfs and Bags", "Gaston & Louis", "Louis big adventure", qui demeure des clins d'œil aux films générationnels des Eighties et Nineties. Un "Vanity Case" et sac VHS débarquent sur le podium et nous replongent dans nos souvenirs d'enfance. Les chaussures, aux quatre talons colonnes fusionnées, s'habillent de tissus techniques colorées qui reprennent le design d'architectures futuristes. Une collection optimiste, pour une femme qui ne craint rien. Sa limite étant, peut-être, elle-même. Nicolas Ghèsquière ne nous propose pas un vestiaire conformiste mais des looks puissants et divergents pour exprimer sa fantaisie de mille et une manières.
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Printemps/Eté

2020

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Martin Margiela Printemps/Eté 2020 par John Galliano
Ce sont des présentations inlassablement déjantées, dégingandées, aux looks extravagants, que John Galliano affectionne tout particulièrement mettre en scène lors de ses défilés pour la Maison Martin Margiela. Les aprioris doivent être balayés d'un coup de main. "Open Mind", à point c'est tout. Toutefois, attention, les sourires peuvent vite se produire aux commissures des lèvres. Pas un sourire moqueur et sournois, mais un sourire libérateur et bienfaiteur. John Galliano adore raconter des histoires, théâtraliser ses silhouettes, provoquer l'indignation, avec des touches de frivolité, de dévergondage, voire de dépravation maitrisée. Cette fois encore, pour le Printemps/Eté 2020, il ne déroge à la règle. Les silhouettes éclaboussent de créativité, d'inventivité et de looks rocambolesques. On sur joue les styles pour s'orienter vers un anticonformiste assumé. Les détails apparaissent comme primordiaux chez John Galliano, cet "endiablé" de la mode. C'est cela même qui définit l'atmosphère, la vibration intense, de sa mode singulière et, finalement, signature. Au premier abord on pourrait se laisser happer par le sillage d'une pseudo femme guindée, peut-être autrichienne des années 40 ; Mais, trop cliché. D'une infirmière besognant pour les gars de la marine ; Trop cliché, aussi. Anicroche. John Galliano transcende les catégories sociales, les mouvements historiques, les genres, les croyances, afin de définir une allure "évolutionnaire" qui tente, à chaque fois, de bousculer les codes normatifs. La norme c'est OUT. Les manteaux demeurent oblongs, évasés ; l'idée étant de s'incliner une fois de plus vers des carrures "Oversize". Plus clairement, un homme lambda pourra glisser sa carrure, d'athlète ou pas, dans le manteau de sa copine. Les femmes peuvent être extrêmement féminines. Mais, également masculines. Certains looks demeurent inspirés par des confréries comme la none, le militaire ou le marin. L'indication se lit au travers des petits chapeaux, couvre-chefs, bérets incorporés sur chaque look. Les cercles apparaissent comme un lien essentiel sur l'ensemble de la présentation : ils peuvent être imprimés, découpés, perforés. Quelques imprimés contemporains intègrent la taille d'un manteau ou d'un caban, toujours maintenus par une large ceinture. L'arrivée des silhouettes masculines, qui ponctuent une silhouette sur trois, interrogent sur la notion de genre octroyée aux vêtements. Il n'y a pas de genre de vêtements. Mais, des vêtements. Cette saison, chez Martin Margiela par John Galliano, l'homme peut porter des bottes en cuir stretch, aux talons effilés de 10 cm, avec un micro short immaculé. Pas d'embarras. Ces bottines occasionnent aux mannequins masculins une démarche et un maintien des plus originaux. Parfois clownesque comme avec Léon Dame. Jonas Gloer, grand blond, un peu glacial, s'accapare d'un long manteau en laine chocolat, perforés de centaines de cercles réguliers laissant apparaitre sa frêle silhouette longiligne. Le pantalon en denim s'ouvre sur toute la longueur de jambe. Bref, on s'éloigne de l'image caricaturale de l'homme musclé et viril pour laisser éclater sa part de féminité au grand jour. Maniéré serait, peut-être, le terme approprié. On trans-joue. John Galliano réaffirme, au travers de sa mode, que n'importe qui peut piocher dans ce/son vestiaire, quel que soit son genre, sa corpulence, son âge, sa couleur de peau. L'important étant que l'on reste Soi. N'est ce pas l'essentiel ?
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Martin Margiela

Printemps/Eté

2020

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Miu Miu Printemps/Eté 2020 par Miuccia Prada
C'est d'abord une coiffure crantée, bouclée, bombée, courbée, pouvant être qualifiée à la "Cicci Impératrice", qui marque les esprits et yeux avertis des premiers passages de cette présentation Miu Miu Printemps/Eté 2020. On scrute ce look capillaire, impeccablement réalisé, qui insuffle un vent suranné aux vêtements d'aspects plutôt classiques. Un classique revisité comme aime narrer les magazines de mode. Mais loin d'un classicisme ordinaire. Celui-ci s'exprime favorablement dans l'apparence générale de la présentation. Toutefois, le patronage s'éloigne des coupes habituelles pour prendre de la longueur ou rétrécir selon le gré ou l'envie de la future cliente. Avec des temps incertains, il y a une véritable inclination à réintégrer de nouveaux classiques dans la garde robe, parfois un peu trop axée sur le Street Wear et le confortable. Ne se rassure t-on pas lorsque l'on revient aux chers basiques. Miu Miu voyage vers des horizons stylistiques pouvant, sans aucun doute, remémorer le style rétro de la jeunesse de nos grands-parents. Nonobstant à la sauce d'aujourd'hui. Ne serait-ce que par des couleurs précises et des imprimés Arty. La robe devient beaucoup plus canaille lorsque son pull en cachemire gris Mastic disparait en dessous. Les larges bretelles ne cacheraient que le minimum syndical. Les bottines chair lacées jusqu'aux genoux distribuent un air de "Cocottes" fin 19eme siècle. De jolies couleurs mono-block s'éparpillent sur une série de tailleurs, manteaux, jupes, robes, tops sans manches. Du bleu marine, du carbone, du lacté. Une veste, deux boutons, se plissent au niveau de l'épaulée afin d'engager une amplitude exhalée. Ces mêmes épaules peuvent se repiquer de plissés fleurant l'apparence de bénitiers. Un long manteau, sans manche, déploie ce motif classique du "pied de poule". Les jupes "Slim" s'évasent au niveau des genoux par le biais d'un sobre volant ou, à contrario, par de nombreuses surpiqures de plissés-volantés ultra affirmés. De mini pulls, en cachemire, s'enfilent comme l'icône Isabelle Adjani l'avait fait dans un de ses films Cultes "L'été meurtrier". De longs manteaux vernis, de couleur chair ou émeraude, sans manches, se parent à leurs extrémités de fourrures type " moutons lainés ". Une collection qui se veut un brin traditionnel dans son design mais qu'il l'est beaucoup moins quand on examine avec attention la réalisation de certaines pièces. On accoutre vestes et manteaux d'un double boutonnage dont le deuxième rang dépareillée ne fera office que d'ornement joaillère. Un trench, en cuir lacté, s'imprime de petites fleurs des champs, rehaussé de jets latéraux de peinture. La facette Arty de Miu Miu s'en ressent, ici, fermement. Une robe filiforme Carbone (ou Nude), au col Claudine, s'empare de lès volantés, chaloupant la silhouette telle une silhouette de Kylie Jenner. Les accessoires demeurent inédits. Le collier peut être une imbrication de rangs perlés, entremêlé d'une délicate roue en bambou, le tout fixé à une corpulente chaine en fer forgé. Les lunettes de vue demeurent dans une vague fifties. Le panier en paille se retrouve emprisonné dans un tressage en cuir anthracite, aux entrelacs de fleurs. Bref, il y a une véritable expérimentation artistique stylistique qui peut se mêler à merveille avec la vie de tous les jours. La robe Acier de Kaia Gerber, ceinturée à la taille, s'enorgueillit de deux volants aériens anthracite, dégringolant des épaules à la taille. On valide l'entremêlement des délicats motifs floraux avec les coulures et ruissèlements de peintures "Arty". Cette alliance et fusion picturale inédite devient une redondance stylistique sur l'ensemble de la collection. S'il fallait n'en retenir qu'une, ce ne pourrait qu'être celle-là.
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Miu Miu

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Paco Rabanne Printemps/Eté 2019/2020 par Julien Dosenna
Des vêtements solaires, avec une touche japonisante et une allure, somme toute, un peu vintage, ce sont les premières impressions qu'exhalent le défilé Paco Rabanne Printemps/Eté 2020. Une mode qui se veut multiculturelle, pointue et créative à souhait. Le mannequin Sofia Steinberg ouvre le show avec une longiligne robe cintrée, dont l'imprimé aux pastilles multicolores, recouvre les effets lumineux du podium. Tel un prolongement entre l'atmosphère du défilé et la collection qui s'inscrit dans cette fraicheur élémentaire. Un cœur démesuré, carmin, recouvre l'ensemble du buste. On peut acquiescer par l'affirmative : Julien Dossena veut nous concéder et adresser de l'amour dès le premier look. Avec ses longues bottes écarlates, agrémentées de laconiques fleurs naïves, Sofia Steinberg joue le rôle d'une cowgirl citadine et volontaire. Le deuxième look se bâtit autour d'une longiligne robe en métal, aux imprimés fleuris, matière de prédilection du légendaire Paco Rabanne. Mais, avec une petite fantaisie de Julien Dossena : elle sera polarisée de tonalités Pastels. De nombreuses propositions stylistiques, plus joyeuses les une que les autres, s'immortalisent autour d'une gaieté assumée : Un pull cintré "couché de soleil" ; Un jean "Slim", rebrodée de délicates roses rouges sur les poches ; Quelques chemises aux imprimés "liberty" et soie légère se déboutonnent jusqu'au nombril, pouvant faire pâlir d'envie sa voisine. Quant au polo mandarine, il se porte sous une interminable robe, aux pampilles métalliques. Le pull bleu Klein se pare, lui, d'une myriade d'étoiles "Strassées". Le marcel métallique s'érige autour d'un jeu de pampilles, au forme de losanges, crayonnant le pourtour de fleurs pixélises. Une robe, en dentelles immaculées, se ré-incrustent de broderies composées de bouquets floraux, aux couleurs de pierres précieuses, comme sur la silhouette de Rebecca Leigh Longendyke. Un col roulé arc-en-ciel, enfilé sur un pantalon crème, peut apparaitre comme un clin d'œil à la culture Queer. Le boléro de Sora Choi, toujours en cuir, s'organise autour de motifs floraux dont les références à la culture Pop japonaise sont incontestables. Le perfecto se couple de rayures argentées et anthracite comme sur le Top italien Vittoria Ceretti. Une robe argentée, cotte de maille, s'orne d'éphémères cristaux de Swarovski, de couleur Saphir. Avec des bottes argentées, rehaussées de fleurs psychédéliques. Of course. On mélange les pièces, même si elles ne possèdent pas de liens entre elles. Le syndrome Miuccia Prada, peut-être. Quelques pièces masculines demeurent assez marquées car vraiment originales. Le total look, en Denim, s'enorgueillit d'écussons en forme de cœurs sur le col, d'étoiles argentées sur la boutonnière et de pigeons brodés sur les parements. Le costume totalement argenté, surmonté d'un pull couché de soleil, fera sensation pour une soirée Seventies. Quant à Mica Argañaraz, elle a tiré le look le plus "Kawai" de la soirée : manteau en cuir argenté, surmonté d'un énorme soleil citron, disséminé de nuages laiteux, le tout reposant sur un Océan Violine. Une pièce excentrique que je valide totalement. Heureusement que la veste queue de pie subséquente, portée par la jeune Fran Summers, radoucit d'un coup l'excès de looks exubérants. Les deux derniers looks, en pampilles de métal, composés d'un tee-shirt et d'une longue robe, mettent en avant le motif du " cœur vermeil", cher à Julien Dossena. On ressent véritablement un amour inconditionnel du vêtement dans cette présentation Printemps/Eté 2020. Une fantastique collection.
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Paco Rabanne

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Défilé Prada Printemps/Eté 2020
J'ai toujours cette même excitation à attendre le défilé Prada. Un moment d'exception que je ne raterai pour rien au monde. Cinq lettres me faisant toujours rêver, excitant toujours mon imagination. Il apparait comme l'un des seuls défilés à me faire trépigner d'impatience et pour lequel je pourrai faire un Aller/Retour Milan. Juste pour y être. Prada reste un pur plaisir inextinguible pour les yeux. Avec un set entièrement recouvert de dallage, en céramique multicolore, combiné de colonnes tapies de feuilles dorées, il est légitime de s'interroger sur la vision singulière de Miuccia Prada pour ce Printemps/Eté 2020. Ou a-t-elle pu aller chercher cette conception de ce décor assez improbable. Une piscine ? Une cuisine ? Un palais de mille et une nuits ? Peu importe. Un décor joyeux, solaire, aux vibrations positives. Alors, quand le show débute, on reste assez décontenancé entre ce décor joyeux et une mode classique. Le top danois Freja Beha, égérie actuelle de la maison, ouvre le show avec une simplicité déconcertante. Avec un long tee-shirt côtelé gris souris, aux manches oblongues, enfilé sur une jupe crayon aux genoux. Peut-être un peu vielle fille. De longs manteaux, aux coupes rectilignes, abordent des couleurs chocolat, bleu nuit ou violet profond. De dodus boutons nacrés tranchent sur ces tonalités sombres. Désuet. Stricte et commode. Il y a presque une réminiscence des premières collections Prada au travers ces premiers looks. Aussi, n'est-ce pas là ou on devrait attendre Miuccia Prada cette saison ? Eliminer simplement le superflu pour se focaliser vers une silhouette proche du quotidien. Effectivement, après une précédente collection, riche en imprimés psychédéliques et lignes militaires, n'a-t-elle pas souhaité schématiser des lignes stylistiques plus minimalismes pour un Eté 2020 plus aisé. Un dressing basique dans la forme, moins dans le fond. On perçoit véritablement qu'il y a eu une interrogation fondamentale sur ce qu'est un dressing traditionnel, moins identifiable. Nonobstant de qualité. Quelques pièces demeurent bien marquées comme tous les "Outfits" rebrodées de longilignes fougères. J'adore le manteau mandarine, rebrodé de petites perles de verres turquoise, aux formes de fougères. La pièce à posséder. L'utilisation du cuir demeure assez présente et reste proposé dans des tonalités audacieuses comme l'Or, le noir mat ou le tabac. De rares imprimés géométriques apparaissent sur un tailleur deux boutons que porte, à merveille, le Top australien Adut Akech. Des robes légères, fluides, retenues aux épaules par de délicats lacets, à la grecque, donnent une mouvance aérienne à celles qui les choisiront. Les robes de cocktails demeurent délicates, restant dans des tonalités feutrées comme le rose poudré ou le blanc neigeux. Les "bobs" déstructurés, en chevreaux très flexibles, insufflent un petit air suranné, voire années 20. Les colliers et boucles d'oreilles peuvent prendre la forme d'escargots nacrés, mais démesurés. Pourquoi pas. Pour celles qui sont fanas de chaussures, elles pourront s'en donner à cœur joie : Bottes cavalières vieillies, de couleur Tabac ; Derbys compensées vert émeraude d'inspiration 40 ; Babies argentés ; Chaussures plates, finement tressées, dorées ; Escarpins argentés aux découpes exquises de Fougères ; Sandalettes en cuir tricolores ; Ainsi, on perçoit une réappropriation d'un classicisme affirmé au travers cette collection. Moins de chichi. Des couleurs faciles et plutôt discrètes à approprier pour le quotidien. Des lignes minimalismes. Même si pour les aficionados de la marque, ces derniers pourront se sentir décontenancés par cette proposition de mode plus commerciale. Toutefois, n'est-ce pas le verbe idéal pour définir la mode Prada : décontenancer.
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Saint-Laurent Printemps/Eté 2020 par Anthony Vacarello
La tour Eiffel, monument emblématique de notre chère capitale, Paris, illumine de sa silhouette majestueuse chaque nuit parisienne. Mais, aussi, depuis quelques saisons déjà, l'esplanade du bassin du Trocadéro pour les podiums YSL. Un impact visuel incontestable et incontournable, qui ne peut que sublimer n'importe quelle mise en scène théâtrale, cinématographique ou un simple défilé. Particulièrement, ici, les silhouette Yves Saint-Laurent par Anthony Vacarello. Ce dernier l'a bien saisi et n'a pas choisi ce lieu au hasard. Il a su tirer profit de cette référence architecturale mondiale pour encrer les fondamentaux identitaires de la maison Saint-Laurent comme une marque profondément parisienne. Quoi de plus iconique que la Tour Eiffel pour signifier son appartenance à Paris ? A notre chère patrie Francaise. Paris demeure la capitale de la mode. Et, le restera encore longtemps. Saint-Laurent fait partie de ses "incontournables". Un monument iconoclaste qui fait rêver à hauteur des collections Saint-Laurent. Une fois encore, Anthony Vacarello, a su créer, avec brio, des silhouettes désirables pour le Printemps/Eté 2020. Les shorts sont micros-micros. Toutefois, portés avec des vestes aux carrures strictes et de longilignes bottes caramel, ils en atténuent le côté un peu trop affriolant. Parfois licencieux. Un bermuda en denim, aux ourlets effilés, "grungy" à souhait, s'accommode d'une veste droite, en velours Anthracite, gansée de galons en satin opaque et de boutons dorés. La veste smoking, manches courtes, s'enfile juste "comme ça". Avec semble-t-il avec un microshort en cuir. Toutefois, on ne le discerne pas. Démoniaque. Beaucoup de looks bleu marine insufflent cet esprit intemporel si cher à monsieur Yves Saint-Laurent. Les escarpins aux lanières de cuirs fines se ligotent du fameux logo YSL. Puis, arrivent les silhouettes aux tissus somptueux, à la fois de part leur complexité technique mais aussi de part leurs broderies intenses et alambiquées. Des arabesques, des lamés, des motifs floraux, de l'or, beaucoup d'Or, des velours intenses aux couleurs Saphir, Emeraude, Améthyste. Les promesses d'un Orient sublimé. Mais pas que. Yves Saint-Laurent aimait se confronter aux différentes cultures pour sublimer un vêtement. Il y a de la collection Opéra et Ballets Russes. On en retrouve, ici, les prémices avec ces couleurs chatoyantes et matières luxueuses. Mousselines, soies, velours lamés et jeux de transparence. Puis, Anthony Vacarello achève cette présentation par des tenues beaucoup moins pompeuses. Totalement anthracite, les robes bustiers se découpent par de savantes formes concaves ou convexes. On contourne un sein pour le sublimer. On le cache pour en magnifier et surligner un autre aspect. Les smokings font la part belle à cette dernière partie de présentation. Ils se parent de sequins, portés sur un pantalon, corsaire ou mini short. Il y en a tellement qu'il serait ardu de ne pas repérer son smoking cette saison. Quelle femme ne peut se projeter dans ces silhouettes attrayantes, séduisantes, enchanteresses. L'allure demeure classique dans la forme. Toutefois, le fond, et particulièrement au sein de l'agencement du stylisme, on perçoit cette recherche subtile pour allier configurations habituelles stylistiques avec allures irrévocablement proches des "Milléniales". On discerne une envie palpable de donner un enseignement "Mode" à ceux qui n'ont pas connu les belles années de Monsieur Saint-Laurent. Autrement dit, faire redécouvrir une époque disparue. Yves Saint-Laurent aimait explorer l'art et les diverses cultures afin d'idéaliser l'idée de son vêtement. Ce fut le cas avec la collection Opéra et Ballets Russes de 1976, ou Monsieur Saint-Laurent avait adoré mixer la Russie des Tsars avec celle du faste de l'Opéra. Anthony Vacarello a su, une fois encore, restituer totalement cet esprit Saint-Laurent, tout en le projetant entièrement dans ce fameux "air du temps". Un triomphe de plus.
 

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